HD
(VOSTFR)
Réalisation : Lynn Reynolds
Casting : Tom Mix, Gloria Hope, Robert Walker
Durée : 57 mih
Année : 1920
Pays : USA
Genre : Western
Histoire : Tex Benton, chevauchant à travers le pays, voit une tortue, attrape un lapin et teste la vieille fable de la tortue et du lièvre ; lorsque le lapin gagne, Tex se promet de modeler son comportement sur ce style. Dans une ville frontalière, il sauve un Indien, "Bat", et tous deux deviennent amis.
MP4 HDRIP 1080p 1.26 Go VOSTFR perso
Après plusieurs posts consacrés à la carrière de Tom Mix au sein de la Selig Polyscope Company, voici un retour à sa période plus faste qui débute lorsqu’il signe en 1917 un contrat avec la Fox Film Corporation, ancêtre de la 20th Century Fox. La compagnie dirigée par William Fox avait l’année précédente achevé de transférer ses studios du New Jersey vers la Californie ; avant cela, elle produisait déjà des films dans la région de Los Angeles en louant les studios de la Selig. En 1917, William Fox envoie sur place son assistant de direction, le producteur Sol M. Wurtzel, afin d’y superviser les activités de la compagnie et de trouver les meilleures opportunités offertes par ce nouvel Eldorado de l’industrie cinématographique : c’est lui qui va amener Tom Mix dans l’escarcelle de la compagnie et faire de l’acteur une véritable star ; on lui doit également d’avoir fait décoller la carrière de Will Rogers et de Shirley Temple, ainsi que du réalisateur John Ford qui quittera la Universal pour rejoindre la Fox en 1920. Hormis ses talents de dénicheur, la contribution majeure de Wurtzel à l’histoire du cinéma fut l’élaboration du modèle économique de ce qu’on appellera plus tard le « département de la série B » au sein d’une grande compagnie de production, et cela démarra notamment avec les westerns mettant Mix en vedette, qui prennent la forme de longs-métrages à partir de 1918. Pour l’anecdote, il semble qu’un élément extérieur tout à fait inattendu contribua à l’invention de ce modèle : la grande pandémie de grippe espagnole, qui commence à ravager la côte Ouest des Etats-Unis dès le début de 1918. William Fox se résout alors à des décisions radicales, et donne l’ordre à Wurtzel de licencier le maximum d’employés et de réadapter les moyens de production en vue de limiter les risques de contagion, par exemple en proscrivant les scènes de foules. L’assistant de William Fox exécute les ordres de son patron en licenciant à tour de bras ; même Tom Mix est contraint de prendre un mois de congé sans solde au plus fort de la crise. C’est lorsque les activités commencent à reprendre timidement que Wurtzel, dans une volonté de minimiser les risques financiers autant que sanitaires, décide de se focaliser sur la production de westerns avec Tom Mix, le tournage de ce type de films ayant l’avantage d’une part de ne pas se montrer trop onéreux, et d’autre part de se dérouler au grand air : l’essor de la star va s’en trouver grandement accéléré ; quant au western de série B, il aura donc trouvé son origine dans la plus grave épidémie du XXe siècle, apparue au Kansas en mars 1918 et qui fit 600 000 morts rien qu’aux Etats-Unis.
« The Texan » est un long-métrage à six bobines sorti en octobre 1920 ; la carrière de Tom Mix est alors en pleine ascension : entré à la Fox comme vedette du western payée 350 dollars la semaine, il est en train de devenir une grande star dont les salaires s’envolent, et qui feront bientôt de lui un millionnaire. Par conséquent, les budgets de ses films – désormais exclusivement des long-métrages de 5 ou 6 bobines - s’accroissent eux aussi ; qu’importe, ils restent largement rentables car le succès public et au rendez-vous, et William Fox va lui aussi devenir millionnaire. Au sein de la compagnie, Mix travaille souvent avec les mêmes réalisateurs ; parmi ceux-ci, Lynn Reynolds – qui signe la mise en scène de « The Texan » - est celui avec lequel l’acteur travaille le plus régulièrement : de 1918 jusqu’à la mort tragique de Reynolds en 1927, ils tourneront pas moins de 19 films ensemble. Il est possible que l’acteur et le réalisateur se soient connus auparavant, car on retrouve leurs noms associés dès 1914 pour « The Mexican », un court-métrage tourné par Mix pour la Selig et dont Lynn Reynolds avait écrit le scénario. Ce dernier fit ensuite ses armes de metteur en scène à la Universal ; il rejoint la Fox en 1918 et se retrouve aussitôt à diriger Tom Mix dans « Western blood ». « The Texan » sera leur sixième film réalisé ensemble ; dans le rôle du méchant, on retrouve l’inévitable Sid Jordan, le vieux complice de Tom Mix depuis l’époque de la Selig. Le scénario du film est adapté de « The Texan, a story of the cattle country », un roman écrit deux ans auparavant par James B. Hendryx, prolifique auteur de westerns et qui en était encore à ses débuts. L’adaptation est signée par Jules Furthman, important scénariste à Hollywood mais dont les talents seront surtout ceux d’un dialoguiste du cinéma parlant ; et de fait, le scénario de « The Texan » ne révèle rien d’exceptionnel, et n’apparaît que comme une simple réactualisation, un peu plus élaborée, de ce que Tom Mix donnait à voir du temps de la Selig : de fougueux exercices de rodéo dans le but de séduire une jeune et jolie citadine venue depuis la côté Est pour, nous dit-on, « vivre l’aventure » dans les grandes plaines. Bien sûr, comme toujours avec Mix, tout cela se passe dans la bonne humeur et une insouciance très enfantine ; tout juste pourra-t-on relever une très légère pointe d’amertume dans le dénouement, l’issue des démêlés sentimentaux étant assez inattendue, mais chut ! je ne dis rien…
Certains dialogues en intertitres sont assez drôles, et il faut sans doute y voir la contribution de Furthman : voir par exemple l’échange entre le héros joué par Tom Mix et le barman de Las Vegas, qui donne lieu à une saillie fort plaisante. A propos de Las Vegas, il s’agit de la petite ville du Nouveau-Mexique dans les environs de laquelle Mix allait parfois tourner vers 1916-1917 : il faut donc sans doute voir là un clin d’œil aux années passées par l’acteur au sein de la Selig. Par rapport à cette première partie de carrière, la seule réelle innovation lors du passage à la Fox, hormis l’aspect tout de même plus élaboré des films - surtout au niveau de la mise en scène - est la mise en valeur de paysages représentatifs des beautés naturelles de l’Ouest des Etats-Unis, et la volonté de les utiliser le plus habilement possible comme support des scènes d’action : on voit cela à l’œuvre dans la dernière partie du film. A ce propos, le site imdb fait mention de Prescott, en Arizona, comme lieu de tournage de « The Texan » ; mais on sait par ailleurs qu’en 1920, Tom Mix était surtout présent dans la région de Newhall en Californie, fief de William S. Hart… La singularité des lieux dans la dernière partie les rend de toute façon reconnaissable pour qui est familier de lieux pittoresques des Etats-Unis. Notons que, comme cela se fera à nouveau dans « Riders of the purple sage », Mix et les équipes de la Fox ne montraient guère de scrupules à esquinter lesdits paysages à coups de dynamite : c’est malin, ça ! Il semble d’ailleurs qu’on retrouve encore de nos jours ce genre de pratiques répréhensibles : voir pour cela les accusations de saccage perpétré en 2014 par les équipes de George Miller dans le parc national de Dorob en Namibie, pour le tournage de « Mad Max fury road ». Un genre de western, là encore… Pour en revenir à « The Texan », l’idée du film dût plaire à ses producteurs car on en tourna aussitôt la suite intitulée « Prairie trails », toujours avec Tom Mix, toujours d’après Hendryx mais avec cette fois George Marshall à la réalisation, film aujourd’hui perdu mais dont on dit qu’il tirait encore davantage vers la comédie. Signalons enfin que contrairement à ce que l’on trouve écrit sur plusieurs sites, « The Texan » n’a rien à voir avec le film du même nom tourné en 1930 avec Gary Cooper.
Retour aux années Selig pour le film bonus, histoire de vérifier que comme je l’écrivais plus haut, rien ne change vraiment dans l’univers bon enfant de Tom Mix lorsqu’il passe à la Fox. Dans ce court-métrage tourné durant l’été 1916 et intitulé « Local color on the A-1 ranch », on trouve donc déjà la jolie fille sophistiquée venue de la ville, venue chercher l’authenticité rurale des plaines de l’Ouest, et qui comme on s’en doute ne sera pas insensible au charme de notre vigoureux cowboy ; bien sûr, Sid Jordan fait partie du casting. Cette comédie sans prétention est la sœur jumelle de « An angelic attitude », que Tom Mix tournera dans la foulée et que je vous avais présentée dans un autre post : l’argument scénaristique des deux films est identique, avec ce personnage de la citadine au tempérament artiste, venue chercher de la « couleur locale » et à qui quelques cowboys facétieux vont s’amuser à donner le change. Comme toujours dans ces films tournés par l’acteur pour William Selig, la mise en scène est assez rudimentaire, même si on constate à certains moments que Mix essaie timidement de rendre sa caméra moins statique qu’à l’habitude. Quant à la farce proprement dite, je l’ai trouvée finalement assez réussie, et j’avoue avoir ri de bon cœur en voyant Tom Mix se mettre des fausses moustaches pour ressembler à Buffalo Bill, ainsi qu’à quelques répliques qui caricaturent gaiment le côté « Attention, nous les gars de l’Ouest on n’est pas des finauds », un peu du même goût que celles que je mentionnais au sujet du long-métrage de la Fox. Tout cela n’est pas du grand cinéma, certes ; mais le plaisir que l’on sent chez Tom Mix à mettre en images quelques bonnes blagues un peu rustres finit par rendre sa bonne humeur naturelle très communicative, même si l’on regrette qu’il ne nous ait pas gratifié cette fois-ci d’une ou deux cascades équestres. La jeune femme est jouée par Victoria Forde, qui succéda en septembre 1915 à Louella Maxam pour les rôles féminins dans les films de Tom Mix ; elle le suivit à la Fox, et devint sa quatrième épouse en 1918. Long d’une seule bobine, « Local color on the A-1 ranch » a été tourné aux abords de cette petite ville de Las Vegas qui est évoquée dans « The Texan ».
LOCAL COLOR ON THE A-1 RANCH (1916)
Court-metrage 13 min VOSTFR
La nouvelle est tellement bonne que j’aurais peut-être dû commencer par là : le fichier vidéo de « The Texan » est d’une excellente qualité ! Certes tout n’est pas parfait : pas d’accompagnement musical, des sautes d’images comme souvent dans les films muets, etc ; mais enfin, la copie est quasiment complète, en bon état, numérisée avec soin et en HD s’il vous plaît ! Cela fait vraiment plaisir à voir, on a l’impression de redécouvrir Tom Mix, qui pour une fois sera davantage qu’une simple silhouette. Merci qui ? Merci mille fois à l’Institut du Film Danois, qui a retrouvé cette copie destinée au marché local dans ses archives et a eu la gentillesse de la mettre à disposition du public. Les intertitres sont donc en danois, et j’en ai effectué la traduction directe par comparaison de plusieurs traducteurs automatiques, mais surtout pas en utilisant les sous-titres espagnols dont je me méfie comme… euh… comme d’un western tourné à Almeria. Quant à « Local color on the A-1 ranch », la copie est nettement moins bonne (ne vous fiez pas à la haute résolution), et je l’ai sous-titrée par traduction directe des intertitres originaux en anglais.
Un partage et une traduction de












Mille mercis.
RépondreSupprimerMerci UH.
RépondreSupprimerMerci beaucoup pour ces raretés.
RépondreSupprimerJohn49
Merci bien
RépondreSupprimer