mercredi 22 janvier 2025

LA RACE QUI MEURT

 (VOSTFR)


Réalisation : George B. Seitz
Casting : Richard Dix, Lois Wilson, Noah Beery
Durée : 109 min
Année : 1925
Pays : USA
Genre : Drame, Western

Nophaie est un homme respecté par les siens. Le bureau des affaires indiennes est tenu par Amos Halliday, un homme plus concerné par ses fiches de classement que par les affaires indiennes. Il est assisté par Booker, un sinistre individu qui organise le pillage et le vol des chevaux de la réserve. Lorsque Nophaie tente de s'expliquer avec Booker, celui-ci courtise la jolie institutrice, Marion Warner, une jeune femme que Nophaie estime beaucoup...


MP4 DVDRIP 1.22 Go VOSTFR perso
Bonus : Iconographie  


Voici un film fort injustement oublié que tous les amateurs de western devraient pourtant avoir vu au moins une fois, ne serait-ce que parce qu’il dément un certain nombre d’affirmations trop péremptoires portées sur ce genre cinématographique. Alors pourquoi un tel oubli ? Peut-être parce que The vanishing American, sorti par la Paramount en 1925, décidait pour la première fois d’aborder frontalement un aspect douloureux de l’histoire américaine, largement connu et débattu mais qui ne convenait sans doute guère à une industrie du divertissement : il s’agit du sort bien triste qui fut réservé aux « sauvages » du nouveau continent, dont la disparition prit chez les penseurs et les artistes venus s’installer sur leur territoire la forme ambigüe d’une prophétie auto-réalisatrice. Au malheur des premiers habitants de la Nouvelle-Angleterre, qu’évoquait James Fenimore Cooper dans ses Histoires de Bas-de-Cuir, succéda tout au long du XIXe siècle la lente agonie de ceux qui résidaient depuis des siècles dans les grandes plaines de l’Ouest. C’est cela qu’évoque The vanishing American, et en montrant les ravages humains de cette « destinée manifeste » que célébraient au même moment ces œuvres épiques comme The covered wagon ou The iron horse qui ont gardé la faveur des cinéphiles, le film de George B. Seitz apparaît presque comme un « anti-western », pointant un doigt accusateur sur l’exaltation de la conquête de l’Ouest par l’homme blanc, en chariot bâché puis par le chemin de fer. Certes, comme on va le voir, The vanishing American n’est pas exempt d’ambigüités dans son propos ni de prudences excessives ; mais le fait est là : au regard de ce que fut la production de westerns de son apparition jusqu’à son déclin, cette toute première tentative de révisionnisme (au bon sens du terme) initiée par Zane Grey et Joseph Lasky est à saluer en tant que telle, et elle fait d’autant plus honneur au genre que d’un point de vue formel, elle est tout à fait splendide. Bref, si vous aimez le western et que vous ne connaissez pas ce film, regardez-le de toute urgence : en plus de passer un excellent moment, vous pourrez désormais prendre un air narquois lorsque des cinéphiles à la petite semaine vous déclarerons que le western pro-Indien débute en 1950 avec The broken arrow, ou bien que c’est John Ford qui a découvert les potentialités cinégéniques de Monument Valley avec Stagecoach en 1939.


Mais tout d’abord, quelques mots sur cette épineuse question du sort des Indiens d’Amérique du Nord, lesquels ne furent pas victime d’un « génocide » comme le disent hâtivement ceux qui se complaisent dans l’outrance des mots par manque de réelles connaissances : l’écrasement des nations indigènes fut opéré de manière plus retorse et subtile que par une vulgaire politique d’éradication, même si quelques massacres particulièrement épouvantables sont restés dans les mémoires ; car l’envahisseur blanc, bon chrétien, prit toujours soin de coupler ses actes honteux de spoliation avec l’expression de sa mauvaise conscience, ce que nous avons déjà vu il y a quelques mois dans le envois que j’ai consacrés à James Fenimore Cooper. N’oublions pas que l’idée fondatrice des Etats-Unis fut celle de la démocratie, et qu’à la fin du XVIIIe siècle, dans un état d’esprit hérité des Lumières, la pensée gouvernementale était pourtant sans ambigüité : la terre appartenait aux Indiens. Oui mais voilà : le colon, lui, ne l’entendait pas du tout de cette oreille ; le gouvernement était pour lui lointain et théorique, et il estimait avoir besoin de ces terres. Et comme ce colon était un électeur, tout le monde conçoit ce qui s’ensuivit : dans cet âpre dilemme, le gouvernement estima toujours qu’il avait moins à perdre en cédant à son coreligionnaire qu’en protégeant les droits des Indiens. Ainsi jamais ce gouvernement ne conçut-il une quelconque extermination, mais il se contenta plus hypocritement de fermer les yeux sur des expropriations illégales, les unes après les autres, et de les entériner une fois que la violence avait cessé. Il convient sans doute, pour mieux témoigner des gloires et des hontes d’un pays, de faire appel à un regard extérieur qui soit moins partie prenante ; et pour décrire ce que fut cette lente et sournoise destruction de toutes les nations indiennes, les mots qu’eut Alexis de Tocqueville au moment même où elle s’effectuait sont remarquables, empreints d’une ironie amère et d’une sourde colère. Evoquant l’opposition entre ce qu’il voyait à l’œuvre et la brutalité bien connue des conquérants espagnols qui avaient précédé plus au sud, il écrivait que « la conduite des Américains des Etats-Unis envers les indigènes respire le plus pur amour des formes et de la légalité. Si, par hasard, une nation indienne ne peut plus vivre sur son territoire, ils la prennent fraternellement par la main et la conduisent eux-mêmes mourir hors du pays de ses pères. On ne saurait détruire les hommes en respectant mieux les lois de l’humanité ». On le voit, il n’est nul besoin d’inflation du vocabulaire pour décrire ce que fut la politique gouvernementale des Etats-Unis au sujet des populations aborigènes à partir de 1840, au moment où s’élançaient les premiers chariots bâchés sur les célèbres pistes : les mots de l’homme politique français, plein de tristesse désabusée, nous en font parfaitement ressentir la coupable perfidie. Tocqueville toujours : « Les Européens ont introduit parmi les indigènes de l’Amérique du Nord les armes à feu, le fer et l’eau-de-vie. Du jour où un établissement européen se forme dans le voisinage du territoire occupé par les Indiens, le gibier prend l’alarme. Les Indiens qui avaient vécu jusque-là dans une sorte d’abondance trouvent difficilement à subsister. On rencontre alors ces infortunés rôdant comme des loups affamés au milieu de leurs bois déserts. L’amour instinctif de la patrie les attache au sol qui les a vu naître, et ils n’y trouvent plus que la misère et la mort. Ils se décident enfin, ils partent. On ne saurait se figurer les maux affreux qui accompagnent ces émigrations forcées. » Le constat est sans appel.


Le titre du film qui nous occupe aujourd’hui, The vanishing American, mériterait à lui seul de longs développements, car ce terme (et ses déclinaisons, comme The vanishing race, The vanishing Indian, etc) n’est autre que celui qui désigne un mythe qui parcourt la pensée américaine au moins depuis le début du XIXe siècle, et qui synthétise à lui seul toute l’ambigüité avec laquelle les envahisseurs européens ont envisagé la question indienne : parler de « l’Indien qui disparaît », c’est exprimer à la fois un souhait et un regret. Et cela ne constitue pas le moindre des paradoxes de constater que, justement, les Indiens n’ont pas disparu : en 2025, il existe même encore des Mohicans… Mais revenons en arrière : c’est en 1803 que, sans qu’ils s’en doutent encore, l’avenir commence à s’assombrir pour les indigènes de l’Ouest américain, car avec l’achat de la Louisiane aux Français, Thomas Jefferson vient d’offrir à son pays une vaste extension qui permettra plus tard d’envisager des routes pour traverser les plaines jusqu’à l’océan Pacifique. Les Indiens seront dès lors clairement perçus comme des obstacles, et les choses commenceront à se durcir réellement avec l’Indian Removal Act de 1830 : il s’agissait alors de déplacer tous les Indiens des nouveaux Etats à l’ouest du Mississipi. Dans son message au Congrès, le président Jackson donne le ton : « Bien considérée, la politique du Gouvernement général à l’égard de l’homme rouge n’est pas seulement libérale, mais généreuse. Il ne veut pas se soumettre aux lois des États et se mêler à leur population. Pour le sauver de cette alternative, ou peut-être de l’annihilation totale, le Gouvernement lui offre aimablement un nouveau foyer. » Tout est dans le « aimablement », qui contraste avec « l’annihilation totale » : la menace est à peine voilée. Dès lors, le « vanishing Indian » devient un sujet de prédilection pour les artistes, de James Fenimore Cooper à Edward Curtis, en passant par les peintres de la Hudson River School : tout en se gardant bien de préserver les Indiens eux-mêmes, on se fait fort de témoigner de leur culture sur le point de disparaître. Il s’ensuit l’émergence d’une étrange sensibilité, sans doute initiée avec The last of the Mohicans (1826), dont la caractéristique majeure est une sorte de fascination pour le déclin, une complaisance mélancolique pour le deuil ; cela n’exclut d’ailleurs pas une réelle sincérité dans ce témoignage culturel mû par l’urgence, comme par exemple dans le cas de George Catlin. Souvent, le discours s’élargit à des préoccupations environnementales et à l’inquiétude face au gaspillage des ressources naturelles, comme chez Cooper (Les pionniers, 1825), ou Thomas Cole. La culture américaine s’est souvent nourrie de l’hommage aux vaincus, et elle le fera d’ailleurs aussi pour la guerre de Sécession : nous avions vu cela dans l’envoi consacré à The coward, et au tropisme sudiste du cinéma des années 1915-1920. Mon propos était donc là de dire que si le sujet du film de George Seitz était inédit dans le monde cinématographique, il n’avait cependant rien d’original à une échelle plus large, et cette production apparaît simplement comme la déclinaison sur un support moderne d’une longue tradition politique et artistique qui illustre, entre mélancolie ostensible et soulagement inavoué, l’ambigüité fondamentale du sentiment des conquérants blancs envers les indigènes qu’ils ont honteusement dépossédé.


Accélérons un peu : d’un point de vue militaire et territoriale, la question indienne va s’achever dans les années 1880, avec pour couronnement au déshonneur cet atroce massacre de Wounded Knee qui, en 1890, infligeait une ultime et sanglante humiliation à une population indienne pourtant déjà vaincue et démoralisée. C’est alors le prélude à un renouveau pour le thème du « vanishing Indian », qui va devenir très à la mode au début du XXe siècle : dans les beaux-arts, avec quelques œuvres célèbres comme la photogravure The vanishing race d’Edward S. Curtis (1904) et ses projets connexes, ou bien la poignante sculpture The end of the trail (1908) qui vaudra la célébrité à l’artiste James Fraser, qui en tant que fils d’un ingénieur des chemins de fer avait été le témoin direct de l’écrasement progressif des nations indigènes. En 1913, comme résultat de cinq années d’expéditions vaguement ethnographiques financées par Rodman Wanamaker, le conférencier et photographe Joseph K. Dixon publie The vanishing Race : The last great Indian Council and The Indian’s story of the Custer fight ; le cinéma naissant ne se met pas encore explicitement à cette mode de « l’Indien condamné », mais l’ère du western muet est connue pour être beaucoup plus bienveillante dans sa représentation que ne le sera le cinéma parlant : n’oublions pas que le célèbre The battle of Elderbush Gulsh de Griffith n’est pas un film représentatif. Et toutes ces œuvres sont naturellement porteuses de cette ambigüité du discours que je soulignais dans le paragraphe précédent ; c’est particulièrement vrai de la photographie de Curtis, laquelle semble avoir initié le mouvement : après tout, 15 ans après leur soumission définitive, pourquoi vouloir s’acharner à vouloir faire disparaître symboliquement ces pauvres indigènes déjà vaincus ? C’est sans doute parce que l’américanisation alors en crise commence à trouver chez l’Indien un intérêt inattendu ; en 1923, le nouveau président Coolidge déclare « Nous n’avons pas besoin de davantage de gouvernement, mais de davantage de culture », et cela au sens d’une identité culturelle qui soit autre que celle liée à la modernité et l’innovation technologique. Cela tombe bien : l’Indien, lui, a ou avait une vraie culture, qui n’était pas entachée de matérialisme. Ainsi, par un curieux renversement, l’Indien de l’Ouest américain sera ainsi amené progressivement tout au long du XXe siècle à devenir un des emblèmes culturels du nationalisme américain, brandi par les descendants de ceux qui ont méthodiquement écrasé ce même Indien au siècle précédent ; ce phénomène ira jusqu’à la caricature la plus improbable : le summum du cynisme sera atteint en janvier 2021 lorsque les médias du monde entier nous montreront les images d’un sinistre imbécile déguisé en chamane indien, paradant au milieu des drapeaux sudistes dans le Capitole assailli par les partisans de Donald Trump… Mais bon, je m’égare, revenons à nos bisons : le but de ce paragraphe était de démontrer que le titre du film dont il va être question maintenant n’a pas surgi de nulle part, qu’il faisait référence à une mode artistique et sociologique bien précise, devenue un fruit mûr auquel il ne restait plus qu’à investir le champ plus large des catégories populaires. Et le média le plus approprié pour réaliser cela était, bien entendu, le cinéma.


Faut-il vraiment vous présenter Zane Grey ? Je ne crois pas ; tous les amateurs de western le connaissent bien, et nous l’avions d’ailleurs déjà rencontré lors du cycle Tom Mix à propos de Riders of the purple sage, célèbre roman publié en 1912 et œuvre-phare du genre plusieurs fois adaptée pour le grand écran. Au tout début des années 20, Zane Grey est donc un auteur reconnu dont l’existence alterne voyages et périodes d’écriture. En 1922, il se rend en territoire Navajo à la frontière entre l’Utah et l’Arizona : c’est là que naquit l’idée de The vanishing American, qui fut donc un roman avant d’être un film. Toutefois, on s’aperçoit que la genèse de ce projet fut pour le moins compliquée, révélant le caractère inflammable de tout ce qui touchait à ce « problème indien » susceptible d’un questionnement accusateur des fondements de la civilisation américaine ; et il faut bien voir que le film réalisé par George Seitz, pour audacieux et salutaire qu’il puisse être dans sa volonté d’aborder un tel sujet, est aussi le résultat d’une suite inévitable de compromissions et de renoncements : il existe ainsi plusieurs versions de cette histoire, dont le scénario écrit par Lucien Hubbard et Ethel Doherty pour la Paramount est la quatrième. La première de ces versions date du retour de Grey de son voyage, et elle est publiée en feuilleton à partir de novembre 1922 dans le Ladies’ Home Journal ; les choses en restèrent provisoirement là, l’histoire - perçue comme polémique - ayant suscité des réactions hostiles qui ne furent guère encourageantes. En 1925, l’éditeur Harper & Brothers ainsi que le producteur Jesse L. Lasky s’intéressent néanmoins au récit imaginé par Zane Grey, l’un en vue de le publier sous forme de roman, l’autre en vue d’en faire un long-métrage pour le cinéma, les deux sorties devant être plus ou moins conjointes. On demande cependant à l’auteur de retoucher son histoire de manière plus consensuelle, afin de ne pas susciter à nouveau les réactions de colère en provenance de groupes religieux et du Bureau des Affaires indiennes, fort mécontents du feuilleton accusateur de 1922-1923. D’abord réticent, l’écrivain y consent finalement et remanie son histoire, ce qui constitue donc une deuxième version ; il remet sa copie à Harper & Brothers, lequel n’est pourtant toujours pas satisfait, craint toujours les réactions des lecteurs et – sans même demander son avis à l’auteur – réécrit une partie du texte (le dénouement, en particulier), créant ainsi une troisième version, ce qui par ailleurs retarde la publication du roman. Oui mais voilà : du point de vue du commerce et de la censure, la littérature est une chose et le cinéma en est une autre, et l’on se montre très vigilant sur le second car il s’adresse aux foules ; la Paramount estime alors que deux édulcorations ne suffisent toujours pas, et décide d’adoucir encore considérablement le trait. Zane Grey, de toute manière, semble s’être désintéressé de toute cette affaire : il ne participera pas à l’écriture du scénario, ayant vendu les droits de l’histoire à Lasky qui est donc libre de la faire remanier à sa guise, ce dont il ne va pas se priver. Et on imagine sans mal qu’il existe des différences considérables entre la teneur du récit de 1922 et celle de sa version cinématographique de 1925, comme on va le voir maintenant plus en détail. Cela explique bien sûr le grand écart que l’on constate dans ce film entre de vraies velléités progressistes et un discours profondément réactionnaire ; mais si vous avez bien suivi le paragraphe qui précédait, il faut bien reconnaître que le titre choisi par Zane Grey pour son feuilleton, s’il correspondait à l’air du temps, laissait de toute façon la voie libre à un certain nombre d’ambigüités.


Dans le feuilleton de 1922, le personnage de Nophaie a un parcours qui le distingue notablement de son alter-ego de 1925, et qui soulève une problématique douloureuse qui sera prudemment mises de côté par le film : celles de l’acculturation forcée des Indiens, telle qu’elle avait été mise en œuvre à partir de 1869. Enlevé à sa tribu à l’âge de 7 ans, Nophaie est envoyé sur la côte Est afin de recevoir un nouveau nom et une éducation « blanche », et d’y être bien sûr christianisé. Après 18 ans d’assimilation, il décide pourtant de retourner sur sa terre natale afin d’y renouer avec sa culture d’origine ; il se retrouve alors confronté à une crise d’identité, à une confusion culturelle et religieuse qui le font se qualifier lui-même d’« infidèle ». Car s’il est faux de dire que les Indiens furent victime de génocide au vrai sens du terme – même si beaucoup de colons l’auraient souhaité – il est en revanche incontestable que les autorités américaines mirent en place un véritable programme d’éradication culturelle par le biais de ces pensionnats indiens de triste mémoire, véritable traumatisme pour les jeunes Indiens qui y résidèrent malgré eux ; la dénonciation de cette politique était donc clairement un des objectifs initiaux de Zane Grey, mais qui fut prudemment abandonné par le film. Et pourtant, le problème était d’une actualité criante : en 1925, il y avait environ 60 000 enfants indiens détenus dans ces pensionnats, trois fois plus qu’au début du siècle… Autre point important, l’attribution des rôles de méchants pour les personnages de Blancs dans The vanishing American  : dans le roman, on voit un missionnaire perfide agir de concert avec l’agent des affaires indiennes pour tourmenter les malheureux indigènes ; or c’est sur ce point que le feuilleton rencontra le plus d’hostilité, ce qui n’est guère surprenant dans un pays aussi croyant que le sont les Etats-Unis. Du fait de cette malveillance des institutions gouvernementales autant que religieuses, Nophaie, le héros indien du récit, finissait par rejeter la foi chrétienne qu’il avait plus ou moins adoptée suite à son assimilation forcée : c’est notamment ce point qu’il fut demandé à l’écrivain de changer pour l’édition de 1925, en lui faisant réconcilier son héros avec la religion de l’envahisseur. Le film de la Paramount ira beaucoup plus loin dans cette démarche d’atténuation : il n’y est plus du tout question de missionnaires, et même l’agent indien se retrouve épargné par le scénario qui en fait davantage un naïf incompétent qu’un individu mal intentionné. Le rôle négatif se concentre cette fois-ci dans le seul personnage de l’homme de main Booker, créé pour l’occasion par les scénaristes : ainsi les institutions se retrouvent-elles à peu près sauves, et il ne s’agit plus que d’un problème de brebis galeuse. Troisième point : le métissage, puisque l’histoire inclue aussi une intrigue sentimentale interraciale qui se noue entre Nophaie et une femme blanche. Pour traiter cette épineuse question, The vanishing American adopte une solution singulière que nous avons déjà rencontrée lors du cycle que j’ai consacré à Cooper : si la romance interraciale peut s’envisager, elle ne peut trouver d’achèvement que dans la mort ; on reconnaît là ce syndrome « Roméo et Juliette » qui caractérisait la fameuse adaptation de The last of the Mohicans sortie en 1920. Mais curieusement, alors que c’est bel et bien cette option que Zane Grey semble prendre en 1922, il n’en sera pas de même pour son roman de 1925 où il adopte le parti audacieux de faire survivre son héros, faisant dès lors entrer dans le champ des possibles la réalisation matérielle – ou plutôt charnelle – de cette idylle interethnique ; tout se termine alors sur les deux personnages qui envisagent explicitement de convoler en justes noces. Mais c’est cette audace qui fut insupportable à l’éditeur, qui s’empressa de faire à nouveau succomber Nophaie afin de faire disparaître toute issue matrimoniale à ces insupportables cochonneries interraciales : ben ouais, faudrait quand même pas abuser… Et bien entendu, ce sera à son tour le parti-pris du film, ce qui nous vaut une fin qui rappelle beaucoup celle du film de Clarence Brown et Maurice Tourneur.


On apparaît donc déjà que le feuilleton de 1922 se montrait plus téméraire que ce qu’il en résultera sur le grand écran trois ans plus tard ; mais ce n’est pas tout. Une autre composante intéressante de The vanishing American est la relative contemporanéité de son intrigue, puisque celle-ci est censée se dérouler de 1916 à 1919, et inclue de ce fait la Première guerre mondiale dans laquelle va s’engager l’Indien Nophaie avec le vague espoir d’y acquérir une reconnaissance de la part des Blancs ; un espoir d’ailleurs bien illusoire. Cette proximité temporelle donnait bien sûr beaucoup de force au roman comme au film, la situation révoltante à laquelle assistait le lecteur ou le spectateur de 1925 devenant alors susceptible de pourvoir être améliorée par des réformes : en jouant la carte de l’actualité, The vanishing American se donnait donc la possibilité d’être une œuvre militante. Or si la version de 1922 est celle qui dresse le constat le plus implacable, elle se refuse pourtant à envisager un quelconque remède au problème ; son dénouement nihiliste, au cours duquel Nophaie et ses frères d’infortune sont emportés par l’épidémie de grippe espagnole, fait l’effet d’une curieuse dérobade. Il en va tout autrement du roman de 1925, lequel va se teinter cette fois-ci d’une perspective progressiste de la part de son auteur, qui fait par au lecteur de ses idées volontaristes sur le « problème indien » par la voix du personnage de Nophaie et d’un de ses anciens professeurs d’université. Le discours tient en trois points : respect de la culture et en particulier des convictions religieuses, encouragement au métissage et accès à la citoyenneté. Curieusement, malgré les frilosités que j’ai soulignées auparavant concernant les deux premiers points, Harper & Brothers maintiendra intégralement ces paragraphes dans son édition. Concernant le troisième point, il est utile de rappeler qu’au moment où Zane Grey écrivait la première mouture de The vanishing American, les Indiens n’étaient toujours pas considérés comme des citoyens américains, ce qui d’ailleurs les exemptaient de conscription pour la Première Guerre mondiale : c’est donc comme volontaires que des milliers d’entre eux se sont enrôlés, comme on le voit dans le film. Leur démarche contribua, à leur retour du conflit, à lancer le débat sur l’accès des populations indiennes à la citoyenneté fédérale, et cela aboutit à l'Indian Citizenship Act signé par le président Coolidge en 1924 : une fois encore, le roman de Zane Grey s’inscrivait pleinement dans l’actualité. On peut remarquer que pour autant, cela ne signifiait pas encore pour les Indiens une pleine reconnaissance étatique, puisque le droit de vote ne leur fut ensuite accordé que progressivement, parfois 30 ans plus tard comme en Utah. Quant au film de la Paramount, comme on s’en doute, il se garde bien de prendre une tournure trop revendicatrice et élude prudemment tous ces annotations politiques du roman : à l’échelle d’un divertissement de masse, le simple fait d’avoir pris un tel sujet pour une production d’ampleur constituait déjà en soi un réel acte de bravoure qu’il convient malgré tout de saluer, malgré tous les affadissements que cela supposait. La prudence était donc de mise ; et pour preuve que l’on ne savait vraiment pas sur quel pied danser avec cette histoire, producteurs et scénaristes prirent aussi la liberté d’adjoindre à l’histoire quelques éléments de leur crû, qui comme on va le voir maintenant ne font que rendre très équivoque le propos de ce western décidément très singulier.


« Quel crime avons-nous commis, par lequel nous devons être à jamais dépouillés de notre pays et de nos droits ? » (Les Cherokees au Congrès en décembre 1829, suite aux tensions en Géorgie). Voilà bien une question qui n’attendait pas de réponse ; or de manière très inattendue, la version cinématographique de The vanishing American va se croire obligé d’en apporter une au sujet des Navajos : une réponse non pas historique, économique ou religieuse, mais… scientifique. Les deux scénaristes engagés par la Paramount pour remanier le livre de Zane Grey, dont le très estimé Lucien Hubbard, choisirent de faire précéder l’histoire d’un long préambule (environ le quart du film) dans un but d’édification non seulement historique, mais même préhistorique, voire même paléontologique, au sujet de l’occupation des grandes plaines désertiques du sud-ouest des Etats-Unis. Fascinante d’un point de vue cinématographique (j’y reviendrai), cette première partie surprend par l’idéologie violemment réactionnaire qu’elle sous-entend et qui tranche singulièrement avec le propos général du film. Le ton est donné d’emblée et sans détour par le carton introductif, qui nous donne à lire la citation la plus connue du sociologue anglais Herbert Spencer au sujet de sa théorie controversée de la « survie des plus aptes » (1864), le tout sur fond de dessins de dinosaures en train de se dévorer les uns les autres... Spencer fut en effet l’inventeur de ce que l’on nommait depuis 1880 le darwinisme social, qui entendait appliquer au champ historique et économique la théorie de la sélection naturelle – tout au moins une certaine interprétation de celle-ci. Il écrivit notamment ceci : « Si l'on dit que (…) nous dépossédons les races inférieures toutes les fois que nous avons besoin de leurs territoires, on peut répondre que, du moins, nous ne massacrons que ceux qu'il est nécessaire de massacrer et laissons vivre ceux qui se soumettent ». Quelle mansuétude ! C’est trop aimable… Placer le film sous le patronage idéologique d’un tel personnage est d’autant plus surprenant que la réfutation du spencérisme n’a pas attendu nos brillants esprits woke du XXIe siècle pour s’exprimer : elle est contrée dès la fin du XIXe siècle, et lorsque The vanishing American sort sur les écrans en 1925, elle a déjà beaucoup de plomb dans l’aile. La traduction en image de ce précepte douteux se fait alors de la manière suivante : le film prend des allures pseudo-documentaires pour évoquer la civilisation des Anasazis (ancêtres des Indiens Pueblos), connue pour ses maisons en adobe le long des falaises, en les affligeant au passage de caractérisations douteuses et arbitraires : ce peuple n’aurait été fait que d’avachis débonnaires qui poussaient l’indolence jusqu’à manquer à leurs devoirs religieux (une faute impardonnable, faut-il comprendre), autrement dit des faibles prêts à se faire exterminer par les premiers conquérants venus. Et de fait, dans les scènes suivantes, on voit des envahisseurs aux manières plus viriles venir écraser ces minables hippies tresseurs d’osier : des Attilas venus du nord qui ne sont ni plus ni moins que les Indiens Navajos dont il va être question, et dont l’historiographie officielle s’accorde effectivement à dire qu’ils provenaient – à l’instar des Comanches – de migrations depuis les régions de l’actuel Canada. Mais au moment de mourir, voilà que le dernier des Anasazis lance aux nouveaux venus une malédiction : vous nous avez méchamment génocidés, mais un jour viendra où de plus forts que vous s’occuperont de vous exterminer à votre tour, gnerk gnerk... Et l’on comprend alors où le film veut en venir avec sa citation de Spencer : venir jouer à Conan le Barbare chez ceux qui habitent un peu plus loin n’est que l’application d’une loi naturelle immuable, et il serait par conséquent fort inconvenant que tous les Indiens d’Amérique du Nord aient aujourd’hui quelque chose à redire à cette manifest destiny qui les a dépouillés de leur terre et contraints à l’exil, quand elle ne les a pas tout simplement massacrés… Vous avouerez que, pour un film dont le propos est de faire compatir le public à la cause indienne, voilà une entrée en matière qui a de quoi surprendre. Mais à l’image de ce qu’on tient à nous le faire croire à propos de ces malheureux indigènes, tout cela s’explique sans doute par une faute originelle, laquelle est sans doute due à Zane Grey : un titre comme The vanishing American était en effet susceptible d’ouvrir la porte à certains malentendus.


Le préambule se poursuit avec les conquérants espagnols, puis passe tout à coup à Kit Carson, dont un intertitre lui fait prononcer le type de réplique amenée à faire long feu dans les westerns sur les guerres indiennes, quelque chose comme « Je les ai tous tués, oui, mais c’étaient mes amis » : Ah, ces Yankees au cœur tendre ! Si toute cette première demi-heure est un peu dure à avaler sur le fond, il en va tout autrement de la forme : Lasky eut la bonne idée, sur les conseils de Zane Grey, de profiter de cette longue introduction pour mettre en valeur le formidable patrimoine géographique du sud-ouest des Etats-Unis, en particulier la zone au nord de l’Arizona et au sud de l’Utah. Tsegi Canyon, Rainbow Bridge, Grand Canyon et Monument Valley sont autant de lieux mythiques du pays des Navajos dans lesquels l’équipe de tournage est venue poser ses caméras ; autant vous dire que le résultat est d’une splendeur à couper le souffle. L'actrice Lois Wilson se rappelle d’un tournage « près de Kayenta, à cent soixante miles de la voie ferrée la plus proche, entouré d'un paysage désertique et de trente-cinq mille Indiens ». Et le rude climat de ces régions austères étant ce qu’il est, ledit tournage ne fut pas une mince affaire, et s’étala sur une durée de trois mois pour la totalité du film ; Lois Wilson témoigne également que les acteurs et l'équipe étaient logés dans les bâtiments scolaires construits pour les Indiens. Afin de parfaire le spectacle, aux paysages monumentaux furent adjoints une figuration qui l’était tout autant : un millier de Navajos furent ainsi recrutés sur place à cet effet. Quant au réalisateur George B. Seitz, le succès de The perils of Pauline en avait fait très tôt un spécialiste des films d'action : son choix paraissait dès lors particulièrement recommandé pour tourner d’amples péripéties, une tâche dont il s’acquitte ici de manière fort satisfaisante. Du côté de la distribution, il n’est guère original de reprocher au film d’avoir choisi un Blanc pour interpréter le rôle principal de Nophaie : mais pouvait-il vraiment en être autrement en 1925 ? Il s’ensuit qu’il est de bon ton de dire du mal de l’interprétation de Richard Dix, selon un préjugé que je ne partage pas du tout : une fois grimé comme il se doit, j’estime que sa performance d’acteur donne tout à fait satisfaction, notamment grâce à un jeu très mesuré. Habitué aux rôles de méchants, Noah Beery (frère de Wallace), qui nous avait déjà enchanté sur The mark of Zorro, joue avec bonheur sa partition plus outrancière ; comme je l’ai précisé plus haut, son personnage n’existait pas dans le roman de Zane Grey. Il en va de même du capitaine recruteur de l’armée, une autre création des scénaristes. La fin du film présente quelques contrepoints intéressants, le scénario faisant preuve d’une ironie mordante qui appuie le propos dénonciateur : la Bible qu’a gardée Nophaie sur lui échoue à le protéger, et sera traversée par la balle meurtrière ; et au retour d’une guerre où ils ont versé leur sang pour l’Oncle Sam dans les tranchées de la Somme, c’est à nouveau une mitrailleuse qui attend les Indiens lorsque le désespoir les pousse finalement à la révolte face à l’injustice qui leur est faite. Long de près de 110 minutes, The vanishing American apparaît donc comme une œuvre passablement schizophrénique en ce qui concerne ses intentions, passant d’une illustration des idéologies les plus implacablement réactionnaires à une courageuse dénonciation de l’humiliation faite à ceux que l’Amérique avait dépossédé depuis un siècle. On peut d’ailleurs noter que par une étrange ironie, c’est au tournage de cette première partie du film si controversée que les Indiens ont surtout prêté main forte en tant que figurants ; il faut cependant croire que les principaux intéressés ne tinrent pas rigueur au scénariste du discours frelaté qu’illustrait ce curieux préambule, puisque Lucien Hubbard reçut pour son travail sur The vanishing American un prix de la part de la nation Cherokee, ne voulant de ce fait retenir que le plaidoyer progressiste de la seconde moitié de cette œuvre qui présentait – enfin ! – les premiers habitants de l’Amérique sous un jour favorable au cinéma. Un dernier mot : le film a fait l’objet d’un remake réalisé par Joseph Kane en 1955, de moindre qualité à ce qu’il paraît mais dont je m’abstiendrai de parler davantage faute de l’avoir vu.


Pour compléter tout ce propos, je vous propose un bonus iconographique dans lequel vous trouverez un petit nombre de peintures, sculptures, photographies, dessins, allant du XIXe siècle jusqu’à 1918, tous en lien avec le thème du « vanishing Indian » que j’ai développé dans les 3e et 4e paragraphes. Vous pourrez ainsi découvrir les deux œuvres emblématiques que j’ai citées dans le texte (celles de Curtis et de Fraser), ainsi que d’autres venant les compléter, notamment des peintures de la Hudson River School. Il n’est guère étonnant que cette iconographie recoupe en partie celle que j’avais consacrée au Dernier des Mohicans, un roman à la suite duquel fut lancé une petite mode artistique du « Last of… » : les deux tableaux de Stanley et Mattesons en sont des exemples connus, mais on peut y adjoindre les peintures de paysage où est figuré le motif mélancolique d’un Indien resté seul au milieu de l’immensité. Il est un peu frustrant pour moi de balancer cette iconographie sans prendre le temps d’en parler davantage, chaque œuvre méritant bien sûr son propre et ample commentaire ; mais je n’en ai pas le temps, et ce serait aussi trop déborder du cadre fixé par Jany d’un blog consacré au cinéma de genre : je laisse donc ceux que le sujet intéresse trouver par eux-mêmes la documentation relative à ces œuvres graphiques. Quant au roman de Zane Grey, il serait bien entendu hautement recommandable d’en faire lecture, d’autant que la seconde version du texte (avec la fin non modifiée par l’éditeur) a été éditée aux Etats-Unis dans les années 1980. Oui mais voilà : The vanishing American, comme la presque totalité de l’œuvre de Grey, n’a malheureusement jamais été traduit en français et n’est donc accessible qu’à ceux d’entre nous qui sont aptes à le lire dans la langue d’Hemingway ; ce n’est pas mon cas, et c’est pourquoi je dois avouer humblement qu’à mon grand regret j’ai dû me contenter, pour rédiger dans ma présentation les paragraphes relatifs à ce roman, d’informations de seconde main puisées dans deux ou trois articles – d’ailleurs fort bien faits – que j’ai pu malgré tout glaner çà et là.


Le fichier vidéo que je vous propose en téléchargement pour le film de George B. Seitz est semble-t-il issu d’un DVD initialement de bonne qualité, mais la compression de la définition à du 640x480 donne malheureusement un résultat assez moyen, certes parfaitement regardable mais qui ne rend pas pleine justice aux belles images concoctées par les deux opérateurs du film, Harry Perry et C.E. Schoenbaum. Il bénéficie en revanche d’un bon accompagnement musical avec en prime, et j’ai trouvé cela fort drôle, des applaudissements lorsque le méchant incarné par Noah Beery est enfin démis de ses fonctions. En ce qui concerne le sous-titrage, il est le résultat de quelques heures de travail de ma part, passées à en créer les timecodes et à traduire les intertitres en anglais. Un fichier zip regroupe le film et le bonus iconographique dont j’ai parlé dans le paragraphe précédent. Suite la semaine prochaine de ce petit cycle de westerns consacrés à la cause indienne, et qui s’achèvera par un retour sur James Fenimore Cooper comme je l’avais promis à certains d’entre vous il y a quelques mois.

Un partage et une traduction de

36 commentaires:

  1. merci pour la découverte !! je cherchais justement des films muets qui sortent de l'ordinaire.

    RépondreSupprimer
  2. Merci Unheimlich pour ce texte foisonnant et de très grand intérêt.
    Je ne connaissais pas du tout ce film - comme sans doute la plupart d'entre nous - malgré le fait que j'ai fait pas mal de recherche sur le cinéma montrant favorablement les autochtones nord-américain (jusqu'au cercle polaire) ou d'après leur propre point de vue. J'avais creusé le sujet en relation avec quelques post (la plupart avec sous-titres "maison") que j'avais fait sur un site québécois bien connu et j'avoue que celui-ci était passé en dehors de mon radar peut-être parce que justement, comme vous le détaillez si bien, une fois passé à la moulinette des grands studios, il ne rentrait pas dans mes critères de recherche, pas plus d'ailleurs que "Broken Arrow". À ma connaissance il n'y a pas eu d'équivalent à "Nanook of the North", sorti trois ans avant "La race qui meurt ", concernant les indiens d'Amérique du Nord sûrement parce que le sujet ne soulevait aucune polémique. Peut-être en sera il autrement avec la déclaration de désir d'annexion du Groenland...
    Il y a bien longtemps que j'évite les productions des majors états-uniennes - le monde est si grand - en faisant toutefois quelques exceptions, celui-ci pourrait en être une à titre de curiosité.
    Pour conclure, encore merci pour cette lecture très enrichissante et tout le temps consacré à notre édification et à la réalisation de ce post.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Bonjour
      Merci pour vos réactions encourageantes.
      Le célèbre "Nanook" entre bien sûr dans cette catégorie de films parfois qualifiés de "reform dramas" et destinés à présenter les premiers habitants du continent sous un jour favorable et évoquer les torts qui leur ont été faits au nom de la civilisation. Mais ce petit cycle de posts que j'entame ici et qui va se poursuivre durant le mois de février ne va se concentrer que sur la question des Indiens des grandes plaines de l'Ouest : c'est en effet ma passion pour le western qui m'a emmené vers ce sujet.
      Et donc, suite la semaine prochaine !

      Supprimer
  3. Formidable ! Immense merci pour le film ! (même si je ne suis pas d'accord avec la proposition "(…) Indiens d’Amérique du Nord, lesquels ne furent pas victime d’un « génocide » comme le disent hâtivement ceux qui se complaisent dans l’outrance (…)" ; (en tant qu'enseignant de droit, j'évite de me "complaire dans l'outrance" et je me souviens que la première raison qu'ont eu les E.U. de refuser la compétence de du TPI de La Haye est la crainte, fondée, d'être poursuivis pour crimes contre l'humanité). Et je suppose qu'entre cinéphiles on doit pouvoir papoter sereinement.)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Bonjour
      N'ayant aucune compétence en droit, je ne peux que m'incliner lorsque vous remettez en cause cette critique que je fais de l'emploi du mot "génocide" à propos des Indiens en Amérique du Nord. Mon intention était juste de dire que le gouvernement US ne s'est jamais assis autour d'une table en disant "Ordre du jour : Nous allons procéder à l'extermination des indigènes", mais qu'il s'y sont pris d'une manière plus hypocrite pour les déposséder.
      Dans le même ordre d'idée, on cite généralement la célèbre phrase du général Sheridan "Le seul bon Indien est un Indien mort" comme preuve indubitable d'une volonté d'extermination, mais sans jamais se demander si cette phrase atroce représentait une opinion générale des autorités politiques et militaires du pays, ce qui n'était sûrement pas le cas. D'ailleurs, il semble même que des historiens remettent en cause le fait que Sheridan ait dit cela, ou tout au moins le contexte dans lequel elle a été prononcée.
      Il semble qu'il existe malheureusement des moyens perfides de détruire une civilisation sans procéder à l'élimination physique et systématique de ceux qui la composent, s'il s'agit bien là de la définition d'un génocide, tout au moins dans son acceptation la plus brutale et restrictive.

      Supprimer
    2. Un mot encore : Ward Churchill est l'universitaire qui a beaucoup oeuvré pour qualifier de génocide le sort des Amérindiens. Mais il semble être un chercheur polémique, qui a été remis plusieurs fois en cause. A juste titre ? Je n'en sais rien ; je ne l'ai pas lu, et je n'ai absolument pas les compétences (droit, histoire,...) pour en juger. Mais si je trouve un jour quelque chose d'accessible à lire sur le sujet, cela m'intéresse.

      Supprimer
    3. Bonjour bonjour,
      Bon, de toute façon, il n’y a pas de réponse tranchée.
      Pour certains, pour qu’un ensemble d’actions soient qualifiées de génocide il faut qu’il y ait eu un « plan d’ensemble concerté », ce qui n’est pas le cas aux Etats-Unis.
      Pour d’autres intentionnalité et préméditation ne sont pas nécessaires pour qualifier de génocide des crimes commis à l’encontre de populations civiles.
      Ce que je souhaitais simplement relever est qu’il est possible de qualifier les crimes commis contre les « native americans » de génocide sans pour autant être outrancier.
      (et encore merci pour les films et leur présentation !)

      Supprimer
    4. Merci Marc pour ces liens et ces commentaires fort intéressants. Et tout à fait d'accord pour "Danse avec les loups", faux film pro-Indien qui élude piteusement la plupart des problématiques.
      En revanche, mon post ainsi que tous ceux qui vont suivre visent à démontrer qu'il est faux de cantonner, comme vous semblez vouloir le faire, le western pro-Indien à la seule période de la contre-culture des années 70, comme si personne n'y avait jamais songé avant. Il y a toujours eu des westerns pro-Indiens (sauf peut-être dans les années 40) ; ils sont certes marginaux, faits avec les conventions de leur époque mais il suffit juste de fouiller un peu pour les dénicher et les mettre en valeur, comme je vais tenter modestement de le faire pendant quelques semaines.

      Supprimer
    5. Merci Unheimlich de me donner l'occasion de réviser mon opinion et d'enrichir mes connaissances, j'attends ça avec impatience.

      Autre petite anecdote cinéphile (et sur le renouveau des arts amérindiens) pour la route:
      Will Sampson le "Grand Chef" dans "Vol au dessus d'un nid de coucou" se considérer avant tout comme un peintre et accessoirement acteur.
      On parle très brièvement de lui dans le film "Mekko - 2015 - Sterlin Harjo".

      Supprimer
  4. Beau travail ! 🙏🏼🙏🏼🙏🏼🙏🏼

    RépondreSupprimer
  5. Merci pour ce trésor. En attendant la suite.

    RépondreSupprimer
  6. Encore Merci Unheimlich, les textes et les partages sont toujours aussi pertinents.

    RépondreSupprimer
  7. Merci beaucoup pour ce travail et le partage

    RépondreSupprimer
  8. Merci ! Gary Cooper devrait être figurant dans ce film. L'auriez vous reconnu? Pas facile...

    RépondreSupprimer
  9. A propos de la citation du Général Sheridan, Dans son ouvrage : "Debout sur la terre sacrée. Black Elk, vie et destin d'un visionnaire", Joe Jackson écrit la chose suivante. Je cite : "Sheridan ne jurait que par les démonstrations de force et l'écrasement de l'adversaire, tactique qu'il estimait nécessaire pour remporter des victoires et obtenir la paix. il eut beau plus tard s'en défendre, il est souvent cité pour avoir prononcé le tristement célèbre :""Les seuls bons Indiens, sont les Indiens morts"", qui devient emblématique de sa politique indienne. La phrase qu'il prononça vraiment était encore plus brutale. Alors qu'il se rendait aux militaires au cours de l'hiver 1868-1869, le chef comanche Tosani dit :""Tosani, bon Indien"", sur quoi Sheridan répliqua :""Les seuls bons Indiens que j'ai jamais vus étaient morts.""

    Rappelons que la politique indienne de Sheridan était, comme lors de la guerre de Sécession, : "d'appliquée la politique de la terre brûlée..."
    Malgré la volonté du président Grant de réorganiser le Bureau des Affaires Indiennes (dont le rôle a été, dans une large mesure, de ne pas défendre les droits des Indiens, mais plutôt de contribuer au pillage de leurs ressources par de grandes sociétés industrielles ou commerciales), il choisit pourtant de confier le commandement du Corps d'Armée des Grandes Plaines au Général Sheridan, partisan et architecte, redisons-le, de la Guerre Totale contre les Indiens.
    Cette même politique a été répétée par le Général Sheridan pour l'extermination systématique des grands troupeaux de bisons. Pour illustrer ce propos : "Le long de la ligne du Santa Fe Railroad, un million de bêtes abattues furent abandonnés." (Voir le documentaire, diffusé sur Arte, en trois partie, "Bison : une histoire de l'Amérique"). Il n'est pas nécessaire de rappeler le lien spirituel et mystique qui relie les peuples Indiens des Grandes Plaines aux bisons, avec l'impact criminel que cela a eu sur leur mode de vie et cosmovision.

    Tout ceci pour illustrer que le terme de "génocide" me semble approprié puisque, comme il est souligné dans la citation plus haut, le Général Sheridan (désigné par le président Grant) a été l'architecte de la politique d'extermination contre les Indiens.
    Que dire, enfin, des couvertures contaminées par la variole (au Canada). Pour exemple, le Général Jeffrey Amherst ordonne au Colonel Henry Bouquet de "répandre la variole parmi la vermine." Bouquet ... lui répondit : "J’essaierai d’inoculer les salauds avec des couvertures qui pourraient leur tomber entre les mains, et je veillerai à ne pas attraper moi-même la maladie." L’échange se termina par la réponse d’Amherst, tout aussi explicite : "Vous ferez bien d’inoculer les Indiens au moyen de couvertures, ainsi que de tout autre moyen pouvant servir à extirper cette race exécrable."
    La volonté d'exterminer les Peuples Indiens réponda

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci d'avoir porté à ma connaissance la série "Bison : une histoire de l'Amérique" de Ken Burns (très bon documentariste) dont le narrateur est N. Scott Momaday, un des écrivains du renouveau artistique amérindien.
      Ceci dit, je n'ai trouvé que deux épisodes et pas de trace d'un troisième; est-ce une erreur de votre part ou bien c'est moi qui ai mal cherché ?
      En tous cas, 2 ou 3, c'est mon programme pour ce soir.

      Supprimer
    2. Bonjour,
      Oui, effectivement, erreur de ma part, le documentaire que j'ai vu sur Arte (d'une durée de 3h41 et diffusé en trois parties sur la chaîne) se compose bien de deux parties.
      https://boutique.arte.tv/detail/bison-une-histoire-de-lamerique

      Supprimer
    3. Encore un oubli de ma part qui est impardonnable (trop de références dans mes archives). Marcel Grondin et Moema Viezzer ont publié en 2018 : "Le Génocide des Amériques. Résistance et survivance des peuples autochtones", ouvrage qui pose et tente de répondre à la question: "qu'est-ce qu'un génocide", pour le cas des Indiens d'Amérique.
      Voilà, j'arrête d'encombrer votre Blog avec mes références.

      Supprimer
    4. Encombrez, encombrez, il en restera toujours quelque chose.

      Supprimer
  10. répondait bien à une volonté politique pleinement assumée (je complète la phrase tronquée).

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Voilà donc le cas de Sheridan réglé, et les bisons et le Canada.
      Reste à éluder ce mystère : si le gouvernement américain avait donc planifié une extermination à la manière de vulgaires nazis, force est de constater qu'il a échoué. Trop de mou dans la gâchette ?
      Bien entendu, on ne peut que se réjouir de cet échec, et les quelques massacres au cours desquels les fusils n'ont pas eu l'idée opportune de s'enrayer constituent déjà une terrible tache dans l'histoire du pays.

      Supprimer
    2. lire : "élucider", et non pas "éluder", bien sûr.
      Si c'est le vocabulaire qu'on massacre, maintenant...

      Supprimer
    3. Je partage votre propos, il n'existe (à m

      Supprimer
    4. Mauvaise manip. Je partage donc votre propos, il n'existe (à ma connaissance et pour le moment) aucune preuve historique pour affirmer que la confédération américaine ait planifié un plan structuré d'extermination des Peuples Indiens. Un ouvrage passionnant à conseiller qui aborde cette question, entre autres, James Wilson : "La terre pleurera. Une histoire de l'Amérique Indienne."

      Supprimer
    5. Encore un oubli de ma part qui est impardonnable (trop de références dans mes archives). Marcel Grondin et Moema Viezzer ont publié en 2018 : "Le Génocide des Amériques. Résistance et survivance des peuples autochtones", ouvrage qui pose et tente de répondre à la question: "qu'est-ce qu'un génocide", pour le cas des Indiens d'Amérique.
      Voilà, j'arrête d'encombrer votre Blog avec mes références

      Supprimer
    6. Promis, cette fois-ci, c'est la dernière référence. Article de Anne Garrait-Bourrier (2015): "Du génocide « éprouvé » à l’ethnocide affirmé. Les Indiens d’Amérique aux confins des définitions".

      Je cite : "La période des années 1990 aux États-Unis correspond à un retour de l’argumentaire en faveur du génocide [...] Il est par ailleurs un élément troublant que les historiens spécialistes d’Hitler et de la Shoah commencent également à mettre au jour dans la seconde moitié du XXe siècle. En effet, dans de nombreux travaux, des chercheurs vont souligner la fascination d’Hitler pour le massacre des Indiens et la réelle inspiration que l’exemple américain a représenté pour lui, dans les fondements mêmes de son projet génocidaire. L’article de Lia Mandelbaum, « Hitler’s Inspiration and guide : the native American Holocaust », souligne non seulement l’étrangeté de ce lien, mais aussi l’incontestable réalité de cette influence :

      "Il est difficile de dire jusqu’à quel point Hitler s’est inspiré de l’exemple américain de destruction des nations indiennes ; cependant, d’effroyables parallélismes peuvent être faits. Pendant un temps, Hitler envisagea de déporter les Juifs dans une vaste « réserve » dans la zone de Lublin où le projet était d’en diminuer le nombre par la famine et la maladie."

      John Toland, historien américain décédé en 2004, célèbre pour sa biographie d’Hitler, écrit :

      "Le concept des camps de concentration d’Hitler de même que l’aspect pratique du génocide doivent beaucoup, et il en convenait lui-même, à ses études de l’histoire britannique et américaine. Il admirait les camps de prisonniers des Boers en Afrique du Sud et l’histoire des Indiens dans l’Ouest sauvage ; dans son cercle d’intimes, il valorisait souvent l’efficacité de l’extermination américaine – par famine et combats sporadiques – des peaux rouges, qui ne pouvaient être domptés uniquement par la mise en captivité. (Toland, 1976, 202)"

      Il est dès lors tristement ironique de constater cette inversion surprenante qui veut que les instances internationales (ONU, Cour pénale internationale) refusent aux Indiens l’accès à une « définition » acceptée du génocide, alors même qu’il est historiquement mis en évidence que le massacre des Indiens fut l’une des sources d’inspiration d’Hitler.

      Supprimer
    7. Même si nous ne sommes pas d'accord, merci en tout cas pour toutes ces références précises dont j'ai pris bonne note.

      Supprimer
    8. Merci aussi à vous pour l'échange de point de vue (le désaccord fait la richesse du débat) qui m'a permis de requestionner (et retrouver mes réflexions passées) le sujet très épineux du "génocide" des Peuples Indiens.
      Et, à nouveau, merci surtout pour le travail fantastique réalisé sur votre Blog. J'ai pris un plaisir fou à revoir toute la série des Sherlock Holmes.

      Supprimer
  11. J'oubliais l'essentiel, merci à vous pour ce blog fécond et riche en découvertes filmiques.

    RépondreSupprimer
  12. Bonjour à tous, j'ai découvert ce blog récemment, mais je pense pouvoir déjà vous féliciter pour l'engagement et le matériel que vous mettez en lumière.
    Merci surtout pour ce film (je pensais que les sous-titres étaient séparés, y a-t-il un moyen de les extraire, afin de les traduire ?).
    Pour rester plus ou moins sur le thème du cinéma muet, j'ai lu récemment "Tartarine sur les Alpes", d'Alphonse Daudet, que j'ai trouvé très drôle.
    J'ai découvert que la RAI italienne en avait fait un drame en 4 épisodes, et il y a un film de 1921 (!) réalisé par Paul Barlatier et Henry Vorins,
    https://www.imdb.com/it/title/tt0953613/
    que je ne trouve nulle part.
    Quelqu'un a des nouvelles ?
    Salutations d'Italie.

    RépondreSupprimer
  13. Quelle analyse..félicitations amplement méritées comme d'habitude pour ces explications pour cette adaptation d'un roman de Zane Grey
    travail remarquable de recherches et de travail effectué en plus..chapeau bas Monsieur Unheimlich

    RépondreSupprimer
  14. un grand merci pour toutes ces lectures, nourritures et merci Unheimlich pour ce super post et l'intérêt apporté

    RépondreSupprimer
  15. peut être intéressant pour certains doc ARTE de 2021
    " Exterminez toutes ces brutes
    sur les génocides liés aux colonialisme européen

    ( si introuvable peut être mis à dispo

    RépondreSupprimer
  16. Merci beaucoup pour ce partage et cette magnifique fiche de présentation

    RépondreSupprimer

TAGS

007 (1) 1080p (7) 720p (5) Action (789) Adrián Cardona (2) Adult Zone (4) Alternate Versions (79) Alyssa Milano (2) Angela Bettis (3) Animal (190) Animation (95) Anna (2) Asia (759) Aventure (464) BD (16) BEST (26) BR (2) Bab Rippe (2) Bande dessinée (1) Best of (1) Bestiole (35) Bike (2) Biopic (173) Blue Bob (1) Bollywood (33) Book (7) Boris Karloff (5) Bottom (7) Bruce Campbell (12) Bruce Lee (2) Buddy Movie (1) Cannibal (19) Car (52) Carla Gugino (2) Carrie Fisher (3) Cassandra Peterson (2) Casse (15) Cat 3 (3) Catastrophe (26) Cheerleaders (3) Chloë G Moretz (1) Chow Yun-Fat (6) Christina Lindberg (3) Christina Ricci (10) Christophe Lambert (8) Chuck Norris (16) Clown (1) Colargol (6) Comédie (794) Comédie dramatique (291) Concert (85) Coup de Coeur (5) Court-métrage (128) Danielle Harris (1) Danse (1) Debbie Rochon (4) Decalogue (1) Demon (31) Dennis Hopper (12) Diable (22) Dina Meyer (2) Dinosaures (16) Director's Cut (51) Director's Recut (1) Documentaire (313) Dogme95 (3) Drame (1986) Drew Barrymore (4) Eliza Dushku (2) Elvin Road (17) Erotique (202) Espionnage (46) Expérimental (31) Extended (39) Extraterrestre (65) FWilliams (1) Fake (1) Fan Edit (56) Fan Film (6) Fan R (241) Fantastique (762) Fantome (20) Film de gangsters (7) Film noir (78) France (57) Fée (2) Game (22) Gene Tierney (1) George A. Roméro (18) Giallo (28) Gillian Anderson (4) Godzilla (4) Gore (63) Guerre (250) HDLight (20) Halloween (6) Hammer (22) Hentai (4) Historique (103) Horreur (1056) Humphrey Bogart (8) Hypérion (38) Héroic-Fantasy (7) Inclassable (8) Info (28) Integrale (28) Interview (1) Jaco Van Dormael (4) Jacqueline Bisset (2) Jamaica (6) Jason (2) Jaws (9) Jennifer Jason Leigh (18) Jessica Alba (1) Jesus Franco (25) Jodie Foster (5) John Carpenter (25) Jorg Buttgereit (1) Kaiju Eiga (8) Kari Wuhrer (6) Kelly Hu (2) Kurt Russell (14) Larioman (1) Laura Harris (1) Laure Sainclair (1) Lea Thompson (3) Leatherface (5) Leos Carax (5) Lindy Booth (2) Linnéa Quigley (7) MAJ (22) MGS (2) Mafia (1) Making of (3) Maneater (1) Manga (10) Maria de Medeiros (6) Marilyn Jess (1) Masters of Horror (1) Meiko Kaji (4) Melanie Griffith (6) Melissa George (3) Mena Suvari (1) Misty Mundae (1) Mondo (12) Mondo Cane (2) Monsters (4) Monstre (71) Muet (26) Music (237) Musical (117) Mystere (2) N&B (13) Nanar (130) Nancy Allen (10) Nasty (7) Neil Jordan (2) Nicole Kidman (3) Noël (3) Nunsploitation (2) OST (3) Open Matte (33) Pam Grier (18) Parodie (16) Payback (4) Peliculas para no dormir (6) Peplum (9) Peter Cushing (17) Peter Fonda (14) Philippe Grandrieux (1) Pinku (3) Pinky Violence (14) Policier (827) Politique (3) Portugal (1) Poupée (20) Prison (53) Producter's Cut (1) Propagande (1) RIP (50) Rape & Revenge (19) Ray Harryhausen (4) Ray Liotta (11) ReMastered N (2) Reiko Ike (10) Religion (1) Remake (76) Remastered (235) Remux/Repack (2) Robert Bronzi (5) Robocop (2) Roman (3) Romance (142) Rutger Hauer (35) Salma Hayek (2) Science-fiction (387) Secret Zone (1) Serial Killer (38) Serie (139) Shark Zone (8) Sidney Poitier (10) Sketch (32) Slasher (88) Sleepaway Camp (1) Sonny Chiba (47) Sorcière (18) Spectacle (12) Sport (82) Stalker Subtitles (5) Star Wars (6) Stephen King (37) Stuart Gordon (4) Summer Glau (5) Super-Heros (39) Survival (37) TV (23) Takashi Miike (53) The X Files (1) Thriller (1346) Tibor Takacs (3) Tobe Hooper (10) Torrente (2) Torture (47) Trash (45) Trilogie (48) Troma (14) Turkish (7) UK (5) Uncut (91) Underground (12) Unrated (32) VOSTFR (4697) Vampire (66) Vincent Price (22) WIP (6) Warning Zone (41) Werewolf (28) Werner Herzog (15) Western (269) Wim Wenders (10) X (40) Zombie (74) ZoneCulte (4) blaxploitation (86) found footage (15) klodifokan (41) school (3)