mercredi 13 décembre 2023

FORTUNES RAPIDES

 HD

(VO +SRT)


Réalisation : Rowland Brown 
Casting : Spencer Tracy, Marguerite Churchill, Sally Eilers
Durée : 69 min
Année : 1931
Pays : USA
Genre : Policier, Drame

Histoire : Devenu riche après avoir participé à quelques rackets, Daniel Raymond, un chauffeur de camion, désire alors épouser Dorothy Stone, une jeune femme riche dont il est amoureux. Mais elle le repousse car elle en aime un autre. Il projette alors l’enlèvement de Dorothy.


MP4 WEB-DL 1080p 2.62 Go VO + SRT


En guise de premier paragraphe, il me suffirait de reprendre celui que j’avais écrit à propos de « The secret six », et de remplacer « Metro-Goldwyn-Mayer » par « 20th-Century-Fox ». Résumons : la Warner a lancé la course aux gangsters au tout début de l’année 1931 avec « Little Caesar » et « The public enemy » ; tout cela fait un tabac et maintenant chaque compagnie veut sa part du gâteau. Le filon est d’autant plus porteur qu’il garantit au public quelques sensations fortes, les codes de censure établis par le sénateur Hays en mars 1930 tardant à entrer en application : ils ne prendront réellement effet qu’à partir de 1934. En attendant, scénaristes, producteurs et réalisateurs peuvent travailler à leurs œuvres sans trop se soucier de moralité, pour le plus grand bonheur des cinéphiles d’aujourd‘hui, très friands de tout ce qui est labellisé « pré-code ». Et cela tombe bien, puisque « Quick millions », sorti par la compagnie de William Fox en avril 1931 (soit concomitamment à « The secret six » de la MGM), reste certainement, de toute cette déferlante de films de gangsters, comme une des œuvres à l’ambiance la plus trouble. De ce point de vue, le film est à l’image de son réalisateur Roland Brown, une personnalité sulfureuse dont les zones d’ombres auront fait couler d’encre, surtout si l’on rapporte cela au fait qu’il n’aura réalisé en vérité que trois films, avant et après quoi il officia surtout comme scénariste. Pas exempt de défauts comme on le verra, « Quick millions » n’a certainement pas le lustre des deux films précités de la Warner, mais sa sécheresse et son cynisme dévastateur font passer ces deux-là, en comparaison, pour des films un peu trop sages car encombrés de sentimentalisme.


Entré dans le monde du cinéma en 1925 comme simple accessoiriste à la Universal, Roland Brown va progressivement se faire connaître des producteurs en proposant divers scénarios sous forme de pièces de théâtre. Des portes plus larges vont s’ouvrir à lui lorsque l’une d’elles, « A handful of clouds », va être portée à l’écran par la Warner en 1930 sous le titre « The doorway to hell » ; le succès du film -  prototype du film de gangsters, avant même « Little Caesar » – va permettre à Brown de bénéficier d’une offre par la Fox de porter lui-même à l’écran une histoire de son cru : ce sera donc « Quick millions » (initialement « Skyline »), qu’il va écrire avec l’aide de Courtenay Terrett, un journaliste qui venait de signer un excellent ouvrage sur le gangstérisme, « Only saps work : A ballyhoo for racketeering ». La personnalité de Roland Brown est entourée d’une aura trouble dans laquelle il est difficile de discerner la vérité de la légende ; il semble avoir en tout cas mal supporté de travailler sous une autorité, ce qui, dans le cadre de l’industrie hollywoodienne, ne pouvait que vouer sa carrière à l’échec. Ses liens supposés avec la pègre - jamais clairement avérés - l’ont plutôt bien servi, en donnant tout à la fois à ses écrits un cachet d’authenticité et à sa personne un parfum de scandale, ce qui constituait un petit atout dans un milieu du septième art qui aimait se donner quelques frissons. D’un caractère bien trempé, Brown semble en outre avoir été du genre bagarreur ; s’il semble véridique qu’il ait collé un jour une droite à un producteur (mais lequel ? on ne sait pas trop…), il n’est en revanche pas tout à fait certain que cet incident soit la cause de sa rapide mise à l’écart malgré des débuts prometteurs. Car bien d’autres aspects du personnage contribuaient à le faire mal voir : outre son intransigeance déjà évoquée, on le disait aussi très porté sur la bouteille ; quant à ses sympathies supposées pour l’idéologie communiste, la rumeur ne semble pas fondée sur des faits précis, mais plutôt sur une appréciation a posteriori de films comme « Quick millions » : nous verrons ce qu’il en est. Philippe Garnier, qui s’est intéressé à son cas, écrit que « Brown était surtout un individualiste forcené, ne mâchant pas ses mots, et refusant les compromis. Ce qui l'a isolé, et rendu inemployable, c'est le fait qu'il tapait toujours ses amis, sans jamais rembourser quoi que ce soit, et qu'ils se sont fatigués du procédé. Aussi simple que ça. » Voilà qui donne une idée des raisons pour lesquelles Brown aura entrepris beaucoup plus de films qu’il n’en aura terminé, et explique peut-être aussi que les trois films qu’il a tournés intégralement l’ont été pour trois compagnies différentes, ce qui est assez singulier en soi. Franc-tireur de la profession, Roland Brown entendait transcrire à l’écran une dure réalité qu’il prétendait connaître intimement. Son travail sur les plateaux de tournage fut donc de courte durée ; tout au moins lui devra-t-on par la suite les scénarios de quelques perles noires comme « Angels with dirty faces », « Johnny Apollo » ou « Kansas city confidential », que d’autres réaliseront à sa place.



Au sein des productions des premières années du cinéma parlant, « Quick millions » détonne autant sur la forme que sur le fond. L’une et l’autre se rejoignent en ce qui concerne la sécheresse du trait : nous verrons ce qu’il en est du fond, mais sur la forme le film de laisse pas de surprendre par la fulgurance de son montage ; les scènes sont écourtées au maximum afin de les rendre plus incisives, et fonctionnent davantage comme des esquisses plutôt que comme des vignettes explicatives. Le style lui aussi très concis des dialogues renforce cet effet : à rebours des tendances consécutives de l’avènement du parlant, qui avaient poussé les scénaristes à écrire de longues tirades démonstratives, Roland Brown assisté de John Wray (qui interprète Stone, le capitaliste) a conçu ses répliques comme des flèches brèves et acérées ; celles qui viennent clore le film sont des modèles du genre, teintées d’humour noir et froidement cynique. Tout cela est d’une modernité réjouissante et inattendue, mais qui ne va pas aussi sans quelques inconvénients : de nature parfois trop allusive, le scénario laisse de ce fait quelques zones d’ombre, ou tout au moins exige du spectateur qu’il sache lire entre les lignes. A ce style percutant, Brown adjoint de vraies idées de mise en scène, et sait de plus varier ses approches formelles ; prenons pour exemples les deux scènes de meurtres. La première a été très largement commentée par la critique : si on ne peut pas parler de hors-champ proprement dit, le drame est filmé depuis le dessous d’une table, tant et si bien que l’on ne voit le visage d’aucun des deux protagonistes ; l’angle insolite de la prise de vue unique et l’ombre portée du tueur qui achève sa victime d’une dernière balle renvoient l’un comme l’autre à un style expressionniste qui anticipe sur la première vague films noirs des années 40. Curieusement, la seconde scène de meurtre a suscité beaucoup moins de commentaires de la part des critiques ; je la trouve pourtant plus saisissante encore. Aux recherches graphiques sophistiquées de la précédente, elle oppose un style naturaliste qui joue sur l’attente du spectateur ; une caméra mobile filme depuis l’extérieur de l’atelier l’échange entre les deux protagonistes, que nous voyons derrière la vitre : nous sommes donc impliqués comme témoin. L’issue violente est inéluctable, et l’on sent que cette fois le réalisateur joue sur l’attente, contrairement au style rapide qui caractérise le reste du film : voilà une scène qui, s’il l’a vue, a certainement dû enchanter Melville ; pour ma part, j’en suis resté pantois d’admiration. Il est cependant dommage que Brown vienne par moments entacher son excellente inspiration par un manque évident de perfectionnisme ; si par exemple Tavernier a raison de souligner que le jeu de jambes de George Raft lors de la scène de danse trouve un écho dans la première scène de meurtre, cet habile effet de rime ne va pas sans quelques fautes d’orthographe : après trois balles dans le buffet, le mort respire ostensiblement… Dans le même ordre d’idée, vers les trois quarts du film, on est frappé par le côté très approximatif d’une transparence dont le but est de situer la scène au sommet d’un building : le tremblement qui affecte l’image au premier plan est vraiment trop visible, et il est surprenant qu’un chef opérateur aussi aguerri que Joseph August, dont je n’ai cessé de louer le travail sur les films de William S. Hart, ait pu laisser passer cela. Mais ne soyons pas injuste, car ces réserves n’entament qu’à la marge l’impression très favorable que laisse « Quick millions » dans ses divers aspects ; on ajoutera que Brown, sans doute bon connaisseur des milieux interlopes, prend soin de parsemer son film de plaisantes annotations qui ont le goût de l’authenticité, comme par exemple le visage revêche et usé de cette prostituée qui craque une allumette sur l’insigne d’un flic.


Même s’il répond au schéma général des films de gangsters de cette époque, avec l’ascension du caïd puis sa chute, « Quick millions » surprend par un ton cynique et froid, qui refuse d’élever trop artificiellement l’intrigue au rang de tragédie comme l’avaient fait « Little Caesar » et « The public enemy » quelques mois auparavant. On remarquera également que le personnage principal se démarque également de celui incarné par Cagney dans le film de Wellman, ou de celui qu’interprétera l’année suivante Paul Muni dans « Scarface » : il n’est ni un produit des quartiers défavorisés comme dans « The public enemy », ni un dangereux psychopathe comme chez Hawks, mais plutôt un ambitieux comme dans le film de LeRoy ; la différence est qu’il se voit moins comme un truand que comme un esprit calculateur qui a trouvé dans le racket le moyen de ses ambitions. C’est là que le film recèle une amoralité assez troublante, puisqu’il tend à normaliser la voie choisie par Bugs, le gangster incarné ici par Spencer Tracy. On pourrait objecter que le film ne fait là qu’adopter le point de vue du personnage ; cependant, la haute société dans laquelle Bugs essaye de s’immiscer semble ne le regarder qu’avec curiosité et amusement, à l’instar du personnage joué par Marguerite Churchill, mais jamais avec dégoût ni même suspicion. « Quick millions » est de ce fait une œuvre ambigüe, difficile à cerner car elle semble hésiter entre deux directions : celle d’une noirceur sans illusions, dressant le constat inquiétant d’un corps social gangréné dans toutes les couches qui le composent, où les élites économiques viennent dîner en compagnie des truands, et celle d’une complaisance douteuse envers les figures du mal, à l’instar de ce que sera « Le parrain » dans les années 70. Fort heureusement pour un cinéphile comme moi qui déteste viscéralement le film de Coppola, la balance de « Quick millions » penche plutôt en faveur de la première interprétation. Pour autant, certains détails équivoques sont là qui tendraient à dédramatiser la violence et la lâcheté fondamentales du personnage de Bugs : ainsi le voit-on s’humaniser auprès de gamins vendeurs de journaux, refuser d’utiliser des lettres compromettantes à des fins de chantage, ou bien encore remarque-t-on cette étrange pudeur du montage qui refuse de nous montrer Bugs en train de violenter sa petite amie, se contentant de n’en montrer qu’un résultat qui se voudrait presque comique. Dans le même ordre d’idée, le dénouement est précédé d’une scène qui nous montre un groupe de gangsters dans une intimité plaisante, durant laquelle on les voit chanter et jouer de la guitare comme des boy-scouts : plutôt inattendue et presque surréaliste, cette scène tend bien évidemment à rendre attachants ses protagonistes, et contribue ainsi à semer le trouble. La célèbre danse exécutée par George Raft procède de la même logique, mais dans un rapport cette fois très subtil avec l’allure inquiétante et sinueuse du personnage et que rend admirablement l’acteur, qui pour son premier vrai rôle au cinéma incarne ici le dangereux crotale qui sert d’homme de main à Bugs : il n’échappera à personne que Raft trouve ici une préfiguration du succès qu’il remportera l’année suivante dans « Scarface ».



Malgré cette ambigüité, on s’en tiendra donc à une grille de lecture faisant de « Quick millions » une œuvre noire et sans concession dans son constat d’une société américaine corrompue à tous les étages. Or sur ce sujet, un certain nombre de critique sont à mon avis allés un peu trop vite en besogne en voyant dans « Quick millions », ainsi que dans les deux autres réalisations de Roland Brown (également des films de gangsters) des sortes de brûlots anticapitalistes, qui traduiraient les supposées sympathies communistes de leur auteur ; Carlos Clarens qualifie par exemple Brown de « gauchiste pugnace ». S’il est vrai que, pour reprendre le terme de Robert Warshow dans son incontournable étude sur le genre, le film de gangster nous montre « le capitalisme dans un miroir sombre », rien n’est moins certain quant au fait que la dénonciation de ce système opérée par Brown se fasse au profit d’un discours collectiviste ; on peine d’ailleurs à associer cette idée à l’individualisme manifeste qui transparaît dans la personnalité de ce réalisateur-trublion. Pour autant, un visionnage rétrospectif de cette vague de films criminels du tout début des années 30 nous fait effectivement distinguer « Quick millions » comme un de ceux où s’opère le plus nettement un parallèle entre gangstérisme et capitalisme. Il est d’ailleurs significatif de voir que le film, à une ou deux courtes allusions près, laisse de côté les habituelles turpitudes ayant trait à la prohibition de l’alcool pour mettre le doigt sur des activités mafieuses moins circonstancielles et davantage systémiques, liées en l’occurence aux activités du bâtiment ou du transport de marchandises : il y a sans doute là la patte de Courtenay Terrett, dont j’ai évoqué plus haut la participation au scénario du film. Les dialogues participent également de leur côté à ce parallélisme, et nombreuses sont les répliques qui tendent à montrer une dualité plutôt qu’une opposition entre la criminalité et une économie de marché en roue libre : « Le rêve de tout racketteur, c’est d’avoir un racket légitime », assène par exemple Bugs. Et dans sa manière qu’a ce dernier de mener ses activités illégales, il tend à mettre en œuvre des aptitudes de même nature que celles des requins capitalistes : s’efforçant d’avancer ses pions avec intelligence, sa méthode consiste à faire exécuter par d’autres ce qu’il ne veut pas s’astreindre à faire lui-même : « Je suis juste un homme avec un bon cerveau, trop nerveux pour voler et trop flemmard pour travailler. Je réfléchis donc à la place des autres et le leur fais apprécier. » Mais toutes ces considérations ne suffisent pourtant pas à faire à mon avis de « Quick millions » une œuvre gauchisante. Il y a tout d’abord cette ambigüité de fond que j’ai évoquée dans le paragraphe précédent ; par ailleurs, si la critique du capitalisme y est notablement acerbe, les rares allusions à un contre-modèle ne laissent guère entrevoir de solution de ce côté-là : ainsi le dialogue évasif entre Bugs et Nails au début du film peut laisser penser que leur organisation pourrait être de nature syndicale, et par certains aspects le racket qu’ils mettent en place s’inspire du pouvoir de nuisance dont peut faire preuve une grève dans le domaine du transport. Plutôt qu’un discours à tendance communiste, je vois la critique virulente du capitalisme effectué par « Quick millions » davantage inspirée par un nihilisme rageur dont le pessimisme serait susceptible, pourquoi pas, de porter la contestation de manière plus inquiétante vers une autre extrême. Mais cela serait extrapoler plus qu’il ne faut sur le discours supposé d’une œuvre qui n’a comme ambition plus vraisemblable – et c’est déjà beaucoup - que de dresser un constat noir et amer, et sans doute lucide aussi, malheureusement, sur l’état de faillite morale qui affectait les acteurs des structures économiques américaines au lendemain de la grande crise boursière, et sans doute même depuis une bonne décennie déjà. A défaut d’un chef-d’œuvre, « Quick milliosn » nous met en présence d’une petite curiosité cinématographique restée longtemps oubliée et qui a refait surface à partir des années 70 ; malgré d’évidents défauts, sa forme concise, son ton laconique et les anticipations qu’elle fait sur le film noir rendent cette œuvre très attachante. A ce titre, le final est éblouissant, avec ce tueur qui tire le rideau de l’écran à l’adresse du spectateur pour laisser une fois encore la violence en hors-champ ; dans le plan qui suit, le haut-de-forme auquel Bugs aspirait pour rendre visible sa réussite sociale vient rouler stupidement sur le parvis de l’église, et la haute société, impassible et inamovible, vient de tourner le dos à ce symbole dérisoire sans même l’avoir aperçu : chapeau l’artiste, c’est le cas de le dire !


On trouve sur le net une fort belle copie HD de « Quick millions », qui remplacera donc utilement votre vieux DVDrip si vous souhaitez revoir ce film. Pour les sous-titres, il ne s’agit pas d’une traduction personnelle : j’ai pris ceux que l’on trouve sur opensubtitles et qui sont vraisemblablement issus de l’édition DVD, à moins que ce ne soit une diffusion TV. Leur extraction contenait cependant un certain nombre de fautes que j’ai bien sûr corrigées, puis j’ai redécoupé et synchronisé le tout sur le fichier HD, et voilà, le tour est joué ! Bon visionnage.



Un partage de

9 commentaires:

  1. Merci pour le film mais surtout pour le commentaire de présentation très intéressant pour le néophyte que je suis malgré mon âge.

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  2. Merci beaucoup ! Tavernier adorait ce film.

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  3. Merci pour ce film et ce "beau" récit

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  4. Merci Unheimlich pour cette rareté qui s'avère surprenante et, à nouveau, indispensable. Et votre texte m'a permis de faire connaissance avec Rowland Brown que je ne connaissais pas et qui s'avérait être en effet un sacré personnage.

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  5. Grand merci. C'est toujours un plaisir de découvrir un film de cette période si particulière du pré-code.
    Thierry

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  6. Merci bcp pour cette découverte.

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  7. Merci et bravo pour l'ampleur de cette présentation.

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