mercredi 29 novembre 2023

TU NE TUERAS POINT

 HD

(VOSTFR)


Réalisation : Robert Thornby
Casting : Lon Chaney, Alan Hale, Dagmar Godowsky
Durée : 53 min
Année : 1922
Pays : USA
Genre : Drame

L'histoire se passe à la frontière Canadienne. Gaspard the Good est privé de la mine dans laquelle sa famille travaille depuis des décennies. N'ayant jamais fait de papier officiel, celle-ci se retrouve propriété d'un nouveau venu dans la ville : Benson. Benson se marie a Thalie, qui était promise à Gaspard. Les années passent, Gaspard prépare sa vengeance...


MP4 HDLight 1080p 1.17 Go VOSTFR perso


Lorsqu’est lancé le tournage de « The trap » en septembre 1921, Lon Chaney est déjà une grande vedette ; le public l’admire au moins depuis la sortie en 1919 de « The miracle man », dans lequel sa prestation dans un second rôle fut très remarquée. Alors qu’il était jusqu’ici cantonné dans des rôles unidimensionnels de méchants patentés (voir le court-métrage en bonus), ce succès va permettre à l’acteur d’étoffer progressivement ses compositions, tout en continuant à jouer les personnages peu recommandables : nous avions vu cela à propos de « Outside the law » (1920), proposé sur ce blog. Lon Chaney va alors commencer à montrer dans son jeu une étonnante variété de registres, que ce soit à un niveau physique (la difformité, comme dans « The penalty » en 1920), au niveau de l’identité (les célèbres maquillages et les rôles multiples, comme dans « Outside the law »), et enfin au niveau de la variété des expressions. Ce sont surtout les deux premiers aspects de sa singularité qui vont valoir au comédien l’incroyable pérennité de son succès auprès des cinéphiles ; mais c’est au dernier aspect que « The trap » entendait quant à lui donner corps : en ce sens, le film fait date dans la carrière de Lon Chaney, malgré une réalisation sans éclat. Or si la mine patibulaire de l’acteur le condamnait en quelque sorte à jouer des personnages douteux, cette capacité à diversifier les modalités de son jeu lui laissait néanmoins la possibilité de montrer des facettes plus avenantes, et donc, par la combinaison des deux, à jouer les individus ambivalents et torturés. Tout cela était en germe dès 1920, et « Nomads of the North » avait commencé à présenter Chaney sous un jour plus sympathique ; c’est d’ailleurs dans la continuité de cette œuvre que s’inscrit « The trap », puisqu’il donne à voir un personnage et un contexte assez similaires. Mais ce nouveau film de 1921 (qui ne sortira cependant qu’en mai 1922) va jouer de manière beaucoup plus nette la carte de l’ambivalence, et permettre donc à l’acteur de démontrer son aptitude à interpréter différents registres à l’intérieur d’une même scène. Or si Chaney est aujourd’hui universellement surnommé « l’homme aux mille visages », cela provient précisément des publicités promotionnelles pour « The trap », qui ont été les premières à désigner l’acteur de cette façon. Et cela est d’autant plus intéressant à noter que ce sobriquet est le plus souvent usité par allusion à la virtuosité avec laquelle l’acteur utilisait sa trousse de maquillage dans le but de se grimer en un de ces monstres qui ont fait sa célébrité, alors qu’à l’origine cette allusion aux mille visages ne faisait finalement référence qu’à la capacité du comédien à varier ses expressions. Il s’agissait donc de quelque chose de plus banal, encore que Lon Chaney entendait pousser cela jusque dans des limites encore jamais atteintes, et « The trap » avait ainsi été conçu pour en faire la démonstration.


Bien qu’il ait été en contrat à la Universal jusqu’en 1917, Lon Chaney n'était alors lié à aucun studio en particulier. Il tentait même en 1921 de créer sa propre société de production ; cela n’aboutit pas, et l’acteur se tourna vers son ancien employeur pour ce nouveau projet, son statut de plus en plus incontournable au sein de l’industrie cinématographique lui permettant ce type de liberté. Lon Chaney participe à l’élaboration du scénario, ce qui corrobore l’impression que donne le projet d’être un film-véhicule pour la star ; à ses côtés pour l’écriture du film, on trouve deux noms prestigieux : celui du scénariste et producteur Lucien Hubbard, et surtout celui d’Irving Thalberg, jeune producteur prodige de la Universal. Le personnage de Gaspard qu’interprète Chaney, un franco-canadien d’un naturel plutôt rustre et qui va manigancer une vengeance après s’être fait déposséder de son bien et de sa promise, semble effectivement avoir été mis sur le papier pour permettre à l’acteur de jouer dans des registres contrastés : figure ambivalente, ce personnage suscite chez le spectateur autant d’effroi que d’empathie. Les scénaristes ont fait cohabiter chez Gaspard des traits de caractères antinomiques, la candeur d’une part et le machiavélisme d’autre part ; or non seulement ce simple alliage suffit déjà à le placer aux marges de la normalité, mais les manifestations de chacun de ses deux traits de caractère nous font également douter par moment de sa raison : il est présenté au début du film sous l’aspect d’une sorte d’homme-enfant dont le statut n’est pas si éloigné de celui d’idiot du village, tandis que la tournure extrêmement tortueuse que prennent ses manigances à la fin de l’histoire le fait elle aussi flirter avec une certaine folie, ce que suggère d’ailleurs explicitement un intertitre. Ainsi « The trap » apparaît comme étant l’œuvre qui expérimente des traits de caractères qui allaient bientôt devenir récurrents chez les personnages incarnés par l’acteur : qu’on songe par exemple à « Mockery », que j’avais présenté il y a quelques mois, où là aussi un homme du bas peuple passera d’une candeur fruste à une violence inquiétante ; quant aux vengeances tordues, elles feront le sel de sa fameuse filmographie commune avec Tod Browning. Si le relatif échec artistique de « The trap » tient surtout à l’insignifiance de sa réalisation – et ce n’est pas pour rien que le nom du Robert Thornby est tombé dans l’oubli – on peut constater tout au moins que la mise en scène est de toute évidence mise à contribution pour favoriser les démonstrations de Chaney : les gros plans sur son visage abondent, que le montage s’abstient de couper afin de permettre à l’acteur d’effectuer des enchaînements d’expressions antagonistes. A titre d’exemple, on le voit dans le milieu du film effectuer une mimique qu’il réemploiera souvent par la suite, consistant à entamer un rire de dépit qu’il transforme l’instant suivant en une grimace de désespoir. Curieusement, la critique de l’époque semble avoir reproché au film l’usage de ces procédés de cadrage et de montage, alors que ceux-ci ne font que se mettre au service d’une prouesse histrionique tout à fait virtuose, et qui ne cesse de fasciner même un siècle après.




Malgré ces réserves de la critique d’alors, le film fut cependant bien accueilli du public et donc finalement rentable, ce qui montre que le seul nom de Lon Chaney sur une affiche était déjà en mesure d’assurer le succès d’un long-métrage ; « The trap » actait donc le fait que l’acteur était devenu incontournable dans l’industrie cinématographique des années 20. Aujourd’hui, l’œuvre mérite pour cela d’être redécouverte malgré un certain manque de prestige, dû à certains de ses aspects beaucoup plus contestables que la prouesse de son interprète principal. A ce titre, j’ai déjà évoqué une mise en scène terne et peu inventive ; on peut également mentionner un inter-titrage rendu épouvantable par une fausse bonne idée, consistant à retranscrire à l’écrit l’accent franco-canadien de certains personnages : il en résulte des cartons dont la lecture reste incompréhensible même pour les spectateurs anglo-saxons, et leur traduction, soit dit en passant, m’a occasionné pour l’occasion quelques maux de tête… Cela est d’autant plus absurde que l’histoire ne nécessitait aucun ancrage géographique ou culturel précis, il suffisait que cela se déroule dans le Nord-Ouest ; on remarquera d’ailleurs qu’aucun repérage chronologique n’est donné à cette sombre histoire, dont on peut juste supposer qu’elle se déroule au XIXe siècle. Pour vagues qu’elles sont, ces caractéristiques de lieu et de temps apparentent « The trap » à un sous-genre, le northern, que j’avais présenté lors d’un post du cycle Tom Mix, à propos de « North of Hudson bay ». Très éloignés sur le fond, ces deux films ne présentent que fort peu de similitudes : celui qui nous occupe ici se rattache au mélodrame, alors que celui de Ford était plutôt un film d’action. Mais curieusement, les deux œuvres présentent en commun certains détails : le Nord-Ouest canadien y aussi fantaisiste dans l’une que dans l’autre, mélangeant allègrement les activités minières et celles liées au commerce des fourrures ; par ailleurs, l’une et l’autre ont été tournées dans le parc national de Yosemite, fort éloigné du Canada puisqu’il se situe dans la Sierra Nevada, à quelques heures de train d’Hollywood, et l’endroit semble donc avoir été privilégié pour le tournage des northwesterns. Un autre détail similaire dans les deux films, mais cette fois-ci de manière fortuite, est la présence dans les deux scénarios d’un piège mortel particulièrement tortueux et sophistiqué ; or si j’avais jugé celui-ci plutôt ridicule dans le film avec Tom Mix, celui qui est présenté ici s’insère mieux dans l’intrigue (voir ce que j’ai écrit plus haut), et il est aussi l’occasion d’une scène assez mémorable au cours de laquelle le personnage de Gaspard affronte un loup à main nues dans une obscurité totale : la redoutable bête n’est alors figurée que par deux points lumineux, et le très bon travail de l’opérateur Virgin Miller fait le reste pour rendre saisissant ce moment du film.




A propos de photographie, « The trap » est connu de ceux qui s’intéressent à l’histoire des techniques pour être un des premiers essais de long-métrages tournés en pellicule panchromatique. Kézaco ? Le type d’émulsion utilisé jusqu’ici, de type orthochromatique, n’était pas sensible à la lumière rouge, et cette couleur apparaissait donc plus sombre que les autres sur le résultat en noir et blanc ; selon le type d’images tournées, cela pouvait avoir un rendu intéressant, comme par exemple pour « Nanook of the North » de Flaherty. La pellicule panchromatique, quant à elle, reçoit les couleurs de manière similaire à l’œil humain ; si son usage commença à se généraliser à la fin des années 20, il restait limité au début de la décennie du fait de son coût onéreux (deux à trois celui de l’orthochromatique). Cependant, concernant « The trap », il semble que certains gros plans sur Lon Chaney aient dû être refaits en orthochromatique, à cause de son maquillage dont le rendu n’était pas satisfaisant sur la nouvelle émulsion ; c’est peut-être pour cela que le long-métrage généralement cité comme étant le premier tourné en panchromatique est plutôt « The headless horseman » (1922) avec Will Rogers. Côté casting, le rival de Gaspard dans « The trap » est interprété par Alan Hale, un acteur à la longue carrière et qui allait jouer jusqu’au tout début des années 50, principalement dans des westerns ou dans des films d’aventures avec Errol Flynn. Quant au petit gamin attendrissant, c’est le même que dans « Outside the law », autre film avec Chaney présenté sur ce blog ; il jouait d’ailleurs un rôle similaire dans l’intrigue, consistant à attendrir un personnage au cœur trop sec. Pour finir, un mot sur la conservation du film, long initialement de six bobines : si le travail de restauration est à saluer, il semble néanmoins que le film ne soit pas tout à fait complet ; cela se ressent un peu à certains moments, mais sans que le suivi de l’histoire en soit altéré le moins du monde. De toute façon, aucune copie originelle 35 mm n’a survécu ; celles qui nous sont parvenues sont des réductions 16 mm datant de la fin des années 20, et qui ont donc été légèrement écourtées. Le festival « Il cinema ritrovato » prétend de son côté avoir reconstitué une version complète à l’aide de copies provenant de Rome et de Bruxelles, mais cela est pour l’instant impossible à vérifier ; l’excellente édition blu-ray a été réalisée quant à elle à l’aide de copies 16 mm préservées en Californie et à Londres. Allez, maintenant, les bonus.

BONUS 1
POOR JAKE'S DEMISE (1913)


Extrait d'une minute


J’ai raconté des bêtises ! Dans le cycle consacré à William S. Hart, j’ai prétendu que les deux bobines survivantes de « Riddle Gawne » (1918) constituaient la plus ancienne apparition de Lon Chaney qui nous soit parvenue, alors que c’est loin d’être le cas. Pan sur mes doigts, et que le grand Cric me croque ! Pour ma peine, je suis allé étudier la question plus sérieusement, et voici ce qu’il en ressort : cet honneur revient finalement aux 8 minutes retrouvées de « Poor Jake’s demise », un slapstick produit en 1913 par la Universal (chez qui Chaney était entré en contrat) et qui n’est ni plus ni moins que le tout premier film de sa carrière au cinéma. Bien que ce fragment ait été restauré par l’équipe de Bromberg, je n’en ai trouvé sur le net qu’un extrait d’une minute que vous trouverez comme premier bonus ; si j’ai bien compris Lon Chaney incarnerait l’homme habillé de blanc, mais j’avoue que j’ai du mal à le reconnaître, malgré une qualité d’image plutôt bonne. Quant au premier film incluant le célèbre acteur à son casting et qui nous soit parvenu complet, il ne s’agit pas de « By the sun’s ray » comme on peut le lire souvent, mais d’un autre western de 1914 avec Murdock MacQuarrie intitulé « The tragedy of whispering creek », toujours produit par la Universal, et dont une copie existerait à la Deutsche Kinematek, selon le site silentera ; je n’en ai trouvé aucun extrait. Concernant les long-métrages, le plus ancien dont un fragment nous soit parvenu est « Tangled hearts » (1916), mais j’ignore si Chaney apparaît dans les deux minutes de film retrouvées. Tourné juste après, « The glided spider » existerait dans son intégralité (5 bobines) : une copie complète aurait été retrouvée en 2008 à Buenos Aires. Quant au second bonus de ce post, il s’agit de « By the sun’s rays », auquel je vous propose d’attribuer la qualification de « plus ancien film complet avec Lon Chaney accessible au commun des cinéphiles » ; ça a de la gueule, non ? Il s’agit donc d’un petit western d’une bobine, sans grande originalité ; certaines sources l’attribuent abusivement à Tod Browning, alors que le nom de Charles Giblyn, réalisateur de presque tous les westerns avec MacQuarrie, paraît beaucoup plus probable. Quant à Lon Chaney, il y tient le rôle du méchant, comme il le faisait invariablement durant son contrat à la Universal (1913-1917) ; plutôt qu’une brute épaisse, il interprète un dégueulasse dans toute sa splendeur : regards en coin, démarche furtive, on le voit même ricaner de sa propre crapulerie quand il est seul ; histoire de parfaire le tout, il couve sans cesse le personnage féminin de regards lubriques, avant de te tenter carrément de la violer… Bref, tout cela ne fait pas dans la nuance, et on voit de cette manière que le western n’avait pas attendu de dénicher Jack Elam pour peupler le Far-West d’individus irrécupérables.

BONUS 2
BY THE SUN'S RAYS (1914)
À la compagnie Deep River Mining, les chargements d'or sont régulièrement interceptés par des bandits. Le détective de la compagnie, John Murdock, est envoyé pour comprendre comment les hors-la-lois sont avertis du trajet des cargaisons. 


Court-metrage 13 min VOSTFR



Une fois n’est pas coutume pour mes posts muets, je vous propose des fichiers de qualité impeccable, pour le long-métrage à l’affiche comme pour les bonus, genre BRrip-restauré-HD et tout le tintouin. Champagne ! Pour le sous-titrage, là c’est comme à l’habitude, avec un travail fait maison consistant en une traduction directe d’après les intertitres anglais.

Un partage et une traduction de


15 commentaires:

  1. On n'est pas couché et on ne crache jamais sur un Chaney !
    Merci Unglaublich

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  2. Waow, quelle classe ! Bravo. Merci.

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  3. C'est avec beaucoup de plaisir que je vais retrouver le regard si intense de Lon Chaney. Merci beaucoup Unheimlich.

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  4. Merci de nous faire découvrir ces incroyables pépites dans cette qualité. Et surtout pour cette présentation exhaustive et passionnante qui permet d'appréhender le film et d'en comprendre le contexte. Un sacré beau boulot

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  5. Champagne en effet ! Et respect pour le travail de sous-titrage !

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  6. Merci et bravo pour ce travail!

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  7. Merci infiniment Unheimlich .... bonne surprise !

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