(VOSTFR)
Réalisation : Harald Reinl
Casting : Joachim Fuchsberger, Karin Dor, Marie France
Durée : 84 min
Année : 1965
Pays : Alemagne, Italie, Espagne
Genre : Western
MP4 WEBRIP 1 Go VOSTFR perso
BONUS BD
Résumé des épisodes précédents : lors du premier cycle Cooper, j’avais proposé un certain nombre d’adaptations du Dernier des Mohicans, la plus célèbre des Histoires de Bas-de-Cuir, et qui fait donc suite au Tueur de daims dans la chronologie diégétique de la saga. Deux œuvres majeures en ressortaient : tout d’abord le très beau film tourné par Clarence Brown et Jacques Tourneur en 1920, à mon avis la meilleure version cinématographique du célèbre roman, dont l’une des qualités principales était non seulement d’être fidèle à l’œuvre écrite en en préservant tout le romantisme, mais plus encore d’en corriger certains défauts. J’avais ensuite présenté l’adaptation parlante tournée par George B. Seitz en 1936, plus connue et promise à une longue descendance, et dont émergeait le scénario de Philip Dunne qui proposait de s’écarter davantage du roman de Cooper pour sacrifier quelque peu aux exigences du divertissement grand public, sans abandonner totalement non plus le romantisme de l’œuvre originelle ; en cela le film de la United Artists, qui bénéficiait en outre d’indéniables qualités formelles, s’avérait être un compromis acceptable entre la rigueur thématique et les nécessités commerciales du cinéma populaire. Ce « juste milieu » qu’élabore le scénario de 1936 allait donner lieu à plusieurs reprises, dont l’exemple le plus connu est le film réalisé par Michael Mann en 1992, au générique duquel est d’ailleurs mentionné Philip Dunne. Mais j’en avais donné un autre exemple, bien moins prestigieux, lors du premier cycle consacré à Cooper : tourné par un obscur réalisateur du nom de Mateo Cano, Uncas, el fin de una raza est clairement un remake inavoué du film de George B. Seitz, ainsi qu’une des toutes premières adaptations du Dernier des Mohicans par le cinéma européen. Mais sur ce dernier point, les Allemands avaient déjà pris les devants : dès 1956 à la télévision, et quelques mois à peine avant le film italo-espagnol précité avec le titre que je vous propose aujourd’hui, Der letzte Mohikaner, réalisé par Harald Reinl en 1965. Ces deux films sont souvent associés à cause de la proximité de leurs dates de sortie, leur tournage en Espagne pour les extérieurs ainsi que la présence de l’acteur Daniel Martin, qui figure aux deux génériques. Mais ils partagent un autre point commun qui ne leur fait guère honneur : des nombreuses adaptations cinématographiques qu’a connues Le dernier des Mohicans, il s’agit vraisemblablement des deux pires, et nous verrons pour quelles raisons il est difficile de décider à laquelle revient le bonnet d’âne. Notons cependant, afin de ne pas trop accabler Harald Reinl et Mateo Cano, que ce titre de non-gloire ne s’étend pas à l’ensemble des Histoires de Bas-de-Cuir : vous découvrirez en effet dans deux semaines que c’est Hollywood qui détient la palme de la plus affligeante adaptation de James Fenimore Cooper qu’on ait jamais osé tourner. Mais rassurez-vous, Der letzte Mohikaner devrait amplement pouvoir satisfaire d’ici là votre masochisme cinéphilique…
La proposition de mercredi dernier a été l’occasion de rappeler que la sortie en 1962 de Der Schatz im Silbersee, sous l’impulsion du producteur Horst Wendlandt, marqua le début de cette vague de westerns allemands pour laquelle les romans populaires de Karl May servirent de source d’inspiration ; j’en avais profité pour faire état du peu d’estime que j’avais pour cet écrivain, lequel ne fut à mon avis qu’une sorte de Cooper fadasse et bon marché. Outre le simplisme enfantin sur lequel repose l’univers de Winnetou et ses gentils amis, une caractéristique notable de cette série de films est le recours aux paysages de l’ancienne Yougoslavie pour tourner les plans en extérieur, en particulier la magnifique région des lacs de Plitvice en Croatie. Tous ces éléments confèrent une certaine unité à cet ensemble de westerns ouest-allemands des années 60 ; et pourtant, dès le lendemain du succès de Der Schatz im Silbersee, la société de production et de distribution Constantin Films avait envisagé de jouer malgré tout sur la variété en proposant, en parallèle de la série Old Shatterhand/Winnetou, des œuvres d’inspiration un peu différente. Cela fut effectivement fait, même si au final le public retint surtout les adaptations de Karl May, auxquelles le terme de « western allemand » reste invariablement associé. Il semble que ce soit par le projet d’adapter Cooper que débutèrent les velléités de Constantin Films de s’écarter de son écrivain-fétiche ; mais l’engagement d’Harald Reinl sur un deuxième Winnetou ainsi que le report d’autres projets fit retarder la mise en chantier de Der letzte Mohikaner jusqu’au début du mois d’octobre 1964, date à laquelle démarra enfin le tournage, lequel se déroula jusqu’au milieu du mois de décembre. Or il se trouve qu’entre temps, le western italien avait eu le temps d’émerger et de prendre ses marques ; en vérité, il venait même d’exploser avec la sortie retentissante du premier Sergio Leone : il s’agissait donc pour IGF, à qui Constantin Films avait finalement délégué la production du film d’Harald Reinl, de faire son possible pour ne pas se laisser trop distancer par cette concurrence italienne qui venait d’imposer son style. Or c’est très certainement cette considération qui aura abouti à l’échec de cette soi-disant adaptation de Cooper tournée par Harald Reinl : ne parvenant pas à s’engager de manière résolue dans l’une des deux directions qui s’offraient à lui – c’est-à-dire s’affirmer dans le style enfantin façon Karl May, ou bien faire du western à l’italienne –, Der letzte Mohikaner finit par sombrer dans de ridicules incohérences de style ; et c’est au fond assez dommage, car on verra que le film présente malgré tout quelques qualités formelles, malheureusement occultées par l’inanité de certains choix. Pour autant, le projet ne déoucha pas un échec commercial, et l’œuvre put totaliser un nombre appréciable d’entrées en salle, bien que cela ne fut peut-être pas tout à fait à la hauteur des moyens engagés – des moyens assez significatifs, en tout cas nettement supérieurs à un western italien. Toujours est-il que le distributeur dut estimer qu’il serait prudent de ne pas renouveler l’expérience, et préféra s’en tenir là en ce qui concerne les Histoires de Bas-de-Cuir : dès le lancement du projet en février 1963, quatre autres films avaient en effet été prévus, correspondant aux quatre autres romans de la saga (Wildtöter, Der Pfadfinder, Die Ansiedler et Der letzte Frapper), sans qu’aucun ne vit finalement le jour. Et pour les quelques années qui lui restaient encore à vivre, le western ouest-allemand allait donc soit capitaliser plus sagement sur le succès des adaptations de Karl May, soit se cantonner à des projets d’envergure plus modeste.
La plus grosse surprise du film de Reinl vient de son lieu de tournage : après que les plans en intérieur aient été réalisés dans les studios berlinois de Spandau, l’équipe se rendit en Espagne pour tourner les nombreuses prises de vue en extérieur, et plus précisément en Castille et en Andalousie, dans des paysages que connaissent bien les amateurs de westerns « spaghetti ». Je n’ai pas trouvé la preuve formelle que cette décision d’abandonner l’habituelle Europe de l’Est au profit de l’Espagne fut prise dans un second temps ; néanmoins, tout porte à croire qu’elle fut dictée par cette nécessité ressentie à partir de 1964 de vouloir coûte que coûte coller aux basques du western italien. Car enfin, quel sens y aurait-il à vouloir adapter Cooper dans un décor qui se situe aux antipodes de ceux de ses romans, surtout lorsqu’on sait que les paysages naturels de Yougoslavie - que privilégiait jusqu’ici le western allemand – ressemblent de manière inespérée à ceux de l’État de New York, comme on a pu voir la semaine dernière avec le western de la DECLA ? Comment la firme Constantin aurait-elle pu projeter en 1963 d’adapter Le tueur de daims, une histoire dont l’environnement lacustre constitue une donnée essentielle, dans les décors arides d’Almeria ? Tout cela ne laisse guère de doutes, et cette option espagnole fut vraisemblablement choisie quelques mois avant le tournage par l’IGF, dont la plupart des films tournés jusqu’ici (des krimis, en majorité) étaient justement réalisés en coproduction avec l’Espagne. « Oui, bon, quoi, et alors ? », me direz-vous… Tout d’abord, le fait que l’œuvre d’un écrivain soit dans le domaine public n’est pas une raison pour faire n’importe quoi avec ; car de deux choses l’une : soit vous n’avez jamais lu Cooper, et quoi que vous en pensiez, c’est un immense tort ; soit vous l’avez lu et vous admettrez volontiers qu’à l’exception de La prairie, les décors lacustres et forestiers sont si constitutifs des Histoires de Bas-de-Cuir qu’on ne saurait les substituer par autre chose sans que tout l’édifice romanesque ne s’effondre dans la seconde qui suit. Non que les paysages arides et désertiques de l’Andalousie ne possèdent leur charme propre ; mais tourner une adaptation du Dernier des Mohicans dans de tels lieux, c’est un peu comme si on avait choisi la jungle guyanaise pour filmer Pépé le Moko. Vous insistez : « Hé quoi, le puriste ! Le dépaysement, ça peut quand même être une bonne idée, surtout que nous on s’en fout, on l’a pas lu, ton fichu bouquin ! ». Fort bien, mais voir des Hurons et des Mohicans évoluer dans ce qu’on imagine être l’Arizona, cela relève tout de même de l’expérience surréaliste ; sans compter qu’à la délocalisation géographique s’ajoute un saut temporel : une fois de plus, dans un souci de décalque du nouveau modèle italien, l’intrigue se retrouve transférée dans ce qu’on imagine être les années 1870, histoire de pouvoir montrer des cow-boys à chapeaux, même si l’on a pas poussé le conformisme ambiant jusqu’à leur faire mâchonner un cigarillo. Le résultat est un spectacle d’une telle bizarrerie qu’il évoque tout autre chose que Cooper ou Sergio Leone ou Winnetou : avec son austère immensité désertique dans laquelle des Iroquois de bande dessinée, la crête rouge dressée sur la tête, font le siège d’une place forte au sein de laquelle un sauveur va parvenir à entrer, nous voilà plongés de manière très inattendue dans ce qui pourrait apparaître comme une préfiguration de Mad Max 2, auquel le film fait irrésistiblement penser ; il ne manque plus que les bruits de moteur, et c’est à se demander si George Miller n’aurait pas trouvé l’inspiration dans ce film allemand. Au fond, me direz-vous, cela pourrait constituer un bon point pour Der letzte Mohikaner ; sauf que la ressemblance est entièrement fortuite, et le délire baroque auquel s’adonnera 20 ans plus tard le réalisateur australien aura quant à lui le mérite d’être pleinement assumé : lorsqu’il a créé un univers violent et déjanté à l’aide ses propres codes esthétiques, Miller s’est bien gardé de prendre appui sur un auteur classique, pas même pour lui faire subir un traitement iconoclaste. De toute manière, le caractère insolite du film d’Harald Reinl n’est nullement volontaire et ne résulte, comme c’est le cas pour n’importe quel vrai nanar, que de la juxtaposition d’incohérences mal inspirées ; tandis que chez George Miller, il constituera le point de départ de toute sa recherche formelle.
Voilà pour le côté « spaghetti » du film d’Harald Reinl ; car pour le reste, Der letzte Mohikaner s’en tient à la veine « choucroute », et c’est en se situant dans cet entre-deux bancal que l’œuvre n’apparaît en fin de compte que comme un bricolage stylistique maladroit, dont les ingrédients sont mis les uns à côté des autres sans qu’on ait pris la peine de les cuisiner. Et donc, par d’autres aspects, le film apparaît cette fois davantage comme une énième occurrence de Winnetou que comme une tentative de transposer l’univers de James Fenimore Cooper dans celui du western italien ; d’ailleurs, dans la version allemande, les voix de doublage du duo Œil-de-Faucon/Uncas sont celles qu’on utilisait pour Old Shatterhand/Winnetou : c’est un signe qui ne trompe pas. Quelques éléments de scénario étrangers à Cooper sont en fait des réemplois du tout premier western de Reinl, Der Schatz im Silbersee, lequel servira inlassablement de modèle à tous ces westerns façon Karl May : on retrouve par exemple la ferme assiégée, en lieu et place de l’attaque du fort Willam Henry ; or pour rappel, Le dernier des Mohicans est avant tout un récit de guerre, et cette dimension essentielle du roman se retrouve donc totalement escamotée. Quant à savoir ce que vient faire ce ranch d’élevage au milieu d’un désert sans la moindre goutte d’eau ni brin d’herbe, voilà bien le genre de mystère auquel seul Ed Wood aurait été en mesure de répondre ; et si vous voulez aussi comprendre pourquoi ce sont des palissades en pointe parsemées de miradors qui délimitent l’enceinte de cette ferme, mieux vaut que vous posiez la question à Bruno Mattei qu’à Cooper... Pour en revenir aux analogies avec Der Schatz im Silbersee, le film déclencheur de 1962, plusieurs types de plans sont également repris ici, comme par exemple ces Indiens que l’on voit descendre en rappel les parois d’un canyon, ou ce héros qui débarque au moment critique avec toute la troupe. Mais c’est plus encore sur le fond que Der letzte Mohikaner baigne clairement dans « l’état d’esprit Winnetou », ce qui tranche singulièrement avec tout ce qui émanait du film de la DECLA que je vous ai proposé la semaine dernière ; il s’agit cette fois-ci d’un univers consensuel où les antagonismes historiques n’existent pas, ou tout au moins pour lesquels une poignée de main et un vague énoncé de principe suffisent à régler les dissensions présentes, passées et futures. Simple comme bonjour ; quant à ceux qui prétendent que les choses sont sans doute un petit peu plus compliquées que ça, eh bien ils font invariablement partie des méchants. L’expérience qui consiste à voir coup sur coup Chingachgook, die grosse Schange et Der letzte Mohikaner est assez édifiante : les propos qui émanaient du héros du premier film se retrouvent prononcés quasiment mot pour mot par le méchant du second film. Dans l’univers hypocrite et doucereux de Winnetou/Uncas, le bon Indien est celui qui répète avec un air contrit une incantation naïve comme quoi tout le monde n’a qu’à s’entendre, alors les uns et les autres vivront en paix ; quant au méchant Magua, c’est un ingrat qui a l’outrecuidance de se plaindre de la spoliation des terres par l’homme blanc… On pourrait rétorquer que ce type de schéma est bel et bien présent chez Cooper ; mais cela reviendrait aussi à nier le fait que l’écrivain ne cesse de nuancer ce propos par de subtils et constants jeux de miroirs entre « bons » et « mauvais » Indiens, voire entre Indiens et certains Blancs, comme par exemple tout ce qui se joue entre Chingachgook, Rivenoak et Natty Bumppo dans Le tueur de daims.
Voilà sur la fond ; or même s’il s’agit en vérité d’une production internationale (l’Espagne et l’Italie sont de la partie), certains détails sur la forme ne trompent pas sur l’origine allemande de Der letzte Mohikaner, et on ne peut vraiment pas dire que pour l’occasion, ce soient les meilleurs aspects de la culture d’outre-Rhin qui aient été convoqués. Ainsi en va-t-il de ce personnage de cuisinier qui croit bon d’apporter tout au long du film cette touche humour particulièrement lourdingue dont on se serait fort bien dispensé : récurrent dans les films d’Harald Reinl, ce type de caractère aux saillies épaisses fonctionnait peut-être à l’époque auprès d’un certain public local, mais ne provoque en vérité qu’une franche consternation ; il faut dire qu’en général, l’humour et les Allemands, c’est comme les Français et l’amabilité, ça a tendance à faire deux… Paradoxalement, cela ne trahit pas Cooper, dont un des défauts les plus patents (en particulier dans Le dernier des Mohicans et La prairie) est d’encombrer son récit d’un personnage grotesque qu’il caricature à outrance ; c’est une caractéristique que le scénario de Philip Dunne, par exemple, avait eu le bon goût de corriger. Bref, une fois encore, Harald Reinl fait preuve d’une adresse de pachyderme ; il n’empêche que le distributeur Constantin, qui supervisait le projet, se montra fort jaloux du résultat : apprenant quelques mois après la sortie du film qu’une coproduction italo-espagnole allait proposer sa version du Dernier des Mohicans (il s’agit donc d’Uncas, el fin de una raza de Mateo Cano), la compagnie se crut obligée d’allumer un contre-feu en faisant paraître une annonce selon laquelle il n'y avait « qu'un seul dernier Mohican »… J’en viens donc à la comparaison de ces deux films de 1965, qui hormis la nullité qui les caractérise l’un comme l’autre, ne partagent à peu près rien en commun. En effet, contrairement à celui d’Harald Reinl, le film de Mateo Cano reste à peu près fidèle à Cooper, en particulier parce qu’il plagie éhontément le scénario du Last of the Mohicans américain de 1936 ; or si cela donne à l’œuvre une certaine allure quant à l’histoire qu’elle raconte, l’indécence épouvantable dans laquelle patauge la réalisation anéantit immédiatement la mansuétude qu’on pourrait accorder au film. Or il se trouve que concernant Der letzte Mohikaner, le constat est à peu près l’inverse, ce qui m’amène maintenant à évoquer les quelques points favorables qu’on peut lui trouver. Il faut ainsi reconnaître que la mise en scène d’Harald Reinl, à défaut de susciter un véritable enthousiasme, tient la route de manière assez satisfaisante ; ou disons plutôt qu’au royaume des aveugles, les borgnes sont roi : de toute évidence, le film est bien mieux réalisé que n’importe quel western italien, si l’on excepte Leone et Damiani. Pour un peu, cela pourrait presque tenir lieu de consolation : il faut admettre que l’ensemble est bien rythmé, et que les décors naturels espagnols sont beaucoup mieux filmés et mis en valeur que dans toute la camelote spaghetti habituelle, notamment grâce à quelques beaux plans larges. On notera à ce sujet une incursion spectaculaire dans la Ciudad Encantanda, cette étrangeté géologique située en Castille dans laquelle John Milius tournera plus tard certaines scènes de Conan the Barbarian ; Harald Reinl semble avoir eu un attrait particulier pour ce lieu, dans lequel il retournera l’année suivante pour son remake de Die Nibelungen. Pour finir, un mot de la distribution de Der letzte Mohikaner, très variable en qualité : tandis qu’un certain Ricardo Rodriguez incarne de manière fort convaincante un Magua inquiétant à souhait, on ne peut qu’à l’inverse se montrer consterné devant la prestation d’Anthony Steffen, un acteur bien connu des amateurs de westerns italiens, et qui nous inflige le Nathaniel Bumppo le plus insipide qu’on ait jamais vu à l’écran. Daniel Martin, quant à lui, compose un Uncas mi-figue mi-raisin, comme il le refera quelques mois plus tard pour le film de Mateo Cano. Quant à Chingachgook, peu importe qui le joue, puisqu’il meurt dès la première bobine, sans même attendre Uncas : mieux que le dernier des Mohicans, c’est plus de Mohican du tout ! Au moins comme ça, c’est réglé.
En bonus, vous trouverez quatre adaptations du Dernier des Mohicans par la bande dessinée française, ça va du Journal de Tintin (1954) jusqu’aux délires expressionnistes de Cromwell en 2010. Je ne commente pas tout ceci, parce que je n’y ai jeté qu’un coup d’œil superficiel, et que de toute manière la BD, ben c’est pas mon truc. En ce qui concerne le film d’Harald Reinl, j’ai le regret de vous dire que je vous le propose dans une qualité pas terrible : c’est la résolution qui est insuffisante, les couleurs étant quant à elles satisfaisantes ; mais l’image manque de piqué, voilà tout. Il est en version allemande, et le sous-titrage m’a occasionné quelques maux de tête étant donné que j’cause pas un mot d’teuton. Je me suis dit tant pis, on va d’abord faire une transcription automatique de l’audio en texte, puis procéder par comparaison de traducteurs (automatiques eux aussi), avec la version anglaise comme bouée de secours. Sauf que… je me suis vite aperçu que la version anglaise ne racontait pas la même chose que la version allemande ; cela peut paraître curieux, mais c’est un phénomène assez courant dans l’univers bis des années 60. Bref, il a fallu travailler sans filet, ce qui n’a pas été une mince affaire ; je crois avoir malgré tout obtenu un résultat satisfaisant, après m’être fait pas mal de nœuds au cerveau. Est-ce que j’ai au moins progressé en allemand ? Eh ben même pas... Je suis toujours ein großer ignorant. Ach ! Der letze der Franzosen, kaput !








Intéressantes analyses comparatives de ces versions de la même histoire, curieux d'y jeter un oeil. Merci pour l'exposé !
RépondreSupprimerMerci infiniment Unheimlich !
RépondreSupprimerMerci UH
RépondreSupprimerMerci beaucoup!!!
RépondreSupprimerGénial!! Vu il y a longtemps sur Canal "cinéma de quartier" j'ai plaisir à le revoir. En plus, Harald Reinl est un réalisateur que j'aime bien même s'il a souvent manqué d'ambition. Parmi ses films on trouve des Winnetou, des Dr Mabuse, des krimis, un Commissaire X, bref on ne s'ennuie jamais.
RépondreSupprimerEncore merci