mercredi 1 mai 2024

ON THE NIGHT STAGE

 (VOSTFR)


Réalisation : Reginald Barker
Casting : William S. Hart, Robert Edeson, Rhea Mitchell, Herschel Mayall
Durée : 63 min
Année : 1915
Pays : USA
Genre : Western

Histoire : Un voleur de diligence tombe amoureux d'une fille de saloon. Cependant, elle tombe amoureuse d'un pasteur, qui la convertit ; elle l'épouse. Le voleur en est tellement impressionné qu'il décide de tourner la page...


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J’avais entamé l’an dernier cette rétrospective consacrée à William S. Hart par quelques œuvres marquantes dont « The bargain », tout premier long-métrage interprété par cet acteur passionné par l’Ouest, et un film qui allait faire date dans l’histoire du western. Pour rappel, l’obtention par Hart de cette opportunité de jouer dans un film à 7 bobines (réduit à 5 par la suite) fut le fruit d’âpres négociations avec son producteur et ami Thomas H. Ince, lequel commençait à avoir de sérieux doutes sur la viabilité financière des films de ce type, qu’il considérait comme déjà surabondants sur le marché. Il faut croire que Hart sut se montrer convaincant, car Ince produisit pour lui non pas un seul mais deux long-métrages. En effet, aussitôt après que l’équipe de tournage de « The bargain », de retour d’Arizona, eut tourné quelques plans additionnels dans l’immense ranch de Thomas Ince en Californie (75 km², de la mer jusqu’au canyon de Santa Ynez), elle enchaîna avec un second film intitulé « On the night stage » ; nous sommes alors au début du mois d’août 1914, et il s’agit d’un métrage à 5 bobines pour lequel on retrouve à la caméra le réalisateur Reginald Barker et l’opérateur Robert Newhard. Le carton de présentation montre un ordre protocolaire qui traduit à lui seul les hésitations de Ince ; ainsi est-on surpris de ne trouver Hart qu’en quatrième position du casting, même s’il n’y a rapidement aucun doute sur le fait qu’il a bel et bien le rôle principal, au moins à égalité avec Robert Ederson et Rhea Mitchell : la preuve en est que le film s’ouvre et se ferme avec son personnage. J’ai évoqué les réticences de Thomas H. Ince, or c’est une surprise de taille qui l’attendait, et fort réjouissante : l’avant-première de « The bargain » fut un incroyable succès, et le producteur put aussitôt revendre le film à Famous Players avec un bon bénéfice. Ince décida alors de reporter la sortie de « On the night stage », afin de voir le meilleur parti qu’il pouvait tirer de cette situation inattendue. Entre-temps, William S. Hart était reparti jouer dans les théâtres de la côte Est, déçu par cette expérience au cinéma durant laquelle il n’avait été payé que 75 dollars par semaine, en n’ayant pas même obtenu le contrat d’un an qu’il espérait. Mais il comprend que quelque chose a changé lorsque quelques mois plus tard, il reçoit un télégramme de Ince lui proposant un salaire de 125 dollars par semaine et un contrat d’un an pour officier à la fois comme premier rôle et comme réalisateur ; le comédien accepte aussitôt, et repart pour la Californie à la fin de l’année 1914. C’est à ce moment que s’effectue le véritable lancement de William S. Hart en tant que grande star de cinéma. En commerçant avisé, Thomas Ince avait donc gardé sous le coude un produit d’appel substantiel pour sa nouvelle marque : ce sera « On the night stage », qui après quelques courts-métrages à deux bobines avec Hart, peut enfin sortir sur les écrans en avril 1915.


Sur bien des aspects, formels notamment, ce deuxième long-métrage de Hart se situe dans la continuité du premier ; tandis que sur le fond, il contient quelques prémisses du suivant, « The darkening trail », que je vous ai présenté il y a deux semaines. Il est évident pour commencer que le projet de Ince se situe dans la continuité de « The bargain », visant à installer Hart dans le rôle du hors-la-loi qui entreprend son rachat ; les deux films ont par ailleurs en commun un même metteur en scène en la personne de Reginald Barker, un des plus compétents de son époque. A l’inverse, « On the night stage » marque un changement de scénariste dans la filmographie naissante de Hart, puisqu’il s’agit de sa toute première collaboration avec C. Gardner Sullivan, dont on sait l’influence déterminante qu’il aura par la suite ; et rappelons que c’est Sullivan officiera l’année suivante sur « The darkening trail ». Mais commençons par la forme : il semble désormais à peu près certain que le savoir-faire de Barker a contribué à la réussite de certains films de Ince, et « The bargain » se distinguait par une réalisation très maîtrisée et à la pointe de la modernité de l’époque ; n’oublions pas que tout cela est antérieur à « The birth of a nation » de Griffith, et les films proposés alors au public étaient encore en très grande majorité des courts-métrages d’une à deux bobines. Il résulte de cette nouvelle collaboration avec Barker une réalisation efficace dans son découpage et ses choix de cadrages, même si elle n’offre pas cette fois-ci de morceaux de bravoure comparables à ceux qui émaillaient « The bargain », dont on se souvient par exemple de ses scènes d’action très réussies ou encore d’un panoramique virtuose dans le saloon. Rien d’aussi mémorable cette fois-ci, si ce n’est une bagarre générale dans un dancing tout de même assez spectaculaire ; depuis le succès de l’adaptation de « The spoilers » avec William Farnum, ce type de scène commençait à être un lieu commun du western, dont plus tard le réalisateur Ray Enright fera sa spécialité. Une des ressemblances les plus frappantes entre « The bargain » et « On the night stage » concerne leurs démarrages quasi identiques, à savoir le générique et une scène d’ouverture qui montre le hold-up d’une diligence. Pour rappel, le générique de « The bargain » se singularisait par son procédé très archaïque qui renvoyait directement à l’univers du théâtre : les comédiens venaient saluer le public en tenue de soirée, tandis qu’un fondu cinématographique les faisait progressivement apparaître sous les traits de leur personnage à l’écran. Le même procédé est repris dans « On the night stage », avec une fois encore un traitement un peu particulier pour William S. Hart, seul à rester en costume ; puis le film proprement dit démarre avec son personnage, filmé dans un très beau plan d’ensemble où l’on voit l’homme et le cheval traversant le paysage selon la diagonale du champ, suivis ensuite par un léger panoramique de la caméra. Il est dommage que la mauvaise qualité de la copie altère considérablement le rendu de cette scène, qui est en outre assez sombrement éclairée du fait d’une maladresse dans la conception générale du scénario : pourquoi donc avoir voulu qu’il s’agisse d’une diligence de nuit ? Car comme le titre du film le laisse présager, un certain nombre de scènes revêtent un caractère supposément nocturne. Or non seulement cela n’apporte strictement rien à l’intrigue, mais paraît en outre assez douteux d’un point de vue historique : les diligences de l’Ouest ne circulaient que très rarement la nuit, surtout dans les contrées les moins sûres comme c’est le cas ici. Mais pis encore, la technique dite de la « nuit américaine » s’avère ici particulièrement défaillante, du fait qu’elle n’est justement pas corrélée à des éléments de scénario : sans connaître précisément l’évolution de cette technique (l’utilisation correcte des filtres, notamment), je sais toutefois qu’elle suppose une adhésion tacite du spectateur qui lui est apportée par des éléments d’ordre diégétique. En gros, nous ne distinguerions une nuit américaine d’une scène sous-exposée que parce que l’intrigue induit que ce que nous voyons à l’écran ne peut se passer que la nuit ; de ce point de vue, un simple carton indiquant « At night », comme c’est le cas ici, ne saurait suffire, surtout lorsqu’on nous montre ensuite une diligence évoluant sur une route escarpée. Les films ultérieurs de William S. Hart abonderont en scènes nocturnes (« Wolf Lowry », « The testing block », « The toll gate », « Wagon tracks »), mais l’opérateur Joseph H. August saura se montrer beaucoup plus convaincant, soit en utilisant de meilleurs filtres, soit en tournant de nuit à l’aide de puissantes lampes à arc.



Du point de vue du scénario, ce que proposent Ince et Sullivan dans « On the night stage » contient autant de propositions intéressantes que de maladresses dont on vient d’ailleurs de voir un exemple. Tout en assurant la continuité avec « The bargain » dont le schéma général servira de matrice pour la suite, ce nouveau scénario laisse quant à lui entrevoir la tonalité assez sombre qu’adopteront certains autres longs-métrages de Hart. Si son personnage habituel de « good badman » est bel et bien présent ici, c’est dans une modalité différente de celle qui avait été esquissée dans le long-métrage précédent, car il n’y a pas cette fois-ci de réformation par amour. Tout juste le bandit au cœur tendre se montre-t-il un instant confronté à un dilemme de ce type suite à une parole prononcée par un pasteur ; or il choisira finalement de rester du mauvais côté de la loi. On constate même une sorte d’inversion du schéma, car c’est en partie par amour (non partagé) que le personnage fait ce choix ; mais plus encore, l’inversion se fait au niveau même des protagonistes, puisque c’est cette fois-ci le personnage féminin qui va entreprendre son rachat moral, après être tombée amoureuse d’un homme d’église : de prostituée (ou fille de dancing plus exactement, mais tout le monde a compris), elle va se muer en épouse modèle, tout en étant ensuite mise à l’épreuve par des tentations liées à son ancienne vie. « On the night stage » propose donc une variante significative par rapport au schéma canonique institué par « The bargain », mais qui a l’inconvénient de diluer le dilemme moral dans deux personnages distincts, au risque d’en atténuer la portée. Elle présente toutefois l’avantage d’ouvrir la voie pour William S. Hart à un ton plus pessimiste qui se fera jour dans des films ultérieurs ; car au-delà de la rédemption de l’anti-héros, que ce soit par amour ou par autre chose, il s’agit cette fois de bâtir un récit sur l’impossibilité de cette rédemption, le personnage s’étant engagé trop loin sur la mauvaise pente pour pouvoir espérer en revenir. Dans cette version triste et désenchantée du « good badman », même si le basculement moral s’est effectué dans le bon sens, c’est le retour effectif parmi la communauté des hommes qui ne peut plus se faire, et le personnage se retrouve dès lors condamné à l’errance du damné. Ce constat d’échec est explicite dans ce film comme il le sera dans « Blue blazes Rawden », ou dans ce superbe chef-d’œuvre crépusculaire qu’est « The toll gate » ; mais il est également suggéré dans les autres grandes réussites de Hart que sont « Hell’s hinges » et « The Aryan ». Dans « On the night stage », bien que le résultat soit plus mitigé, cela nous vaut néanmoins un final particulièrement émouvant qui sauve à lui seul le film, et cela non seulement de son fatalisme amer, mais aussi par la mise en mots et en images qu’en donnent Hart et Sullivan. Ainsi tout s’achève sur un très beau plan accompagné de son intertitre, et qui inaugurent tous deux un thème amené à devenir essentiel par la suite non seulement chez William S. Hart, mais également chez Tom Mix et toutes les grandes vedettes du western : la complicité entre l’homme et son cheval. Et ce n’est pas au célèbre Fritz, qui n’a pas encore fait son apparition à l’écran, que Hart adresse ici ce touchant hommage, mais à Midnight, cette superbe monture noire que l’on avait vue à l’œuvre dans « The bargain », et dont le nom fait écho non seulement au titre de ce nouveau film, mais à cette nuit symbolique à laquelle le personnage est condamné : la puissance poétique qu’atteignent parfois les films de Hart ne constitue pas la moindre de leurs qualités.



Par ailleurs, tout en se situant dans une certaine continuité par rapport « The bargain », ce deuxième long-métrage de Hart annonce également par certains détails le suivant, « The darkening trail », lequel reste une œuvre assez singulière de sa filmographie comme on l’a vu il y a deux semaines. Notons tout d’abord qu’en comparaison du film qui le précédait, « On the night stage » accentue encore davantage la teneur mélodramatique du scénario, lequel est cette fois axé sur un classique triangle amoureux. Or dans cette histoire, on constate que les dispositions morales de l’anti-héros interprété par Hart sont à peu près identiques à ce qu’elles seront dans « The darkening trail ». Dans les deux cas, le personnage fait preuve d’une étonnante abnégation lorsque, s’apercevant que son amour n’est pas partagé, il choisit de se retirer sans trop faire de vagues face à un rival plus chanceux ; cette attitude apparaît d’autant plus chevaleresque que d’une part cette bienveillance semble aller à l’encontre du naturel a priori plutôt rugueux du personnage, et que d’autre part elle se poursuit même après que l’imbroglio sentimental ait été dénoué en sa défaveur. Les deux films ont également en commun un autre personnage, celui du bellâtre corrupteur des vertus féminines, ici relégué au second plan mais qui deviendra central dans « The darkening trail », et qui insufflera à ce troisième long-métrage de Hart toute sa noirceur délétère. Enfin, un trait particulièrement saillant que partagent ces deux œuvres réside dans le statut du personnage joué par Hart, qui est celui du vengeur puritain, sorte de bras armé d’une moralité stricte et inquisitrice : pas question pour la jeune épouse de s’adonner au moindre libertinage, car ce serait commettre là une faute bien plus répréhensible que celle consistant, par exemple, à braquer des diligences… « On the night stage » est un film où, dans un esprit très victorien, l’homme d’église s’en va secourir la prostituée prisonnière de sa débauche ; et une fois la belle effrontée remise sur le droit chemin, ce curieux bandit à l’austérité presbytérienne prend la relève afin de surveiller que la bienséance conjugale restera strictement respectée. Cet état d’esprit farouchement réactionnaire, placé sous le signe d’une religiosité punitive, et où déroger aux bonnes mœurs sexuelles prend la gravité d’un crime, est sans doute l’aspect le plus singulier de l’œuvre commune de Hart et de Sullivan ; il prendra dans « Hell’s hinges » une tournure eschatologique tout à fait spectaculaire, et provoque chez le spectateur autant d’inquiétude que de jubilation. Dans une perspective aussi radicale, le schéma des oppositions morales entre les personnages subit de curieux renversements : ainsi dans « On the night stage », l’antagonisme naturel entre la figure du hors-la-loi et celle du bon pasteur n’est qu’une façade qui n'existe que dans les mots (les déclarations du pasteur en intertitres), tandis que dans les actes c’est leur complémentarité qui se fait jour ; et c’est la grande bagarre dans le saloon qui établit ce nouveau rapport inattendu. Le bandit incarné par Hart apparaît alors comme le versant sombre et caché d’une même volonté moralisatrice, que le pasteur ne pourrait parvenir à mettre en œuvre totalement par ses seuls prêches : sa parole parvient certes à convaincre la fille perdue, mais il faudra malgré tout l’intervention de ce vengeur nocturne pour le débarrasser d’un séducteur qui menace l’ordre moral retrouvé. Notons que le pasteur restera dans l’ignorance de ce que le hors-la-loi a accompli pour lui, ce qui permet au scénario d’éviter de faire paraître la morale religieuse comme n’étant qu’une sombre hypocrisie – ce qui serait pourtant plus conforme à la réalité. Pour nous autres spectateurs, il ne s’agit pas bien sûr pour apprécier ce genre de film d’adhérer un seul instant à ces élucubrations puritaines ; mais il est important de voir, et c’est ce que j’avais souligné à propos de « Hell’s hinges » et « The darkening trail », que celles-ci s’avèrent artistiquement très fécondes, car d’une part car elles dirigent les intrigues vers les zones troubles du romantisme noir, et d’autre part car elles peuvent les orner efficacement d’un symbolisme riche et évocateur. A ce sujet, concernant « On the night stage », si je décriais d’un point de vue formel dans le paragraphe précédent la présence insistante de la nuit dans ce film, il se peut qu’elle ait été conçue par Sullivan comme un puissant symbole de cette ambivalence dans la figure du anti-héros incarné par Hart ; dans cette perspective intéressante, son personnage nocturne apparaît comme la part violente, aussi inavouable que nécessaire, de la dualité qu’il forme avec le pasteur, ce dernier incarnant la figure plus affable d’une même moralité divine aussi tatillonne qu’impitoyable, et qui fera périr le vil séducteur sous les balles d’un étrange bandit purificateur : sacré programme, non ?



Si, dans le post qui lui était consacré, j’avais qualifié « The darkening trail » de film le plus étrange de William S. Hart, je le faisais relativement au corpus des œuvres relevant plus ou moins du western, et au sein duquel ce mélodrame arctique pouvait malgré tout trouver sa place. Or s’il est naturel d’associer Hart au western, il ne faut pas éluder totalement le fait que Ince, puis plus tard la Paramount, tentèrent à certaines occasions de faire effectuer à l’acteur quelques pas de côté. Dans les premières tentatives en ce sens (« The ruse », « Between men »), Ince se montra prudent en se contentant de délocaliser les intrigues dans des grandes villes de la partie Est du pays, tout en conservant pour Hart son habituel personnage de « westerner », venu se confronter à des problématiques urbaines : le dépaysement restait limité, et cela rentrait encore dans le cadre thématique prédéfini. C’est au milieu de 1916 que Ince et Hart décidèrent d’essayer cette fois-ci tout autre chose, ce qui eut pour résultat une œuvre particulièrement insolite intitulée « The captive god », film d’aventure dont le cadre inhabituel ne fut que très rarement usité par le cinéma : l’Amérique précolombienne, plus précisément celle des Aztèques et des Mayas. Le sujet eut cependant un peu le vent en poupe dans les années 1910, peut-être en lien avec l’exposition de San Diego qui célébrait l’ouverture du canal de Panama. La figure récurrente de cette discrète mode cinématographique fut celle de Moctezuma, dernier empereur aztèque mort en 1520 ; évoqué tout d’abord dans quelques courts-métrages, il est un personnage secondaire de « The captive god », avant de figurer à nouveau l’année suivante dans « The woman God forgot » de DeMille. Puis plus rien ou presque sur les écrans concernant le Mexique précolombien, pratiquement jusqu’à ce fou furieux de Mel Gibson en 2006. Réalisé par Charles Swickard, le film de Ince bénéficia d’un budget équivalent au double de ce qui était habituellement alloué à Hart pour ses westerns : il s’agissait en effet de construire des décors d’un genre inédit, et dont la Kay-Bee proclamait dans ses publicités le soi-disant réalisme documenté. Le rôle attribué à la direction artistique fut donc conséquent, et les articles de l’époque mentionnent l’important travail des six sculpteurs des studios de Ince qui réalisèrent tous les décors en plâtre, dont il semble qu’une partie provenait également de l’exposition de San Diego. Une figuration assez imposante fut également employée sur le tournage, en partie composée d’Indiens Pueblos du Nouveau-Mexique. Le résultat est très certainement spectaculaire mais assez inconsistant au niveau du scénario, tout au moins si l’on en croit ceux qui ont vu la version complète de « The captive god ». Car bien qu’il semble qu’une copie de cette dernière existe encore de nos jours, c’est une version très abrégée d’une bobine à peine qui circule actuellement sur le net, issue d’un remontage effectué dans les années 20 en Angleterre pour le marché du home-cinema de l’époque ; intitulé « Rival tribes », ce court-métrage donne malgré tout une petite idée de la teneur visuelle de cette bizarrerie longue initialement de 5 bobines. On peut notamment y voir que William S. Hart semble assez mal à l’aise hors de son environnement habituel ; l’acteur garda d’ailleurs un mauvais souvenir de cette expérience, refusant par la suite d’évoquer ce qu’il considérait, sans doute à tort, comme le plus mauvais film de sa carrière.

RIVAL TRIBES 
(version courte de 1926)




Le sujet qui fâche : la qualité de la copie de « On the night stage » que j’ai utilisée est tout simplement épouvantable, voilà c’est dit, et je ne comprends pas pourquoi une personnalité aussi incontournable que Hart ne bénéficie toujours pas des efforts de ceux qui s’occupent de faire restaurer les films muets. En attendant, c’est comme ça ; et c’est un peu mieux pour « Rival tribes », pour lequel j’ai dû en revanche masquer comme j’ai pu un vilain tag flanqué au beau milieu de l’image par celui qui possède ce court-métrage et l’a fait numériser. C’est gentil à lui de l’avoir mis sur youtube, mais ce collectionneur vantard a estimé que la possession d’un bout de pellicule 9,5 mm constituait une prouesse intellectuelle telle qu’elle justifiait de nous placer sur toute la durée du film son nom et son prénom en plein dans l’image ; mais après tout ne nous plaignons pas, si ça se trouve il a hésité à nous indiquer aussi ses mensurations. Quant au sous-titrage en français, ben oui c’est moi qui l’ai fait, par traduction directe des intertitres anglais, et rassurez-vous je n’ai pas collé mon nom partout, juste mon pseudo imprononçable à la fin, durant trois secondes, pendant le « The end ».


Un partage et une traduction de


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