(VOSTFR)
Réalisation : Burt Balaban
Casting : John Davis Chandler, Kay Doubleday, Brooke Hayward
Durée : 86 min
Année : 1961
Pays : USA
Genre : Biopic, drame, film de gangsters
Dans les années 20, l'ascension dans le monde du crime organisé du gangster Vincent "Mad Dog" Call...
MKV WEB-DL 576p 1.18 Go VOSTFR perso
L’Amérique et ses bandits… A la grande mythologie des hors-la-loi du Far West, dont les derniers représentants tombent sous les balles des agents gouvernementaux vers 1903-1904, va succéder une génération plus tard celle des fameux gangsters urbains, avec leurs costumes clinquants et leur mitraillettes Thompson, et qui séviront durant les années de la Prohibition puis celles de la Grande Dépression ; si le phénomène existait depuis le XIXe siècle, il prit en effet une ampleur inédite dans le courant des années 20. Assez curieusement, le cinéma marqua un temps de retard : ce n’est qu’à la faveur du développement du parlant et de la crise économique que l’industrie du divertissement s’empara du sujet ; à partir de 1930, la Warner prend l’initiative et commence à offrir au public ces péripéties d’un nouveau genre, grâce auxquelles Edward G. Robinson, James Cagney, Paul Muni et quelques autres vont parvenir à la célébrité. Le genre s’essouffle à la fin de la décennie, et la vague du film noir qui commence à déferler sur les écrans durant la Seconde guerre mondiale va avoir raison des exploits délétères de ces marginaux exubérants : désormais, le crime devient le passe-temps de tout un chacun dans un monde cynique et désenchanté. Mais tout finit par lasser, le noir comme n’importe quelle autre couleur, et au milieu des années 50, les meurtres feutrés de monsieur-tout-le-monde se ringardisent à leur tour tandis que le crime redevient une affaire sociale, ce qui se manifeste tout d’abord par une vague de films sur la délinquance juvénile. Bref, le terrain semble se préparer pour un retour au cinéma des bons vieux gangsters d’antan, d’autant plus que les derniers protagonistes de cette grande époque cassent leur pipe les uns après les autres : plus personne ne se sentira alors dans l’obligation de donner à ce genre de film une valeur documentaire et, comme on dit dans le western, le temps sera donc venu d’imprimer la légende plutôt que la vérité. Sauf qu’entre temps, bien des choses ont changé dans l’industrie cinématographique : l’ère des grands studios va bientôt toucher à sa fin et les indépendants vont se montrer de plus en plus présents. Encore quelques années et le cinéma de genre deviendra du cinéma d’exploitation, et seule une certaine outrance sera à même d’amener les spectateurs dans les salles obscures ; car pour toutes les grandes catégories du divertissement visuel (western, policier, etc), c’est en fin de compte l’irruption massive de la télévision dans les foyers américains qui va provoquer le chamboulement le plus notoire.
Le moteur principal de ce retour en grâce de l’univers criminel des roaring 20s, c’est bien sûr le formidable succès de la série The untouchables, diffusée sur la chaîne ABC à partir d’avril 1959 et dont l’épisode pilote était plus ou moins inspiré des mémoires posthumes d’Eliot Ness. Pour autant, ce n’est pas la célèbre série qui aura ouvert le bal ; tout commença au cinéma, alors que le code de censure qui contraignait cette industrie (le fameux code Hays, alors toujours en vigueur) commençait à s’assouplir, justement à cause de la concurrence croissante de la télévision : pour se distinguer du petit écran, le cinéma allait entre autres pouvoir se montrer plus osé que son rival domestique, ce dernier étant soumis de son côté à une censure encore bien plus stricte. Le retour du film de gangster, sous un angle biographique, avait en fait été envisagé bien plus tôt par Hollywood, ce qu’atteste au milieu la décennie précédente la présence de titres comme Roger Touhy gangster (1944), Dillinger (1945) ou encore Crime, Inc. (1945) ; après le relatif succès de ces petites séries B, la crainte que l’on avait eue alors de ce que la mode du film noir ne soit le prétexte à une mise en avant des figures notoires du crime organisé avait débouché, en août 1945, sur une curieuse mesure de censure qui interdisait désormais de fictionnaliser la vie de véritables criminels. C’est au cours de l’année 1957 que le code Hays leva finalement cette curieuse interdiction, ce qui explique le retard d’une petite quinzaine d’années que prit cette nouvelle vague de films de gangster ; le premier à saisir l’opportunité fut Al Zimbalist, qui produisit un Baby face Nelson réalisé par Don Siegel et dont le casting aux allures de cour des miracles s’amusait à aligner les sales trognes de quelques heavies notoires : ça y est, la mode était lancée, et elle se fera résolument sous le signe de la série B. Le deuxième coup d’essai nous rapproche davantage du film d’aujourd’hui : sortis conjointement en double programme l’année suivante, Machine Gun Kelly et The Bonnie Parker story se distinguent en effet du précédent par un style de plus en plus crapoteux, des budgets encore plus chiches, et plus encore par la volonté d’opérer un certain renouveau avec la mise au devant de l’affiche de comédiens jusque-là obscurs (Charles Bronson dans le film de Corman). Le ton est donc donné, et il ne fera pas dans la dentelle. Mais il manque à tout cela une réelle assise populaire : c’est bien sûr la série The untouchables qui l’apportera, avec pour différence notable – petit écran oblige – un style tout de même plus sage et moins polémique, incarné par le titre lui-même : à la télévision, ce sont les forces de l’ordre (incorruptibles !) qui sont mises en avant, le cinéma se réservant le privilège de l’ambiguïté morale dans un style relâché qui annonce déjà le cinéma d’exploitation, notamment en ce qui concerne le film de William Witney précité. Voilà donc les deux sources d’inspiration – divergentes dans le ton, convergentes sur le sujet - qui vont déterminer l’orientation prise par ce petit revival des figures du crime organisé de la grande époque, et dont l’apogée va se situer en 1960 et 1961. Disons-le tout de suite : ce Mad Dog Coll qui va nous occuper ici n’est pas, loin s’en faut, le meilleur représentant en terme qualité de cet éphémère renouveau du genre ; c’est même sans doute le pire, tout au moins des 5 ou 6 représentants que j’ai eu jusqu’ici le loisir de regarder… Quant à la comparaison entre cette poignée d’œuvres (une petite quinzaine de films, plus 3 ou 4 séries télé) et l’époque faste du film de gangster dans les années 30, force est de constater que l’une et l’autre n’entretiennent quasiment aucun rapport : les personnages joués par Robinson, Muni et consorts étaient des truands génériques dont on disséquait les mœurs sous l’angle d’un constat social acéré, selon l’esprit insufflé par la Warner ; la nouvelle vague va quant à elle se montrer nettement moins ambitieuse sur le fond, mais présenter cette fois-ci nommément ses anti-héros criminels avec une approche biographique, ou prétendue telle. Les objectifs ne sont donc plus du tout les mêmes, et les films qui en découlent se montreront fort dissemblables de leurs illustres prédécesseurs.
Sans pour autant faire date dans l’histoire du film criminel, Murder Inc. (1960) fut l’une des réussites de ce renouveau inattendu, en documentant avec relativement de sérieux les méfaits authentiques d’un groupe criminel actif dans les années 30 ; les deux noms associés à la réalisation de cette œuvre qui révéla Peter Falk provenaient de la télévision, accusant ainsi ses similitudes formelles avec The untouchables. Il faut croire que des deux compères – Stuart Rosenberg et Burt Balaban –, le premier dût certainement mettre davantage la main à la patte que le second, si l’on en juge par la qualité de leurs futurs faits d’armes au sein de l’industrie cinématographique : si Rosenberg mena une carrière tout au moins honnête à défaut d’être renversante, on ne peut pas dire que Balaban ait donné satisfaction par la suite – une suite qui va se résumer, de son côté, à ce Mad Dog Coll suivi quelques années plus tard par un drame insipide dont je préfère taire le nom. De là à penser qu’il n’était au fond qu’un beau-fils qui a échoué à se faire un prénom, il n’y a qu’un pas, qu’on peut aisément franchir : en l’occurrence, Burt avait comme beau-père Barney Balaban, à la tête de la Paramount, et était en outre le neveu de deux personnalités (Elmer & A.J. Balaban) très influentes dans le monde du divertissement ; voilà sans doute les seules et véritables justifications de sa carrière. Bref, autant Murder Inc. avait quelques arguments à mettre en avant, autant Mad Dog Coll a franchement de quoi laisser perplexe. Surfant de manière résolue sur la vague décrite précédemment, ce nouveau film que réalise Balaban (seul, cette fois-ci) l’année suivante se présente donc comme une biographie de Vincent Coll, un gangster d’origine irlandaise qui s’était illustré durant sa courte carrière (il meurt en 1932 à l’âge de 24 ans) par une lutte sanglante contre Dutch Schultz, son ancien patron, dit « le roi de la bière » : meurtres, enlèvements, fusillades, avec en prime une malheureuse petite victime collatérale en culotte courte qui valut à Coll le surnom affectueux de Chien Fou ; tout ça est donc d’un romantisme assez particulier… Il est vrai que personne ne peut véritablement reprocher son caractère hautement fantaisiste à cette soi-disant biographie filmée, dont à peu près aucun élément factuel ou psychologique ne correspond à la réalité : après tout, cela faisait partie du cahier des charges fantaisiste propre à cet ensemble de films, tandis que de son côté la série The untouchables ne s’embarrassait guère plus d’exactitude historique (voir le bonus). Pour mener à bien son projet, Burt Balaban s’associe pour la production à Edward Schreiber, un ancien attaché de presse de Warner Bros et de la Fox, et à un obscur scénariste du nom de Léo Lieberman pour mettre au point une histoire qui n’a vraisemblablement que pour unique point de départ ce fameux surnom de « Mad Dog », sur lequel les trois larrons vont se mettre à fantasmer de manière particulmièrement débridée : leur Vincent Coll sera donc un type violent et extrêmement dangereux, ce qu’il était de toute évidence, et de surcroît dingue au dernier degré, ce qui est en revanche beaucoup plus douteux ; dès lors, il ne leur reste plus qu’à trouver l’interprète jugé idéal pour figurer un tel personnage, le but étant évidemment de faire sensation. L’idée qui leur vient naturellement est de pousser sur le devant de la scène un troisième couteau pittoresque, dans le sillage de la démarche initiée par Corman avec Machine Gun Kelly ; le problème est que la logique est poussée beaucoup trop loin : non seulement c’est cette fois-ci un parfait inconnu qui se retrouve propulsé en haut de l’affiche, mais de plus, s’il a assurément les critères requis pour venir compléter la galerie des affreux du grand écran, on peut dire qu’il les a même un peu trop ; car John Davis Chandler – c’est son nom – a une laideur physique et une manière de dinguerie bien trop expressionnistes pour que le spectateur parvienne à garder son sérieux pendant 88 minutes.
On devine aisément que Balaban a cru jouer un bon coup en sortant de nulle part un maboul qui ferait peur à Dracula, et en lui donnant d’emblée le premier rôle ; or voilà la fausse bonne idée, car passé l’effet de surprise, l’omniprésence dans le cadre de la trogne impossible de J.D. Chandler finit par tourner au gimmick. Yeux mi-clos, lèvre pendante, dents écartées, rictus cruel et voix traînante de débile profond, l’outrance de la pose de ce nouveau venu dans l’univers bigarré des heavies finit par donner au spectateur la sensation de s’adonner à un voyeurisme bizarre, le faisant osciller entre écœurement et franche envie de rire : tout cela est bien trop excessif, le plus cocasse étant que Vincent Coll – le vrai – était physiquement plutôt beau gosse, et pas plus dérangé qu’un autre voyou. Certes, me direz-vous, pour laid qu’il soit, ce pauvre John Davis Chandler ne l’est au fond pas davantage que ne l’étaient, à l’âge d’or de la série B, les Jack Elam et autres Neville Brand ; mais au moins ceux-là – ou tout au moins les réalisateurs qui faisaient appel à leurs services – savaient jouer de l’art subtil de faire désirer leurs mines patibulaires, et dosaient en conséquence avec une savante parcimonie les dévoilements de leur étrange talent. Il n’en est rien de Chandler qui, peut-être grisé par ce premier rôle immédiat, roule pied au plancher de la première à la dernière minute ; devant incarner un personnage surnommé Mad Dog, il se met justement à jouer avec toute le manque de subtilité dont serait capable un jeune chien fou lâché sans laisse dans le métier de comédien. Il renverse tout le jeu de quilles, en un mot, il fait n’importe quoi... Au reste, il convient d’être juste, et de rendre à César ce qui revient à César : ce plantage ahurissant est bien plusle fait de Burt Balaban, qui n’a sans doute jamais eu la moindre notion de direction d’acteur, que l’œuvre de ce pauvre Chandler, livré à lui-même et propulsé tout de go dans un rôle-titre qui le dépasse. La preuve en est que John Frankenheimer, metteur en scène d’un tout autre calibre, a su percevoir de son côté le parti qu’on pouvait tirer d’un tel énergumène, pour peu qu’on y mette un peu de jugeote et de professionnalisme : après la sortie de Mad Dog Coll, il recrutera John Davis Chandler pour figurer dans The young savages, où l’histrion donnera cette fois-ci pleine satisfaction. Dirigé convenablement, et surtout remis à la place qui lui convient - celle du troisième couteau haut en couleur -, Chandler ajoutera chez Frankenheimer la petite touche épicée indispensable pour rendre le plat suffisamment goûtu pour qu’on s’en rappelle longtemps après. « Vous vous souvenez de Burt Lancaster dans ce film ? Moi non plus. Par contre il y avait ce taré… comment il s’appelait, déjà ? » : assurément, c’est à ce genre de conversation cinéphilique qu’on reconnaît le talent propre à cette catégorie très particulière d’acteurs à laquelle appartient John Davis Chandler, dont on connaît la trogne et jamais le nom, et à laquelle Burt Balaban n’a visiblement pas compris qu’il appartenait ; peut-être l’aura-t-il confondu avec James Dean, allez savoir… Quant au léger malaise que finit par installer cette incroyable démonstration de foire, on peut clairement y déceler les prémisses de ce qui fera la nature dérangeante du cinéma d’exploitation, chez qui la recherche du sensationnel ne s’arrêtera plus devant les complexes que suscitaient jusqu’alors le mauvais goût patenté : si la censure se relâche, c’est autant pour le meilleur que pour le pire.
Pour le reste, le film – tourné à partir d'octobre 1960 à New York et dans les studios de Baltimore pour les intérieurs - se regarde sans trop d’ennui grâce à son rythme cadencé, et pour peu que l’on fasse preuve de mansuétude tant avec les bizarreries du scénario (on se demande pourquoi Telly Savalas ne fait pas immédiatement interner ce maboul, au lieu de lui donner des secondes chances à répétition) qu’avec le côté terriblement fauché de la production. Sur ce dernier point, on s’amuse du fait que malgré le classique recours aux scènes nocturnes et à la modération des plans larges pour palier à l’absence de reconstitution de l’époque, on ne cesse d’apercevoir dans les arrières-plans en extérieur des détails tous plus anachroniques les uns que les autres – des véhicules des années 60, notamment. Si je soulignais précédemment le fait que Mad Dog Coll anticipe sur un cinéma d’exploitation un plus tardif, la tournure générale de son scénario tient en revanche pleinement des canons antérieurs du genre criminel : ce sont une fois de plus les forces de l’ordre qui auront raison du gangster (en réalité, Coll fut assassiné par ses rivaux de la pègre), tandis que le membre du gang révolté par la cruauté du meneur est là pour permettre à la bonne conscience du spectateur de se rassurer en trouvant une incarnation à l’écran. Ainsi remarque-ton que les codes de production du MPAA, bien que commençant à s’estomper progressivement, restaient bel et bien en vigueur au début de la décennie afin de veiller à la bonne conduite morale des œuvres, et il faudra attendre 1968 pour que cesse pour de bon leur emprise ; de ce point de vue, un film comme Mad Dog Coll se situe dans un entre-deux typique de ces années charnières. Un mot enfin sur le point le plus notable du scénario, à savoir la folie sociopathe du personnage principal, à laquelle le film prend soin de fournir des explications dès les première scènes : elle est présentée comme le résultat de sévices physiques et psychologiques subis durant son enfance par le futur gangster, de la part d’un père brutal ; tout cela est reconvoqué à la fin de l’histoire – non sans une certaine habileté – lors d’une sorte de transfert effectué par le dangereux psychopathe à l’occasion d’un accès de folie particulièrement aigu. L’idée n’est pas neuve, bien sûr, et on la trouve même à l’œuvre de manière sous-jacente dans les tous premiers films du genre (le personnage joué par Cagney en 1931 dans The public enemy) ; même son application au cas de Vincent Coll (douteuse, car cette caractéristique ne figure pas dans sa biographie) n’est pas une invention de Balaban, puisqu’il s’agit d’un élément déjà introduit par l’épisode de The untouchables qui lui est consacré (voir le bonus), diffusé un an auparavant à la télévision et qui constitue de toute évidence une source d’inspiration pour le film. L’apport de Balaban réside dans un ample développement de ce propos, avec l’évocation explicite du passé familial problématique de l’anti-héros ; or on peut déceler dans cette initiative l’héritage de deux autres sources bien connues des cinéphiles : d’une part les différentes adaptations (1942, 1957) dont avait bénéficié l’excellent roman de Graham Greene Le tueur à gages, dans lequel le personnage se livrait à une révélation cathartique inspirée par le même type de traumatisme familial, et d’autre part White heat, ce chef-d’œuvre de Raoul Walsh qui avait réussi avec brio à redéfinir en 1949 le film de gangster, ce dernier y étant dépeint plus explicitement encore comme une personnalité psychopathe qui cherche symboliquement à tuer son père et coucher avec sa mère. Certes, il n’y a rien de répréhensible de la part de Burt Balaban à vouloir recycler ce schéma-là ; mais une fois de plus, c’est l’outrance et le manque de subtilité qui plombe le résultat : autant James Cagney nous laisse pantois par la qualité et la mesure de son jeu dans White heat, autant le déchaînement en roue libre auquel se livre James Davis Chandler a de quoi laisser dubitatif, quand il ne donne pas carrément envie de s’esclaffer.
Bonus… Comme dit plus haut, Mad Dog Coll trouve une bonne partie de son inspiration dans la télévision, laquelle avait déjà abordé le cas de Vincent Coll : dans The untouchables, bien sûr, et cela dès la première saison, mais aussi dans un de ces succédanés auxquels la célèbre série a immédiatement donné lieu ; ainsi un double épisode de The lawless years, intitulé The Mad Dog Coll story et diffusé sur NBC deux mois à peine après la sortie du film de Balaban, retraçait le parcours sanglant du « Chien Fou », interprété pour l’occasion par Robert Sampson, un de ces infatigables vétérans du petit écran. Idéalement, c’est ce téléfilm que j’aurais souhaité vous proposer en bonus de cet envoi, étant donné qu’il n’est guère utile de vous présenter The untouchables ; je n’ai malheureusement pas réussi à mettre la main dessus, malgré d’intenses recherches. Je me vois donc finalement contraint à vous proposer quand même ce 6e épisode de la première saison des aventures d’Eliot Ness, diffusé sur ABC en novembre 1959, que vous avez donc tous déjà vu ; histoire de vous soumettre malgré tout quelque chose d’un peu neuf, c’est en version originale sous-titrée que je vous le propose, puisqu’à ma connaissance la série ne circule à ce jour qu’en VF sur la toile. Je n’ai malheureusement pas le temps de faire tout le développement que mériterait The untouchables ; en ce qui concerne cet épisode, intitulé Vincent ‘Mad Dog’ Coll, je me contenterai de dire qu’à l’instar du film que réalisera Burt Balaban, il ne propose nullement une biographie factuelle du gangster, mais brode une histoire de course hippique entièrement fictive, à partir de quelques traits généraux de la vie de Coll : la confrontation avec Dutch Schultz et, bien sûr, ce pauvre gamin tué en marge d’un enlèvement – et qui valut au malfrat son surnom. D’ailleurs, dans l’histoire proposée par la série, le marmot n’est pas tué (parce qu’à la télévision, on ne fait pas des choses comme ça), et l’invention du surnom y est attribuée à Schultz, ce qui là encore est factuellement erronné. L’acteur Clu Gulager, qui interprète Coll, lui donne à l’aide de quelques tics et d’un rire de dément ces accents de maladie mentale qui le film de 1961 reprendra avec l’emphase excessive décrite plus haut ; de son côté, si l’interprétation de Gulager a beau charger déjà la barque, elle fait preuve d’une certaine sobriété en comparaison du déchaînement incontrôlé auquel s’adonnera John Davis Chandler… A part ça, Robert Stack est bien sûr excellent en Eliot Ness, le beau noir et blanc contrasté est un hommage apprécié rendu au film noir, et à tous les niveaux, cet épisode télévisé se situe à cent coudées au dessus du film douteux que livrera Balaban un an et demi plus tard. Un dernier mot : le personnage de Vincent Coll fait des apparitions furtives dans au moins deux autres films de cette « nouvelle vague» (dans The rise and fall of Legs Diamond, 1960, et dans Portrait of a mobster, 1961), et sera à nouveau incarné au début des années 90 (The Cotton Club, Mobsters, un nouveau Mad Dog Coll et enfin Hit the Dutchman).
LES INCORRUPTIBLES
Ce n’est pas un inédit que je vous propose, puisque j’avais déjà proposé il y a plusieurs années une version sous-titrée par mes soins de Mad Dog Coll. Néanmoins, ce que je vous transmets aujourd’hui comporte deux améliorations significatives : d’une part le DVDrip d’antan a laissé la place à un fichier avec une résolution plus sympa, quoique toujours pas de qualité HD ; mais surtout, le sous-titrage que je vous propose cette fois-ci est de bien meilleure qualité. En effet, je ne disposais pas la première fois de sous-titrage anglais pour effectuer cette tâche ingrate, et à cette époque, j’avais encore la naïveté de croire qu’on pouvait tirer quelque chose de valable de ces fichus sous-titres espagnols qu’on voit partout et qui ne valent pas tripette (car réalisés par des gens qui comprennent autant l’anglais que moi le javanais) ; si j’avais pu néanmoins corriger à l’oreille un certain nombre d’erreurs, cela restait néanmoins fort peu satisfaisant en regard des exigences qu’ont peut-être une minorité d’entre vous, mais que j’approuve parfaitement. Bonne nouvelle, désormais tout va bien : le fichier HD que j’ai récupéré contenait des sous-titres anglais, j’ai donc pu revoir ma copie pour vous proposer ici un résultat beaucoup plus sérieux. Quant à savoir si cela justifie maintenant que vous vous infligiez une seconde fois ces 88 minutes de spectacle douteux, cela n’est pas tout à fait certain, mais bon, je vous en laisse juge… Quant à l’épisode des Incorruptibles, je ne peux au contraire que vous encourager à le revoir, et même toute la série, quand bien même ça serait pour la quatrième fois, on ne s’en lasse pas ; c’est donc en version originale (j’aime bien la voix de Robert Stack), en qualité SD acceptable et le sous-titrage en français résulte d’une traduction que j’ai effectuée à partir des sous-titres en anglais. Voilà, vous savez tout ; la semaine prochaine, Père Noël...
Un partage et une traduction de










Merci infiniment Unheimlich !
RépondreSupprimerGrand merci.
RépondreSupprimerMerci, quel plaisir de te lire, je prends film et bonus, pour une soirée en mode gangster donc.
RépondreSupprimerMerci beaucoup UH excellent.
RépondreSupprimerUN GRAND MERCI....PARFAIT.RF.
RépondreSupprimerun grand merci
RépondreSupprimerIl m'arrive parfois de me relire partiellement après publication, et cela m'occasionne toujours des moments d'épouvante. Ainsi certains d'entre vous n'auront pas manqué de relever ici une "main à la patte" qui les aura sûrement fait sourire...
RépondreSupprimerIl s'agit bien évidemment d'une "main à la pâte", honte à moi ! Pour ma peine, j'irai me retaper pour la 3e fois la tronche de J.D.Chandler pendant les 90 minutes du film, ça m'apprendra. Enfin, euh... je vais quand même attendre un peu.
Tkt on t en veux pas UH, monsignore ! Ce ne sont que qq. Pâtes ! Et non des mouches comme l ecriture manuscrite de certains.
SupprimerTu es notre don camillo à nous et SJ notre Peponne j imagine ? Nous ne sommes que tes ouailles et nous te respe tons trop pour te reprocher quoi que ce soit.
T as qu'a voir ça avec " Lui ".
Respect !
SupprimerJe salue à la fois ce polar d'un pan entier d'un cinéma qu'il nous reste, nous, public français, à découvrir, mais également l'exhaustivité et l'effort dans ton texte de présentation.
SupprimerC'est à la fois assez rare et terriblement appréciable.
A titre personnel, je ne connais que peu de films "noirs" à part, bien sûr, Le faucon maltais, En cinquième vitesse (mon chouchou) ainsi que Mitraillette Kelly ! Aussi, si tu as des connaissances, et des films, dans ce domaine, ce serait véritablement exceptionnel puisque ce genre est assez peu connu, dans notre communauté.
Dans tous les cas, merci et, surtout, BRAVO !!
Merci beaucoup pour ce partage et pour la belle fiche.
RépondreSupprimerMerci beaucoup
RépondreSupprimerMerci pour ce film et son bonus.
RépondreSupprimerMerci pour ce film
RépondreSupprimerAh Unheimlich !
RépondreSupprimerJe vois ta publication mais je n'ai pas encore eu le temps de te lire , chose que je ne manquerai pas de faire demain quand je reviendrai pour télécharger le film .
Juste pour dire que je suis toujours fan de tes publis et cycles qui sont d'une grande qualité et me font découvrir des pans du cinéma qui me sont inconnus généralement .
A demain !
Toujours des présentations très fouillées...
RépondreSupprimerDans le "creux" des années 50, il y a quand même de bien belles choses.
Gun Crazy, les films de Lewis Allen ou de Phil Karlson, Les inconnus dans la ville, The lineup, les premiers films de Kubrick. Le crime, ça paye encore !
Merci beaucoup pou le film et ce commentaire bien étayé !
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