mardi 24 août 2021

CARNE + SEUL CONTRE TOUS

 FAN REMASTER

(VF)



Réalisation : Gaspar Noé
Casting : Philippe Nahon, Blandine Lenoir, Frankie Pain
Durée : 98 min
Année : 1998
Pays : France
Genre : Drame

Histoire : 1980. Sorti de prison, et après avoir abandonné sa fille pour laquelle il a des sentiments troubles (lui-même ayant été abusé sexuellement par un prêtre quand il était enfant), un ex-boucher chevalin décide de « remettre les compteurs à zéro » et de redémarrer sa vie. Il est seul, dans une société hostile, avec la vengeance au cœur… Une tentative d'utiliser la patronne d'un bar qu'il fréquentait et qui cherche un homme échoue lamentablement car finalement elle aussi le méprise. Sans argent, sans amis, avec un revolver et trois cartouches, il imagine plusieurs solutions, descendre les gens qui l'ont humilié ou tuer sa fille et se suicider...


SEUL CONTRE TOUS
MP4 FANREMASTER 1080p 1.92 Go VF

Seconde partie du diptyque, 
à voir impérativement après Carne🔻


CARNE
MP4 FANREMASTER 1080p 841 Mo VF








Un partage de
VORACINEPHILE

38 commentaires:

  1. Merci beaucoup...je vais comparer aux copies que j'avais de ces 2 là...Les 2 meilleures oeuvres de Noe pour moi..Irresistible etait bien,à partir de Enter The Void j'ai commencé à decrocher,et j'avoue j'ai meme pas eut envie de visionner ses derniers films..Mais ces 2 là sont vraiment puissant!

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    1. Exactement comme moi. Et j'ai eu l'occase de discuter
      avec Noé en 2005 dans le TGV pour Cannes, il était très
      sympa et assez timide à cette époque.

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    2. Deux œuvres puissantes, mais j'ai un gros faible pour Enter The Void qui reste pour moi l'une des plus incroyables expériences cinématographiques...

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  2. Totalement d'accord avec Astron666. Seul contre tous (avec toutes ses trouvailles sur la voix off, ses expérimentations sur le montage, le son, l'image, et surtout son propos extrêmement provocateur sur les relations familiales, la société, en fait un des meilleurs films français de ces 50 dernières années...

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  3. Excellent, vu o cine ! Des gens sont sortisde la salle durant l avertissement. Effectivement dans les meilleurs gn.si ce n est le meilleur. Merci beaucoup vc.

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  4. Merci pour le partage; Je le conseille à tous. Vu dès sa sortie, ce film reste une belle claque dans le paysage cinématographique français. Un coup de génie! Gaspard Noe est sans aucun doute un très grand réalisateur. Nahon est extraordinaire, la violence des propos est inouï... Nihilisme, haine, solitude, désespoir, pauvreté, dégout de la société... Et ces coups visuels ultra rapides et saccadés qui viennent ponctuer la logorrhée du boucher sans humanité vous feront bondir de votre siège : le "jump scare" à la française! A classer dans "horreur sociale"

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  5. Merci pour le partage. Un autre regard pour moi sur ce film. Je n'ai pas pu aller au bout tant cette violence était insupportable (la scène où il frappe violemment sa compagne enceinte au ventre est immonde). Je ne comprends pas l'intérêt de cette plongée dans la noirceur totale. Montrer ce qui est n'est pas montrable ? Nommer ce qui est innommable ? Je n'y vois qu'une forme de complaisance malsaine. Encore plus gênant que la forme est très travaillée. Le choix des décors et objets du quotidien de ce "peuple en dérive" est très recherché dans le kitch et mauvais goût. Les plans sont très recherchés. Ce cinéaste prend clairement plaisir à faire du cinéma dans la fange de l'humanité. Sans moi !

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    1. Tout dépend de ce qu'on attend d'une expérience cinématographique et du lien qu'on a avec la représentation de la violence au cinéma. La violence peut aussi être un langage, et prendre du sens dans une oeuvre. Noé s'est clairement illustré comme un réalisateur "d'expériences cinématographiques", en proposant à chaque fois des films originaux qui voyage entre les genres en essayant de proposer une expérience, sensorielle et émotionnelle. Ces expériences ne sont pas sans risque, violence, sexe, drogue, mort et aléas de la vie étant souvent au rendez vous, mais en plus de la singularité du programme, ses films proposent des émotions humaines qui peuvent résonner chez le spectateur.
      Bref, je spoile une de mes prochaines vidéos youtube sur les films extrêmes. Pas de soucis à ne pas aimer un film polémique, ils ont vocation à diviser.

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    2. Effectivement, si le projet est de choquer, contrat rempli. Pour moi c'est un peu court. La violence au cinéma comme pour d'autres médias doit, il me semble, servir un propos, une idée. Ici elle est gratuite et complaisante. Je n'y ai vu que le projet de choquer le bourgeois (de façon caricaturale et avec un mépris de classe assumé : le monstre est boucher, ça n'est pas suffisant, faisons le boucher chevalin ! Bref le populo idéal à détester!), choquer gratuitement ; il n'y a aucun discours, aucune idée. Si l'idée est que la misère humaine peut faire de nous des monstres. Merci, nous le savons et en aucune façon je ne peut m'identifier au monstre mis en scène ici. Choquer, créer la polémique et être visible au détriment de cette humanité méprisée qui se débat dans un décor de pacotille et dans un univers de clichés et de caricatures. Nous sommes sur un excellent site dédié au cinéma, parlons cinéma ! Lorsque Marry Harron adapte le roman de Bret Easton Ellis « American Psycho » au cinéma, elle dirige magistralement l'excellent Christian Bale qui incarne le tueur psychopath Patrick Bateman ; le personnage tue de sang froid, pour autant il y a un discours, cela fait sens ! Le projet de Bret Easton Ellis est de dénoncer les prédateurs financiers et autres jeunes hommes addicts au pouvoir de nos sociètés contemporaines, et au travers de son roman, et de cette adaptation, ce propos est illustré par la violence pure, par le meurtre. Plus loin, Fritz Lang, nous bouleverse et nous touche dans son magnifique « M le maudit », ainsi de ce personnage détestable magistralement interprété par Peter Lore du tueur de petites filles, nous sommes touchés, et ne pouvons qu'avoir de l'empathie pour lui, tout monstre qu'il est, et mesurer comment il est lui même une victime. Ainsi, Fritz Lang nous « retourne » au sens propre comme figuré et nous ne sortons pas indemne de ce film, sans avoir vu aucune image choquante. Le thème de la responsabilité est magnifiquement développé lors de cette scène d'anthologie qui voit un criminel faire le plaidoyer en faveur du tueur de petite fille, grand moment de cinéma mais aussi grande leçon d'intelligence et d'humanité. Toute la différence est là pour moi : de « M le maudit » nous sortons grandis, de « Seul au monde » nous sortons salis. Flatter notre penchant pour le sordide et faire de nous les voyeurs de la plus grande misère humaine n'est pas un projet auquel j'adhère.

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    3. la violence au cinéma n'est pas de la violence, c'est du cinéma, faut pas confondre

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    4. Irréversible est davantage un film qui veut choquer (mais là aussi, certains partis pris donnent une saveur émotionnelle au film et nous font ressentir de façon grave ce thème de la prédestination). Il y a un peu de choc là aussi (l'inceste évidemment, et quelques scènes comme l'engueulade en effet), mais ils suscitent une émotion. Donc pas gratuit. Je pense que la gratuité relève plutôt de l'indifférence. Netflix met beaucoup de gore dans son cahier des charges, y compris dans des oeuvres grand public. Le gore s'est banalisé pour son côté "efficacité / satisfaction", mais sa banalisation le rend du coup moins efficace. Alors qu'un Rob Zombie utilise peu de gore, et pourtant ses films ont un impact émotionnel très percutant. Il me semble qu'une violence sale et qui n'est pas "coolisée" n'est pas gratuite, elle recherche bien cet impact qui crée le malaise. Mais là encore, chaque film est une "expérience cinématographique" qu'on vit personnellement, et certains spectateurs peuvent être plus tolérants au malaise si le film récompense cela par une sens profond, une émotion profonde. Salo aussi est un film provoc, la critique politique n'est que secondaire, le film en faisant finalement peu mention, se contentant de montrer les personnages et leurs choix/dilemmes.

      Dans seul contre tous, l'idée est de suivre ce personnage pas idéalisé et de partager complètement sa pensée. Même si on ne le cautionne pas, on vit avec lui et on ressent ce qu'il ressent. Et dans la précarité de son existence, son avis évolue constamment et à toute vitesse. On peut voir ça comme du nihilisme limite dépressif, mais aussi par moment des éclairs de lucidité. C'est ça le sens du film, c'est ça, l'expérience cinématographique proposée. On peut là aussi ne pas être client, mais ici, le but n'est pas divertissant (comme pourrait l'être un "A serbian film", un des films extrême grand public les plus connus, plutôt axé sur son escalade dans la violence et donc plus porté sur le divertissement qu'un message), mais bien de vivre une tranche de vie dans tous ses états.

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    5. American psycho. J'aime beaucoup ce film, Christian Bale y est parfait. Mais quiconque a lu le livre sait que le film n'y est pas fidèle. Il a complètement aseptisé la violence et en a fait autre chose, un film sur les apparences. Les deux avaient des aspects comiques, mais certains passages du livre d'Ellis nous faisaient presque honte de lire le livre. Le film de Harron est nettement plus distant avec la violence, aucun plan gore, toujours mise à distance et suggérée (en hors champ), ce n'est pas vraiment un film que j'aurais choisi pour parler de mise en scène de la violence. Toutefois, cela indique que vous préférez ce type de mise en scène, moins frontal et donc vous permettant de vous focaliser sur autre chose (le ton est plus léger aussi). Emprise est un film qui serait dans cette catégorie, parlant e choses affreuses, mais sans jamais montrer de sang ou de violence directement à l'écran.

      Intéressant point final de ce débat sur la violence : ce qu'elle suscite en nous. J'ai souvent entendu cet argument de "se sentir sale". Comme quand on est témoin d'une agression ou qu'on transgresse sciemment quelque chose. J'ai ressenti cela dans mes premiers vrais films extrêmes (et par là, j'entends des oeuvres comme a serbian film, human centipede 2, philosophy of a knife...). Mais cela a fini par passer et je peux plus facilement parler de ces émotions aujourd'hui. Cette impression qu'on ressent, c'est une impuissance teintée de dégoût et d'incompréhension. Je pense que c'est dû au fait qu'on apprends à oublier la violence alors qu'elle est partout, omniprésente. Orange mécanique en est une parfaite synthèse. Je peux concevoir qu'on n'a pas tout les jours envie de s'y confronter (moi même, j'ai passé un mauvais moment devant the nightingale car je ne m'attendais pas à être si malmené), mais ce choc, cette paralysie, c'est une barrière sociale qu'on se met soit même, et que le cinéma peut éprouver, nous apprenant alors à mieux nous connaître. J'entends par là qu'on connaît alors une limite, mais aussi que d'une certaine façon, après avoir été "traumatisé" par une oeuvre, y réfléchir et la digérer peut permettre de rationaliser le choc, et d'en tirer quelque chose. Sur le plan humain ou émotionnel. Je ne pense pas que la violence au cinéma crée une accoutumance (ou un rabaissement de son public), mais qu'elle diminue notre incapacité à la regarder en face et à l'encaisser. Sur la violence, et sur les émotions en général, le cinéma est un laboratoire qui peut faire vivre de précieuses expériences et nous mettre nous même en face de certaines situations et sur nos propres réactions.

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    6. Échange intéressant sur un sujet inépuisable sans doute. Je n'ai clairement pas votre distanciation sur ce film que j'ai reçu au premier degré... ou plutôt au degré zéro de l'humanité ! Quant à l'excellent roman de Ellis, je l'ai lu, et je trouve que le film de Harron lui est assez fidèle contrairement à une critique qui l'a un peu dénigré à l'époque. Aussi très juste la magnifique interprétation de Christian Bale du personnage de Bateman.

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    7. Il me semble tout de même que le ton change. Si Mary Harron est clairement partie du même postulat et à conserver la superficialité du personnage, il me semble que le monde des apparences est beaucoup plus développé ici, et que les hommes s'y épanouissent alors que les femmes y sont la principale contre-mesure (à quelques personnages secondaires près, les femmes clés du récit comme la secrétaire ou la prostituée apportent souvent un éclairage plus spontané). Je pense qu'il s'agit là d'un féminisme diffus qui fonctionne très bien, le personnage de Bateman fonctionnant beaucoup sous l'angle du ridicule. Mais il n'y avait pas ce féminisme dans le livre selon mes souvenirs.

      Il fallait pouvoir jouer Bateman avant de jouer Batman.

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    8. Cela fait longtemps que j'ai lu American Psycho, je n'ai pas souvenir que les femmes y avaient d'autre rôle qu'objets au service du plaisir très égoïste des hommes. Il faudrait que je le lise à nouveau. Vous avez raison de souligner la superficialité des personnages. A me remémorer ce livre, c'est peut être l'élément le plus marquant, au delà de la violence. Cette « société » qui se mesure à la couleur de l'amex ; platinium forcément, au grain et à la typo exclusive de la carte de visite ; ces longs exposés sur la musique, sur l'habillement... un monde codifié à l’extrême où l'apparence est centrale et où tous sont interchangeables, à tel point que Bateman ne reconnaît plus ses paires jusqu'à ne plus savoir quelle est son identité. Folie très bien rendue par Mary Harron.

      Quant à Orange Mécanique, paradoxalement je ne le prendrai pas comme exemple sur la violence au cinéma ; ni Shining ; le cinéma de Kubrick est une telle expérience totale alliant la musique, le mouvement de la caméra, la mise en scène brillantisime que cette expérience, pour moi, n'est que fascination et plaisir ; la violence du propos ou de certaines scènes – toutes relatives dans le cas d'Orange Mécanique – sont totalement transcendées par la beauté plastique – si l'on peut dire parlant de cinéma – de l’œuvre. Ce qui nous renvoie à notre débat : qu'est ce qui choque ? Le contenu ou la forme ? Les deux sans doute, mais la forme a un rôle primordial.

      Oui, jouer Bateman pour pouvoir jouer Batman :)

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    9. Cela va faire une dizaine d'années pour moi, d'autant que je l'ai lu après la découverte du film, les différences ont été frappantes ^^. Le film est plus léger, clairement plus axé sur l'univers où Patrick évolue, alors que le livre conserve toujours son point de vue, au risque parfois de lasser le spectateur dans ses longues énumérations de marques et de comparaisons qualitatives sans réel intérêt autre que les exigences de Patrick. Je me rappelle aussi d'un passage où il rencontre Tom Cruise, très drôle. Dans tous les cas, les qualités du film sont très appréciables, en plus d'être une comédie très inhabituelle et toujours accessible.

      Kubrick a toujours un côté très "littéraire", probablement dû à son style très "épuré" et son classicisme un peu maniaque. Orange mécanique expérimentait beaucoup dans sa vision du futur, où la société, l'art, le monde du travail, l'univers carcéral et finalement les individus font tous preuve de violence, à divers degrés. Mais en effet, Kubrick montre peu à l'exception des coups (le viol y reste suggéré). Mais voilà une chose curieuse et intéressante. On compare souvent Noé et Kubrick (ce qui se défend sur le domaine de l'expérience cinématographique, chacun voulant offrir quelque chose de nouveau à chaque film). Et je lis ici que la violence passe mieux chez kubrick avec son esthétique, ce qui m'a semblé être un de vos arguments pour critiquer Noé un peu plus haut. Un petit développement ? J'imagine que Kubrick suggérant davantage là où Noé est frontal, c'est cette barrière dont nous avons parlé qui s'applique. L'aspect théorique d'orange mécanique et son côté démonstratif permettent aussi de rationaliser davantage les évènements. Mais tout de même, tout cet art toujours sexuel, tous ces rapports de force... On aboutit en effet au problème de la forme. Et donc au fondement de l'art, inutile pour survivre, mais si apte à susciter l'émotion. Même si il y a réflexion, l'émotion reste toujours le premier vecteur d'adhésion. Et je ne blâmerai personne pour des questions de goûts, toutes les oeuvres ne sont pas à destination de tous les publics. Dans le cadre précis de la violence, sa représentation fait forcément écho à notre expérience de la violence, et je pense qu'une violence frontale nous fait ressentir avec davantage d'intensité. Mais là aussi, il s'agit aussi d'y être disposé, ce qui n'est pas le cas de tous le monde.

      Une bonne soirée à vous.

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    10. Analyse très intéressante. Et vous avez raison de souligner mes contradictions:) Nous en sommes tous pétris n’est ce pas^^ Effectivement, l’esthétisme de Noé m’agace : tout ce travail sur la forme, tellement visible, pour nous proposer le sordide et la fange ! Peut-être que j’aurais été moins gêné si l’image était sale, à l’image de l’histoire. Et oui, Kubrick se contente essentiellement de suggérer : la scène la plus violente du film ; le meurtre au moyen d’une sculpture phallique, n’est qu’une danse jusqu’au coup mortelle qui n’est représenté qu’en une explosion graphique. Quant à l’esthétique de Kubrick... je m’en délecte ! Je ne me permettrai pas de jugement non plus sur les goûts des uns et des autres. L’œuvre de Noé ne m’est pas accessible, ou peut être je ne suis pas accesible à cette œuvre... Votre propos sur la forme, fondement de l’art et « inutile pour survivre » m’intéresse. Bien évidemment, depuis Duchamp, la forme a été supplanté par l’idée... pour autant, à part la pissotière signée R. Mutt, qui est une forme de totem dans l’art contemporain et qui effectivement survivra en tant que tel, je ne vois pas beaucoup d’objets proposés aujourd’hui survivre à l’engouement passager de quelques nouveaux riches en mal de modernité – quelques Bateman en déshérence ? -, la peinture, la représentation de l’homme ne survireront-ils pas plutôt à ce fatras de provocations et de vacuités ? Tout comme Kubrick et sa forme magistrale survivra aux provocations d’un Noé ! - vous me pardonnerez ce ton polémique -

      Bonne soirée à vous

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    12. Merci, très heureux de poursuivre cet échange en votre compagnie.
      "Nous en sommes tous pétris n’est ce pas^^" Nous sommes des êtres humains ;)

      Amusant, je pensais justement élargir la conversation au sujet de l'art moderne et conceptuel. Comme nous n'avons pas 500 000 € à ne pas déclarer au fisc, nous ne sommes pas le public visé ! Mais comme c'est la crédibilité d'un marché qui fait sa valeur (comme toutes les monnaies au final), c'est un marché de niche qui me semble très risqué à long terme. Une pissotière finira toujours par retourner à sa fonction originelle ^^ (mais cette oeuvre est en effet symbolique, et restera célèbre pour cela). Le classicisme a fait ses preuves et nécessite un gros travail de la part de l'artiste, donc est forcément plus méritant aux yeux du grand public.

      Pour autant, si la pérennité de Kubrick ne fait aucun doute (il a bénéficié globalement d'un succès critique et public (même si orange mécanique s'est fait étrillé à sa sortie) à une époque où l'avis des critiques ciné était moins déconnecté des attentes des spectateurs), je pense que Gaspar Noé sera toujours très apprécié. A cette heure, il s'agit d'un de nos réalisateurs français les plus créatifs et les plus populaires (ses films sont difficilement classables et ont clairement trouvé un public de cinéphile plutôt large, là où un Du Welz ou un Jan Kounen pataugent). Son oeuvre est toujours inclassable et toujours aussi efficace avec le temps. Certes, il a aussi un petit côté provoc à dessein (l'avertissement en milieu de film dans seul contre tous, l'ultra violence d'irréversible, les scènes pornos de Love...), mais ces marques (qui sont devenues sa signature) n'alourdissent pas les émotions qu'il capte (beaucoup d'improvisation, comme chez Terrence Malick, mais les deux n'ont pas le même propos sur l'humanité). J'apprécie les films qui ont un état d'esprit positif, mais aussi ceux qui ont un regard plus dur. Ne ressent-on pas davantage la réalité quand elle fait mal ? Je serais incapable de choisir entre Noé et Malick, j'aime énormément les deux, et chacun tente de nous faire vivre des tranches de vies, multiples facettes de ces émotions qui forment "la vie".

      J'apprécie la polémique, n'hésitez pas à déballer l'artillerie question arguments.

      Malick, Noé, Haneke... Nombre de réalisateurs ont imposé un style vraiment personnel, mais aucun nouveau Kubrick à l'horizon. On parle parfois d'un héritier comme Cameron, mais je suis dubitatif. Si ce dernier a clairement fait progresser les techniques d'effets spéciaux, je ne suis pas un grand défenseur de ses films, bons mais sans grande adhésion de ma part. Un Christophe Nolan me plaît davantage. Mais le choix devient alors de trouver un héritier dans les producteurs de blockbusters, en délaissant les polémiques d'un Lars von Trier ou les régals visuels d'un Winding Refn...

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    13. Vous êtes bien optimiste sur la capacité critique du grand public. J'ai bien peur que les moyens mis en œuvre pour imposer les artistes considérés comme importants aujourd'hui – par le marché relayé par les grandes institutions des musées et par la presse – soient tels que le grand public n'est convié à la grande messe de « la modernité » que pour cautionner davantage ces choix. Le « grand public » choisirait-il un Gustave Courbet plutôt qu'un Damien Hirst, un Francis Bacon plutôt qu'un Jeff Koons ? Il ne faut vraiment pas avoir peur de refuser cette injonction à la modernité, et ne pas avoir peur d'être catalogué de rétrograde... être moderne aujourd'hui ne serait-ce pas plutôt de refuser ces diktats ?... et peut être aussi de refuser la banalisation de l'ultra violence et la pornographie au cinéma... Il y a un appauvrissement du langage cinématographique dans la surenchère à la violence et aux effets spéciaux au détriment du scénario, des dialogues du jeu des acteurs. Heureusement il y a l'espace des séries !

      Je suis surpris que vous citiez Cameron comme pouvant être un héritier de Kubrick pour certains. Il a réalisé quelques films sympathiques comme « New York 1997 » avec l'excellent Donald Pleasence à revoir absolument dans « Cul-de-sac » de Polanski ! , « Terminator » ou « Abyss », mais franchement on est loin de la maestria de Kubrick ! Et ne citons même pas Avatar qui est d'une vacuité totale ! - le règne des effets spéciaux pour un discours affligeant de caricature sur les bons -sauvages-en-harmonie-avec-la-nature contre les mauvais-blancs-prédateurs ! Dire qu'une génération de spectateurs aura vibré sur ce conte virtuel très pauvre ! Je n'ai jamais été convaincu par le cinéma de Christopher Nolan ; malgré son ambition de nous embarquer dans des réflexions philosophiques complexes, on est à des années-lumière du choc esthétique et des questionnements d'un « 2001 l'Odyssée de l'Espace » ! Son cinéma reste très consensuel et dans le registre du divertissement pour moi, loin du brio du cinéma de S.K.. Malick et Winding Refn, je ne connais pas.

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    14. Seuls les blockbusters ont les moyens de se faire connaître partout dans le monde, et donc d'avoir la reconnaissance la plus large. Mais un choix s'opère, et certains (au hasard, mad max fury road, 300...) s'imposent d'eux même et laissent un souvenir marquant.
      Une majorité des films d'aujourd'hui sont voués à l'oubli dans les 2 ans, comme tout produit périssable. Mais la modernité voit toujours émerger quelques talents parmi la masse de contractuels voulant justifier salaire et gloriole.
      Le public a peu de mémoire. Il considère l'art et en particulier le cinéma comme un divertissement, donc avec une exigence très variable. Difficile de légitimer un choix de réalisateur avec un succès populaire (Michael Bay est bien parti avec ses transformers), mais un facteur pas à négliger pour faire le tri.
      Quant à l'ultra violence et la pornographie... Tout dépend comment elles sont utilisées. Un deadpool fait office de déchet de mon point de vue, accumulant violence et coolitude dans un résultat qui n'a aucun impact émotionnel tant son cynisme et son humour (devenus une marque de fabrique chez Marvel) désamorcent tout enjeu. La pornographie... Avez vous entendu parler de La femme objet ? Ou de The devil in miss Jones ? Ces deux grands noms du film porno tentent des expérimentations sur le sexe, développent une réflexion sur la femme et son statut dans le couple, parlent de la soumission à ses propres désirs... C'est du cinéma, pas simplement de la pornographie. Mais certes, les films pornographiques ambitieux se comptent sur quelques doigts. Noé en fait partie. Là aussi, c'est un partis pris qui trouve sa justification dans ce qu'il cherche à susciter.

      Cameron n'est pas un choix personnel, c'est vraiment un nom que beaucoup citent. Alien, terminator 2, titanic et surtout avatar ont laissé une grande marque. New york 1997 est de John Carpenter, attention !! Si Avatar n'a pas déclenché beaucoup d'adhésion chez moi, l'univers et certaines séquences se sont révélées tout de même marquantes, j'en ai un bon souvenir aujourd'hui. Malgré tous les archétypes que vous relevez, le film est sincère. Pas d'humour, pas de cynisme, et l'analogie avec les amérindiens est évidente, le film ne blablate jamais sur ce terrain et laisse les personnages faire leurs choix, donc pas de moralisation telle qu'on nous l'assène aujourd'hui dans un Queen & Slim.
      Il est vrai que les effets spéciaux font aujourd'hui office de garantie d'entrées en salle (cf transformers). Mais ces films coûtent chers, et les réguliers flops (monsters hunter, pacific rim 2, justice league...) permettent d'affiner peu à peu. Là aussi, c'est un outil, et la satisfaction globale dépend aussi de l'histoire et des acteurs (Denis Villeneuve est au carrefour de ces ingrédients d'ailleurs).
      Je vais faire un mini coming out, mais j'avoue ne pas aimer 2001. OK les effets spéciaux et certaines idées futuristes, mais film inutilement long, plombant et si frustrant dans sa fuite perpétuelle devant les questions qu'il pose... Un Prometheus avant l'heure (mais Prometheus est meilleur XD). J'ai commencé par être mitigé devant Interstellar, mais c'est aujourd'hui un film que j'apprécie beaucoup, il gagne à être revu, on apprécie mieux son discours sur la complémentarité science-croyance.
      Je vous recommande Malick. Tree of life, la ligne rouge ou son récent Une vie cachée sont des pépites qui partagent nombre d'émotions intimes. Refn est plus visuel, davantage esthétique du néon. On lui doit Drive, mais Bronson et Only god forgives sont ses meilleurs.

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    15. Ah oui Carpenter pour « New York 1997 »^^ Excellent film au passage. Je vais jeter un œil à Malick et Refn.




      Bon... j'aime aussi le cinéma comme pur divertissement ! Le premier Deadpool je me suis bien amusé ! À part peut être le passage obligé de la confrontation finale avec son lot d'effets spéciaux et de surenchère d'explosions et destructions... mais bon, ce ne serait sans doute pas un film de super héros sans cela. Beaucoup aimé l'humour et l'acteur principal.




      Parlant divertissement je me régale avec la série Edgar Wallace trouvé ici. Qu'est-ce que l'on rigole !




      Je ne condamne pas la pornographie en tant que telle, qui à son lot d'exploits - voir Gorge Profonde... ou ses moments de grandeur... voir John Holmes akka Johnny Wadd;) non ce qui me dérange c'est l'intrusion de la pornographie dans toute l'industrie cinématographique ; c'est de plus en plus rare de voir un film ou une scène de sexe, de plus en plus explicite, n'est pas proposée. Comme un passage obligé pour nombre de réalisateurs, apparemment, nourris de porno... ah le charme de la suggestion du sexe, dans les dialogues, avec la caméra... voir la caméra de Polanski dans China Town qui glisse des bras nus de Faye Dunaway vers la cigarette après l'amour... aussi le charmant échange ambigüe avec Sharon Tate et Polanski dans Le Bal des Vampires sur le besoin irrépressible de cette dernière de « faire cela » au moins une fois par jour... prendre un bain avec son éponge:)... et j'en passe des meilleures ! Autrement jouissif que les scènes explicites imposées partout aujourd'hui !




      Je vous interdis de toucher à « 2001, l'Odyssée de l'espace » !;p

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    16. Ha ha ! Nous mettons tous les deux de l'eau dans notre vin alors ! Deadpool n'est pas un mauvais film, mais il a révélé une rupture profonde quand je l'ai découvert : cet humour méta, et le désamorçage constant des enjeux m'empêchent de rentrer dans le film, et je m'y ennuie donc vite. Le second possède les mêmes problèmes, mais avec davantage d'action. Il faut dire que je suis moins client de l'humour que d'un sérieux qui capte mieux mon attention. Le meilleur film de héros reste toujours Watchmen ^^.

      Je n'ai pas testé cette série de publications. Il faudra que j'y jette un oeil, mais je manque de temps ces jours ci.

      En effet, j'ai noté la tendance, les scènes sont devenues plus crues. Quitte à provoquer un peu de malaise (la fameuse polémique La vie d'Adèle). Là aussi, je suis partagé. Entre utilité pour le scénario, satisfaction du spectateur et voyeurisme, cela dépend de chaque situation. Avec moins de censure, le cinéma s'essaye à aller un peu plus loin que son classicisme pour capter un peu d'intensité. Cela n'a jamais empêcher les réalisateurs créatifs de mises en scènes inhabituelles qui offrent une ambiance singulière. Shame de Steve McQueen offre beaucoup sur ces deux terrains, mais c'est un film qui prend l'angle de la sexualité de son personnage pour parler de sa solitude.

      Trop tard pour 2001 ! J'ai déjà réalisé un fan cut de 38 minutes que je proposerai bientôt ici. J'ai enlevé tout ce qui me semblait inutile (c'était dur, la mise en scène de kubrick utilise des séquences longues avec plusieurs actions qu'il est difficile de découper), et j'ai viré la musique classique pour des morceaux psychédéliques des 60-70's (et quelques adaptions à l'orgue du meilleur effet). On m'a déjà traité d'hérétique, mais je suis fier du résultat :)

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    17. J'ai visité votre site et posté sur le sujet de 2001 :) J'ai bien aimé vos propositions sur la musique mais pour moi vous avez amputé 2001 d'une de ses qualités : la lenteur !

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    18. J'y ai répondu ! Merci d'avoir fait un petit tour là bas !

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  6. Puissant ! Du cinéma sans compromis. "Social hardcore". Oui la vie des "white trash", en Europe occidentale comme ailleurs, peut être sordide et désespérée. Violente et cruelle. Mais c'est là l'un des aspects du réel. Et lorsque tu le prends dans la gueule, le réel, ça fait mal. Exit le sentimentalisme à propos du genre humain ! Mais c'est tout de même une œuvre de fiction et Nahon y est magistral de noirceur sous tension. Pour moi ce film est un voyage au bout de la nuit contemporain ou une extension du domaine de la lutte avec des burnes et donc sans inutiles pleurnicheries.

    Drago

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  7. Content que ce classique "rehaussé" (mais sans énorme différence, Noé ne devait pas utiliser une caméra très "propre" à l'époque, car le flou de netteté n'a pas complètement disparu) vous plaise. Vu l'avis général, je vais remasteriser Carne pour faire la paire !

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  8. Yesss remastrise carne stp. Vc. , nous irons tous à cannes de tt. Façon
    J ai rencontré nahon il y a qq années, on a fait une photo et je lui ai serré la main,  j etais très heureux. C était un bel homme.
    Le réel est beaucoup plus violent, la vie est violente en général.
    Seul, mais pas trop.

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  9. Vu au ciné à sa sortie. Je connaissais le court qui m'avait bien marqué. C'était une vraie baffe.

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  10. je pense que Gaspard Noé fume du crack depuis longtemps

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  11. Merci beaucoup pour Carne que je n'avais pas et bravo pour le taf !

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  12. New York 1997 c'est Carpenter. Pas Cameron. Mais c'est un détail.

    Drago

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  13. merci pour le remaster de Carne, j'ai bien apprécié ton remaster de seul contre tous, le film garde toujours cette force ...bravo !

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