mercredi 12 février 2025

L'AIGLE (M.A.J)

AJOUT HD
 (VOSTFR)


Réalisation : Lynn Reynolds
Casting : Tom Mix, J. Farrell MacDonald, Eva Novak
Durée : 60 min
Année : 1922
Pays : USA
Genre : Drame, Action

Un agent du gouvernement infiltre un gang de passeurs d'immigrants chinois et poursuit leur meneur au cœur du désert du sud-ouest.


MP4 HDRIP 1080p 1.12 Go VOSTFR perso


Sacré Tom Mix ! Rien n’est jamais ni grave ni sérieux avec lui : de la bagarre mais sans méchanceté, des enjeux dramatiques limités, de la bonne humeur, et tout est bien qui finit bien. Immédiatement reconnaissable à son immense chapeau blanc et ses costumes proprets, il conjugue pour ses films une formule simple mais efficace, et surtout très populaire : cascades à couper le souffle et paysages de dépliants touristiques. Nous avions déjà vu cela à l’œuvre dans un précédent post consacré à « The great K&A train robbery », un film de 1926 pour lequel j’avais souligné la volonté manifeste de Tom Mix d’aller concurrencer Douglas Fairbanks sur le terrain des aventures ébouriffantes ; or tous ces éléments sont déjà été mis en place en 1922 pour « Sky high », film-charnière qui fait passer Tom Mix du statut de simple star de western à celui, plus universel, d’un « action-man » multiforme à stature internationale, et qui a abandonné toute notion de réalisme afin de transformer l’Ouest en un vaste terrain de jeu où peuvent prendre place des courses-poursuites effrénées. La carte postale qui sert dans « Sky high » à accueillir les prouesses de notre infatigable cowboy est le fameux Grand Canyon de l’Arizona, véritable covedette du film largement créditée au générique ; et l’ambition pour Mix d’aller disputer à Fairbanks son statut de roi de la virevolte est d’autant plus évidente que ce dernier avait déjà exploité le décor grandiose du canyon en 1917 dans « A modern musketeer ». Au moment où est lancé le projet de « Sky high », Tom Mix est déjà solidement implanté à la Fox Film Corporation, pour laquelle il a déjà joué dans presque 40 films, et ce nouveau métrage représente en quelque sorte pour l’acteur un passage à la cinquième vitesse au sein d’une période déjà faste pour lui. Après « Sky high », le public délaissera pour de bon les drames de l’Ouest réalistes et austères de William S. Hart au profit des films d’action familiaux et détendus d’un Tom Mix toujours prêt à jouer la fanfaronnade. Tiens, d’ailleurs, à ce propos…

A l’occasion de posts précédents j’avais eu l’occasion de donner quelques éléments biographiques concernant Tom Mix, sous l’angle de l’homme de spectacle et de cowboy cascadeur, puis sous celui de sa carrière plus spécifiquement cinématographique. Voici maintenant quelques compléments plus anecdotiques visant à montrer que Mix fut non seulement très soucieux de son image, ce qui peut fort bien se comprendre, mais qu’il s’évertua aussi à créer autour de lui une légende en adéquation avec le type de héros à panache qu’il incarnait dans ses films, quitte à tordre sérieusement le cou à la stricte vérité et à inventer certains faits de toute pièce. Cette surenchère dénote certainement un manque d’humilité de la part de la star multimillionnaire ; toujours est-il que cet enfumage fut si bien orchestré qu’il n’est pas rare de voir repris dans des ouvrages consacrés au western hollywoodien, surtout s’ils sont un peu datés, bon nombre de ces bidonnages hagiographiques. Il est vrai que ceux-ci n’ont pas forcément émané de Tom Mix lui-même, mais plutôt de son entourage et des journalistes du milieu cinématographique ; or il est tout à fait curieux de constater qu’on a cru bon de rajouter de la mystification à une existence aussi hors du commun et aventureuse qu’a pu l’être celle de Tom Mix. Alors on a beau adorer les légendes et voir crapahuter Tom Mix sur les rochers, on peut apprécier aussi de mettre un peu d’ordre dans les faits ; voyons ce qu’il en est. Comme dans toutes les histoires d’hommes, cela commence à l’armée, et Tom Mix s’est bel et bien enrôlé en avril 1898 pendant la guerre hispano-américaine, un conflit à l’issue duquel l’Espagne a définitivement perdu sa mainmise sur les Caraïbes au profit des Etats-Unis. Or en 1905, Mix participe au défilé inaugural du président Theodore Roosevelt avec un groupe de 50 cavaliers dirigé par Seth Bullock (célèbre shérif qui rétablit l’ordre à Deadwood) et qui comprenait plusieurs anciens des Rough Riders, un régiment volontaire de cavalerie fondé par Roosevelt durant cette guerre hispano-américaine ; les Rough Riders s’illustrèrent notamment lors de la fameuse bataille de San Juan, à Cuba, le 1er juillet 1898. Il n’en fallait pas plus pour que des années plus tard, les journalistes hollywoodiens laissent entendre que Mix avait lui-même été un Rough Rider, voire même qu’il était aux côtés de Teddy Roosevelt durant la charge de San Juan Hill, La vérité est nettement moins romanesque : l’unité de Tom Mix étant sagement restée au pays, celui-ci n’a jamais posé un seul pied dans les Caraïbes… Mieux : après avoir épousé Grace I. Allin en juillet 1902 lors d’une une permission prolongée, Mix ne rejoint pas sa caserne et il est répertorié comme AWOL (plus ou moins l’équivalent de déserteur) au mois de novembre ; il ne sera cependant jamais traduit en cour martiale. Le fait que Tom Mix ait été un déserteur n'est apparu qu'après sa mort : sa célébrité et son aura populaire étaient telles que l'armée a dû se taire et lui donner un enterrement militaire complet. Jamais un déserteur ne se sera vu créditer d’avoir participé à autant de conflits : la guerre hispano-américaine, donc, mais aussi l’insurrection des Philippines qui prit la suite (1899-1902) ; dans ce délire, certains vont même assurer qu’il était dans la rébellion des boxers en Chine, ou encore qu’il a combattu dans la seconde guerre des Boers en Afrique du Sud… Et même pas à Waterloo, ou à la bataille des Thermopyles ? Tout cela est bidon, bien évidemment. Mais ce n’est pas tout : écrivain et journaliste d’investigation, Clifford Irving est surtout connu comme faussaire, auteur notamment d’une soi-disant autobiographie d’Howard Hughes. Il publie en 1981 "Tom Mix et Pancho Villa", sur une prétendue adhésion de Mix à l'armée du révolutionnaire mexicain Pancho Villa lors de sa lutte contre le dictateur Porfirio Díaz en 1910-1911. Or il semble que Tom Mix ait effectivement passé du temps au Mexique durant cette époque violente ; l’acteur a mentionné des années plus tard qu'il avait alors rencontré Villa, sans pouvoir toutefois en fournir la moindre preuve. Quant à leur association évoquée par Irving dans sa fiction historique, elle relève de la pure imagination.



Voilà pour la légende militaire ; côté civil, il était tentant d’imaginer que notre héros du grand écran ait contribué à rétablir la loi et l’ordre ici ou là, ce qui ne manqua pas d’être fait. S’il semble malgré tout avéré que Tom Mix fut brièvement marshal de nuit de Dewey en 1911, son intégration au corps des Texas Rangers est une légende tenace qui a été démontée par Les Adams : "L'appartenance aux Texas Rangers est assez bien documentée dans les archives d'Austin et au musée de Waco, et personne n'a jamais trouvé Tom Mix parmi les répertoriés. La seule proximité qu’il ait eue fut en 1935 lorsque le gouverneur du Texas Homer Allred l'a nommé Texas Ranger honoraire". Quant à l’amitié que Tom Mix entretenait avec Wyatt Earp, qui vivait à Los Angeles et assistait occasionnellement aux tournages de westerns hollywoodiens, elle était en revanche bien réelle. Et Mix fit même partie, aux côtés de William S. Hart, des porteurs du cercueil d'Earp lors des funérailles de celui-ci en janvier 1929. Le film « Sunset » de Blake Edward, sorti en 1988, évoque cette amitié entre Mix et Earp, lorsque ce dernier était consultant sur les plateaux de tournage du cinéma muet ; Tom Mix est joué par Bruce Willis, et Earp par James Garner. Enfin, certaines légendes concernant Tom Mix ont à voir avec le milieu cinématographique lui-même. L’une d’elle veut par exemple que Mix ait été le choix initial pour jouer le premier rôle dans l'épopée de 1930 « The big trail », mais qu'étant occupé à travailler sur un autre film, la Fox avait dû donner le rôle à John Wayne ; or il ne saurait y avoir une once de vérité dans cette anecdote, Tom Mix ayant définitivement quitté la Fox en 1928. Quant aux relations avec John Wayne, justement, les studios ne se sont pas privés d’exploiter la rivalité entre les deux acteurs en distillant de fausses informations, destinées sans doute à vendre du papier. L’une d’elles affirme que Wayne aurait officié en tant qu'entraîneur personnel de Tom Mix sur le tournage de « The great K & A train robbery » ; mais cela fut contesté par Henry Hathaway, qui a déclaré : « Je ne suis pas sûr que Tom Mix ait réellement emmené Duke dessus en tant qu'entraîneur. Je pense que c'est une de ces histoires que le studio a mises dans ses biographies simplement parce que ça faisait une bonne histoire ». En vérité, si John Wayne et Tom Mix se sont bel et bien rencontrés sur les plateaux de tournage, ils ne s’appréciaient guère. Mix se méfiait beaucoup de ce challenger dont la notoriété grandissait alors que la sienne ne cessait de s’éroder ; interrogé par un journaliste sur ce qu'il pensait du nouveau venu, Mix a répondu : « Les seuls mots chrétiens que je pourrais utiliser sont ‘parvenu sans talent ‘ ». De son côté, Wayne n'aimait pas Tom Mix depuis ses années universitaires en Californie du Sud, la star ayant proposé un jour à plusieurs membres de l'équipe de football (dont John Wayne) de se rendre aux studios de la Fox et qu'il leur trouverait des emplois dans les films. C’est ce que firent Wayne et plusieurs autres quelques semaines plus tard, pour apprendre en fin de compte que Mix n'avait jamais parlé au studio de ces promesses d'emploi ; et ils durent repartir bredouille. On peut lire cependant ici ou là que ce fut Tom Mix qui fit entrer le Duke dans l’industrie cinématographique en lui proposant des petits boulots d’accessoiriste à la Fox…



Mais l’intérêt principal de « Sky high » réside dans son incroyable décor naturel, tout aussi spectaculaire que les cabrioles de Tom Mix. Le film prend dès le début des aspects de dépliant touristique, nous donnant même en introduction quelques informations géographiques et climatiques sur le Grand Canyon de l’Arizona, tandis que le scénario se débrouille pour nous parler des excursions que l’on peut y mener depuis le célèbre hôtel de luxe El Tovar, qui bénéficie au passage d’un peu de publicité. Dans ses intertitres du début, le film vante même ses propres mérites, nous assurant que pour la première fois, grâce à la Fox, nous allons bénéficier de vues aériennes du site ! En réalité un caméraman de la Fox, Blaine Walker, avait commencé dès le mois de septembre 1921 à filmer le canyon depuis un avion, et certaines de ses prises de vues ont vraisemblablement été réutilisées pour « Sky high ». Toujours est-il que les images du Grand Canyon que donne à voir le film, aériennes ou pas, sont d’une qualité tout à fait en accord avec la magnificence des lieux ; l’opérateur Benjamin H. Kline (qu’on retrouvera bien plus tard sur quelques films noirs, dont le célèbre « Detour » d’Ulmer) fait ici un travail remarquable. Et « Sky high » a certainement dû produire un effet éblouissant sur le public de l’époque, qui ne devait que très rarement avoir l’occasion de voir des images de ce fameux site de l’Ouest américain. Le seul bémol d’ordre photographique que l’on peut apporter au film est la singulière légèreté avec laquelle sont traitées les alternances supposées du jour et de la nuit, alors qu’il me semble qu’en 1922 la technique cinématographique commençait à maîtriser de genre de choses. Ainsi un intertitre nous annonce une obscurité grandissante, et il est suivi d’un plan surexposé tourné sous un soleil éblouissant ; ou encore Tom Mix qui déclare sous la clarté aveuglante d’un beau ciel de midi qu’il part se coucher… Quant à la distribution du film, elle est de qualité homogène chez les gentils de l’histoire comme chez les vilains. Une anecdote amusante est qu’un certain Art Mix débute ici – c’est lui qui déclenche une bagarre dans le saloon – et fera ensuite carrière plus ou moins comme clone de Tom Mix (il portait le même genre de grand chapeau) dans un nombre incalculable de westerns de série Z : un cinéphile amusé rapporte sur un blog qu’Art Mix eut même en 1934 le premier rôle dans un épouvantable nanar, « The rawhide terror », pour lequel les créateurs d’affiches avaient pris le soin de mettre son nom en très gros et son prénom en tout petit… Un dernier mot sur les Chinois qui servent de McGuffin au scénario : on se doute bien qu’il y a un siècle, les immigrés clandestins étaient représentés avec bien moins d’humanité et plus de désinvolture qu’on ne se permettrait de le faire aujourd’hui ; autres temps, autres représentations, et toute la partie de plaisir se fait bien sûr à leurs dépens. Pour rappel, l’entrée sur le sol des Etats-Unis avait été définitivement interdite pour les Chinois à partir de 1902, faisant suite à une loi fédérale d’exclusion de 1882.





Tourné durant les mois d’octobre et novembre 1921 sur des sites du parc national du Grand Canyon (ville de Williams, hôtel El Tovar) puis dans les studios de la Fox Films à Hollywood pour les plans additionnels, « Sky high » est l’un des deux seuls films avec Tom Mix sauvés lors de l’incendie en 1937 du studio de stockage de la Fox à Little Ferry dans le New Jersey. Comme je l’écrivais en introduction, ce prototype du cinéma d’action repose presque exclusivement sur le spectaculaire des paysages et sur celui des cascades. On ne sera donc guère étonné de la faiblesse de l’intrigue, vague histoire d’immigration clandestine qui ne manque pas d’incongruités : pourquoi des passeurs iraient-ils établir leur camp au fond du Grand Canyon, en pleine zone touristique devenue parc national en 1919 ? Une autre conséquence est que les liens qu’entretiennent le film avec le western proprement dit tendent cette fois à devenir très lâches : l’intrigue est ainsi tout à fait contemporaine, ce qui permet de multiplier les moyens de transport (à pied, à cheval, en voiture, et même en avion) afin de varier les poursuites et les cascades : parions que les producteurs n’auraient pas hésité à mettre Tom Mix dans une fusée, avec bottes et chapeau, si seulement ce type d’engin avait existé en 1922… On l’a compris, l’action prime avant tout, supplantant momentanément le genre western trop contraignant avec toutes ses exigences historiques. En conséquence, s’il est vrai que tout ça ne va pas casser trois pattes à un canard, il faut reconnaître qu’on ne s’ennuie pas : Tom Mix court, monte à cheval, tombe, repart, grimpe les parois (en bottes de cowboy !), les redescend en rappel, saute par-dessus un trou béant, le tout dans la bonne humeur (beaucoup d’humour dans ses répliques en intertitres), et la plupart du temps sans doublure. Toutefois, pour effectuer la cascade la plus spectaculaire durant laquelle il est censé être suspendu par une corde sous un avion qui survole le canyon (Tom Mix avait sûrement dû entrevoir Belmondo dans une boule de cristal), le comédien a cédé la place au cascadeur Bud Creeth, qui semble-t-il eut quelques sueurs froides pour le tournage de cette séquence ; on imagine mal en tout cas la Fox mettre en péril sa star sur un tour de force aussi périlleux. Sur d’autres séquences d’action, je me suis demandé si le réalisateur n’avait pas recours à des sortes d’effets spéciaux, sans pouvoir y apporter une réponse affirmative faute d’une copie de qualité suffisante ; en tout cas le montage joue par moment sur la vitesse de défilement, et certains plans paraissent accélérés (procédé assez courant dans les années 20-30) peut-être pour cacher certains trucages : cette tache sombre que l’on voit de loin dévaler les strates du canyon, est-ce réellement un cascadeur ou bien un effet visuel ? Au reste, cela n’enlève pas grand-chose au prestige de Tom Mix qui exécute lui-même, sans qu’il y ait le moindre doute, nombre de cascades spectaculaires ; cavalier hors pair, il descend à toute vitesse sur son célèbre cheval Tony une pente escarpée, chute dangereusement puis repart aussitôt comme si de rien n’était… Quel panache !





Le petit bonus, bien sûr ! Réalisé en 1909 par Francis Boggs et Otis Turner pour la Selig, « The cowboy millionaire » n’est autre que le tout premier film dans lequel apparaît Tom Mix ; c’est d’ailleurs toute la distribution qui débute dans ce film (Mac Barnes, William Garwood, Adrienne Kroell, Tom Mix, William Stowell, Carl Winterhoff), et certains seront appelées à devenir des vedettes du cinéma muet. Notre remuant cowboy n’a bien sûr pas le premier rôle et se contente ici de faire de la figuration, vraisemblablement lors des scènes de rodéo au début et à la fin du film, sans que j’ai pour ma part pu l’identifier avec certitude. Rappelons qu’à cette époque, Mix exerce ses talents au sein du spectacle itinérant du 101 Ranch, ce qui va l’amener progressivement vers les plateaux de tournage ; c’est son expertise en matière d'équitation et de cordage qui vont rapidement intéresser le milieu du cinéma. « The cowboy millionaire » est un court-métrage d’une seule bobine, tourné dans les studios de la Selig à Chicago, ainsi que dans les environs : nous sommes en effet à une époque où Hollywood n’existe pas encore. Le film semble avoir eu un certain succès, et il fut même refait quatre ans plus tard dans une version à deux bobines. On peut y distinguer les scènes de rodéo, proches du spectacle filmé, de la partie médiane du film qui est scénarisée. Celle-ci joue sur l’opposition entre le mode de vie rustre des « westerners » et celui plus policé des « easterners » : une thématique souvent abordée dans les années 1910 (voir le post consacré au film avec Fairbanks mentionné plus haut), sûrement du fait que la fin de la conquête de l’Ouest n’était pas si éloignée, et que les habitants de l’ancienne frontière avaient encore un mode de vie proche du XIXe siècle, tandis que sur la côte Est, la modernité faisait affluer le public dans les nickelodéons. Ce décalage culturel représentait pour les scénaristes une source inépuisable de quiproquos et d’effets comiques, comme vous pourrez le voir ici. On notera de la part du réalisateur la volonté de s’essayer à une prise de vue mobile, la chevauchée des cowboys dans les rues de la ville étant filmée depuis l’arrière d’une automobile en mouvement ; ce type de plan dynamique était encore relativement rare en ce temps-là. Quant aux scènes de rodéo qui ouvrent et concluent « The cowboy millionaire », elles ont de quoi laisser sceptiques nous autres spectateurs du XXIe siècle biberonnés aux valeurs humanistes… J’ai beau reconnaître qu’il est certes vain et peut-être même injuste de vouloir juger l’éthique des ploucs de fond de campagne américains d’il y a 115 ans à l’aune de nos belles mentalités progressistes élaborées au cours de générations successives de citadins éduqués ; il n’empêche qu’une telle démonstration de beauferie sans le moindre complexe a de quoi laisser pantois. Ainsi, entre deux démonstrations de virilité consistant à maltraiter complaisamment de pauvres bêtes (bœufs, chevaux, ânes, il faut savoir varier les plaisirs), on se tape sur les cuisses en faisant détaler des Noirs et des Chinois, tous forcément bêtes et trouillards. On remarquera à ce sujet que les Indiens échappent à ce déchaînement raciste, puisqu’on les fait sagement se tenir dans le public aux côtés des Blancs, sans toutefois les autoriser à participer à la torture d’animaux de ferme, ce digne privilège étant réservé aux hommes blancs (mais cette contradiction est en réalité caractéristique de l’époque, et j’y reviendrai lors d’un prochain cycle consacré à la représentation des Indiens dans les westerns muets). Alors ce qui est fait est fait, ce qui a été tourné reste imprimé sur la pellicule, qu’une autre sottise consisterait à aller détruire afin de nier que des réalités incommodes ont bel et bien existé ; et il ne reste finalement à chacun de nous qu’à se demander si la consternation qui nous saisit devant un tel spectacle est inférieure, égale ou supérieure à celle qui nous saisit lorsque nous entendons parler des dérives actuelles de la cancel culture.



COURT-METRAGE (20 min)


Quant à ce que vous lirez à l’écran, il s’agit selon l’expression consacrée d’un sous-titrage maison (E.T. téléphone maison !), effectué par traduction directe des intertitres en anglais pour « Sky high » ; à noter que lesdits intertitres ne sont peut-être pas tout à fait d’origine : j’ai en effet lu quelque part qu’ils ont été refaits en 1929 lors d’une réédition par la Fox de son film. 

Quant à la vidéo « The cowboy millionaire », de manière surprenante elle est de très bonne qualité, mais encombrée de deux logos de chaîne ; elle dure 20 minutes, ce qui me paraît long pour une seule bobine, et je n’ai pas l’explication à ce mystère. Cette copie est issue des collections de l’EYE Filmmuseum d’Amsterdam, les intertitres sont ne sont donc pas d’origine mais en néerlandais ; je les ai traduits indirectement à partir de sous-titres tchèques et portugais. Trois semaines sans avoir proposé un seul film avec William S. Hart, je suis d’accord que c’est un peu long, alors nous reviendrons aux choses sérieuses dès la semaine prochaine.


Un partage et une traduction de


17 commentaires:

  1. merci pour ces vieux films d'aventures

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  2. Merci beaucoup! Toujours super avec les commentaires.

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  3. Merci beaucoup pour cette rareté !!!

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  4. le film est passé sur TCM aux USA il y a quelques semaines en version restaurée HD, si jamais quelqu'un l'a enregistré...

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  5. Très intéressant, mais les liens ne sont plus accessibles.
    John49

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  6. Un grand merci pour ce film et le nouveau lien, je viens juste de le voir en faisant une rétrospective de votre site justement pour voir les liens réactivés. Je remarque que votre tâche est énorme suite aux déboires d'Uptobox et je vous tire mon chapeau pour tout le travail effectué et à venir. Respect.
    John49

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  7. Bon, voilà, je devrais récupérer le blu-ray de Sky High / The Big Diamond Robbery dans les jours qui viennent mais je n'ai pas les outils pour en faire un extract... comment procéder pour pouvoir le mettre à dispo ? (mon mail au cas où : nicolasravain59@gmail.com)

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  8. Encore un grand merci pour toutes ces découvertes...

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  9. Merci Unheimlich , mon tout premier Tom Mix . J'irai voir la centralisation et regarder si il reste des liens valides pour les autres .
    A+ et un grand merci

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  10. Merci beaucoup pour cette pépite !

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  11. L'image est splendide !!! Merciiii !!!

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  12. (et un grand merci pour le topo de présentation aussi)

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